08.11.2009

Let's spöka about music : OKOU

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Les interviews subjectives reviennent avec Okou. Subjectives car je ne retranscris pas les propos mais mes impressions qui ne valent pas grand chose ;)

Interviewer Okou, Tatiana & Gil, c'est avant tout faire une rencontre. Une unité. Deux caractères bien affirmés en fusion.  Un homme et une femme beaux comme des dieux et classes comme j'ai rarement vu. Mais c'est surtout leur sérénité apparente qui m'a séduite. Leur énergie. Eux qui en raffolent tellement : "C'est une musique faite à la maison, dans l'énergie de ce que nous vivons dans le moment présent". "Nous essayons de servir les chansons, qui sont des énergies qui nous traversent. Ce sont des entités que nous essayons d'accueillir du mieux que nous pouvons". Deux chamans des villes en pleine évolution.


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"Serpentine" un titre compréhensible en français et en anglais. C'était important pour Tatiana. SERPENTER : aller, décrire des méandres, glisser, onduler, ramper, s'infiltrer, s'insinuer, se couler, se dérouler, se faufiler, se frayer un chemin, se glisser, se tordre, sinuer, tourner, tournoyer, virer, zigzaguer.

Serpenter de la Nouvelle Orléans, en passant par le Mississippi, de la country au blues, des touches de funk, Bessie Smith comme un clin d'oeil, poésie cinématographique en forme de chansons. Serpenter comme une manipulation tout en douceur, inconsciente. Je n'ai pas réalisé à la première écoute. C'est à la troisième où je me suis dit "Mais ces deux-là m'ont manipulée et ont réussi à me faire gagner des rivages qui auraient pu m'ennuyer en temps normal. Alors que là, c'est un succès. Mieux. Une évidence."

Un album ying yang, aux paroles très féminines, à la musique et arrangements masculins. Un petit miracle en équilibre. Virilité et sensualité. Apreté des instruments, grâce de la voix, on ondule d'un sentiment à l'autre. Comme les chansons, loin d'être construites de manière classique : couplet/refrain/couplet/ refrain. Non. On se balade le long d'un sentier, musical, on le quitte pour déambuler dans des chemins de traverse qui apparaissent au détour d'une note. Serpenter.

Je leur en parle, ils me répondent d'une seule voix : le plaisir. Il n'a jamais été question d'une démonstration de force mais de délectation. Plus d'épicurisme que de technique. Tant mieux si ça marchait. Ça ne changeait rien au fait qu'ils souhaitaient avant tout se réjouir ensemble. Cet acte de partage démarre il y a trois ans lors d'une rencontre. Berlin pour l'un, Paris pour l'autre. Des mails et des week-ends. Une aventure inscrite dans notre époque, où les frontières et les séparations ne sont plus si palpables.

Il y a eu beaucoup de chansons d'écrites, il n'en reste que quatorze. Une première cession d'enregistrement organisée avec des musiciens de studio, brillants certes mais cette drôle d'énergie qui ressemble à l'harmonie ne fonctionne pas. Comme dit Tatiana "L'impalpable avant le palpable". Alors une seconde. Et la magie opère. Tatiana & Gil, à ce sujet, s'inclinent devant ceux qui les ont accompagnés, des musiciens au parcours exemplaire. Humbles avant tout, ils se sentent incroyablement chanceux d'avoir pu rassembler tous ces êtres humains incroyables. Car il est toujours plus question de rencontres que de calcul avec eux.

D'ailleurs, il n'y a aucune concession faite à la politique musicale actuelle. Les instruments utilisés sont limite has been : accordéon, banjo, violoncelle... Gil a fait du "détournement" une spécialité. Terroriste du genre (;)), il attrape un instrument et le mène dans des contrées lointaines. Toujours se faufiler là où on ne l'attend pas. Serpenter... L'accordéon dans le blues, le banjo dans du presque funk. Tatiana me répondra par un juste retour aux sources. Ces instruments si blancs dans notre imaginaire collectif sont à l'origine africains par exemple. L'accordéon existe en Inde sous une autre forme. Comme une forme de justice à leurs origines diverses.

Une vraie pudeur aussi. Même la douleur doit être légère. "Une rivière sans sommeil", sans tourbillons, à peine la trace d'un ricochet. Tatiana a une voix imposante, magnifique, elle ne fait jamais de démonstration de force. Leurs chansons sont courtes par rapport à la norme actuelle. Ne pas s'étaler, ne pas se répandre, toujours cette pudeur respectueuse. Less is more... et toujours serpenter.


 

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Une maison tout en rondeurs et en dédales nommée "Serpentine". Ils m'ouvrent la porte de chez eux, en démarrant avec un blues de facture classique qui m'entraîne vers une country digeste (Serpentine). Je les suis, curieuse, le long d'un couloir vaguement mélancolique où des photos d'une jeune jongleuse sont installées au mur. Une scène très esthétique aperçue à Paris. La jolie jongleuse sexy joue avec le feu, gracieuse même en proie aux regards concupiscents des hommes et ceux, jaloux des femmes (Fire juggler). Je m'échappe du couloir, bienvenue dans le salon, clair et plus funky où il est question de rupture, où je m'incline face à l'éphèmère. Rien ne dure jamais et quand tout vous échappe, c'est pour de bon (To the bone).

Je me faufile dans la verrière où Tatiana me parle d'elle avec une certaine distance. Il y a un peu d'elle dans les paroles des chansons mais toujours pudique, il y a une distance permanente. La lumière du soleil de certains dimanche après-midis entre langueur et vague à l'âme m'apaise et me parle de résurrection.(Evening sun, ma préférée)

Ne pas se laisser aller. Souvenir presque en fanfare d'un accident de voiture. J'esquisse quelques pas de danse, du foxtrot comme un clin d'oeil aux années 20 que Gil aime, je crois. Sur le tapis du salon, saluer la mémoire d'un ange qui a rattrapé un être humain en train de tomber. Je l'ai vu comme une réponse à "Waiting for an angel" de Ben Harper, son style planant sur cet album. Coïncidence. "Picked me up" est la cinquième chanson de l'album comme "Waiting for an angel"... On en rit avec Tatiana & Gil, car cette chanson ne devait pas être à cette place. Pour un peu l'illusion d'une certaine complicité me gagnerait. Mais ils serpentent...

Je me fraie un chemin jusqu'à la cuisine pour me servir un café. Je regarde par la fenêtre. "Bloodstranger" résonne. C'est la chanson la plus orchestrée, comme une concession faite à la parade. Les violons accomplissent leur ouvrage, maître d'oeuvre de l'émotion. La chanson pour les radios que l'on écoute le matin dans sa cuisine. Tellement jolie.

"Eye for an eye" est une douche froide. Rupture musicale totale. C'est âpre, presque agressif. Tatiana me chante "All in a motion without a notion". Etre éveillé et conscient que l'on est perpétuellement en mouvement sans rien maîtriser. Les méandres. Texte et musique en parfaite harmonie dans la hargne. Presque. Gil me berce à nouveau avec "Evolution", une chanson à la Norah Jones. A peine terminée, il m'entraîne dans son antre, "Tired feet" me replonge je crois dans leur véritable univers. Les instruments et la voix se répondent dans un dialogue changeant. Et Gil sourit.

J'ai la sensation de me faire tirailler par des émotions différentes que seul Okou dirige et dont je ne suis pas évidemment maître.  Serpenter d'un sentiment à l'autre. C'est Tatiana qui m'emmène dans sa chambre. Un écran géant. Un des premiers clips, tourné dans les années 20 y est diffusé **. Tout est noir et blanc. Bessie Smith est assise par terre. Ce n'est plus une chanson. "Bessie" n'en est pas une. C'est de la poésie cinématographique musicale. Je ne peux rien dire d'autre. Il faut l'écouter. Il y a du "Down by law" ou du "Dead man" là-dedans. (Jim Jarmush) et "Moonspell blues" confirme.

Retour dans le salon. Tatiana est assise dans le canapé, et Gil joue de la guitare. Ils m'offrent une pause avec "Dusty Ground", un morceau beaucoup plus accessible, comme une respiration nécessaire quand le climat se fait trop oppressant. Mais "A l'aurore" me reconduit vers la grâce et la poésie, un univers qui leur est peut-être plus naturel que les autres. Cette chanson est véritablement mise en scène grâce au texte et l'intervention d'une multitude d'instruments.

Je suis au bord de partir, de quitter la maison si chaleureuse d'Okou. "Oh Papa". Une chanson de sentiments contradictoires. Quand une certaine violence a fait place à l'amour. Quand on a pas toujours eu le temps de dire certaines choses. La relation entre une fille et un père peut être tant passionnelle, j'en sais quelque chose. L'apaisement ne se trouve que dans le pardon. Et c'est un morceau parfait pour se dire au revoir.

J'ai passé un moment réjouissant dans l'univers de Tatiana & Gil. La demeure d'une poétesse altière et d'un musicien un peu sauvage. Deux êtres un peu en dehors de ce monde pour qui tout trouve son sens dans le partage. Acheter l'album, c'est beaucoup plus qu'acheter de la musique. C'est acheter une certaine attitude, faite de simplicité, d'harmonie et d'humilité, avec la croyance qu'il est plus question d'énergie en ce bas monde qu'autre chose...

OKOU Album éponyme

sortie digitale 26 octobre 2009

sortie classique janvier 2010.

http://www.myspace.com/okoumusic

 

 




**LE CLIP AVEC BESSIE SMITH




02.05.2009

Interview : Mirwais & Yasmine Hamdam

yasbandeauzm2.gifMirwais est musicien, auteur, compositeur, producteur. Classé parmi les cinq meilleurs producteurs du monde. Egalement ancien guitariste de Taxi Girl, producteur de deux ou trois albums de Madonna, dont "Music", à mon avis, le chef d'oeuvre de celle-ci. Yasmine Hamdam est compositeur, auteur et chanteuse.

Une interview organisée par Spöka. Une rencontre organisée au Flore. Il avait été décidé dès le départ que je passerais un moment avec chacun des artistes mais séparément. J'ai longuement discuté avec Yasmine Hamdan, moins, hélas avec Mirwais. De plus, les conversations n'ont pas été axées de la même façon. Echange plus "politique", plus général avec Mirwais. Alors que l'album et la musique ont été au centre de mes échanges avec Yasmine. Je suis rentrée, heureuse d'avoir rencontré ces deux êtres humains là. Malheureusement quand j'ai voulu reprendre l'enregistrement audio de cette interview, ce fut la catastrophe. Inaudible, inexploitable. Ce n'est donc pas une retranscrition fidèle mais plutôt une certaine idée que je me fais de tout cela... Bienvenue dans "YAS", l'album.

"Il semble que tu viens dans le but de nous libérer, mes yeux

Tu veux pas remettre ça à plus tard ? Pour l'amour de dieu." extrait de "DA"

Je ne sais si Mirwais et Yasmine Hamdan sont venus pour libérer mais YAS, leur projet commun est incontestablement un manifeste esthétique comme le dit si bien Mirwais. La seule déception vient du fait qu'ils ont choisi la seule chanson en anglais, enfin en partie, pour le single de sortie. J'aurais préféré, mais ce n'est que mon avis, une option plus radicale.

Un manifeste esthétique que porte, au départ, Mirwais.

C'est compliqué d'interviewer celui-ci. Aussitôt la question posée, il s'envole et vous ne contrôlez plus rien. Son agacement face à Bono, porte-parole de l'humanitaire, se commettant avec des politiques et n'hésitant pas à déplacer ses revenus vers la Hollande, une fois que l'Irlande n'est plus le paradis fiscal escompté... Sa révolte face à la crise, en me citant un brillant économiste qui avoue que le capitalisme doit... capituler et qu'un système d'extrême gauche doit renaître, nettoyé de ses erreurs. Il est face à moi, imposant, calme. Accessible. Et jamais vraiment. Je tente d'en savoir plus sur le genre qu'il s'est choisi sur son myspace "de la pop punk". Genres contradictoires s'il en est. Justement, toutes les contradictions de cet homme se retrouvent peut-être résumées là. Il ne supporte pas l'élite et convient pourtant que nous en avons besoin. Il a souvent dit qu'il pratiquait l'expérimental commercial. Le voilà le gros mot. Mirwais s'inscrit dans la pop. Pop comme peuple, comme populaire. D'origine afghane, la solution, à ses yeux, s'impose. Après le 11 septembre 2001, il constate un repli vers la chanson française. La peur a des conséquences sur la musique. Comme un repli sur soi. Et il m'explique. Face à la fracture entre deux mondes, la pop culture agit. Car au final, si on prend par ex, l'histoire des blacks aux Etats Unis, on part d'un jazz exigeant, en passant par la soul pour finir au rap, et l'on arrive à Obama. La musique a fait beaucoup, mine de rien. Elle accompagne des mouvements sociaux, bande son des révoltes de Martin Luther King et de Rosa Park, combat le pouvoir pour plus de droits "Fight the power !". Et finalement, Mirwais tente de faire, la même chose à sa mesure. Créer la bande son qui pourrait accompagner la réconciliation. Intégrer à travers le langage, la culture orientale. Une façon de sortir de l'enclave dans laquelle on les enferme, eux, peuples du monde arabe. Un album d'intégration. Un manifeste.

Le projet de base était donc un album en arabe. Une vraie volonté. Mirwais et Yasmine, se rencontrent. Elle montre ses maquettes. Il propose, soutient, conteste. Elle propose, soutient, conteste. C'est une collaboration. Pleine, entière. Avec ses heurts, et sa complicité. Le choc de deux cultures, l'électro, genre occidental, chanté en arabe, genre ignoré de nous. Ou si peu diffusé. Modernité versus tradition. Occident versus Orient. Oui, bien sur c'est un manifeste esthétique.

Yasmine est pourtant, et Mirwais me pardonnera, la rencontre de cette interview. Limite coup de foudre. Elle est arrivée, gracieuse, spontanée, agréable. Elle a commencé à parler, cherchant le mot le plus approprié pour répondre. Ses mains se mouvent, illustrent son propos, enthousiaste ou sérieux. Elle est libanaise, a quitté son pays au gré des guerres, s'exilant avec sa famille en Grèce, les émirats arabes, revenant. Elle est de partout et de nulle part, jamais vraiment à sa place. Quand elle commence la musique, elle ne se reconnaît pas. La musique du Moyen-Orient offre peu de possibilités, du folklore et de la musique religieuse et puisqu'elle ne s'y retrouve pas, se lance dans l'électro-acoustique. Pionniers d'une scène libanaise sans structures. Tout reste à inventer. Elle enchaîne des rencontres et des confrontations à d'autres univers musicaux. Elle crée. C'est absolument une créatrice. Elle a ce point commun avec Mirwais de pratiquer la distorsion, maniaque du son. Obsédée par les sonorités. Brisant certaines chansons traditionnelles, elle retient ce qui lui semble le plus poétique, l'interprète dans un accent différent si cela s'avère nécessaire pour que le miracle s'opère : les mots roulent dans sa bouche et s'enroulent autour de vous, créant, enfin l'émotion.

Je ne savais pas que la langue arabe pouvait se prêter au jeu du rap. En ce qui me concerne, l'anglais et le brésilien jouent bien le jeu. Mais "Da", un de mes morceaux préférés, est une belle démonstration. Inspirée en partie de deux chansons égyptiennes pop kitsch des années 80, c'est une chanson mêlée, argot libanais, argot égyptien/ palestinien, la fin venant de chansons arabes bédouines chantées avec l'accent palestinien. Cet accent qui fait vraiment nigger. Et je me demande combien d'heures, combien de nuits ou de petits matins, la belle Yasmine a-t elle passé à rechercher la perfection, la sienne ? Elle chante l'amour, insère des métaphores, que, elle, seule comprend comme un tête-à-tête, destiné au monde. Un chant traditionnel irakien, brisé, remanié pour renaître, et j'espère, parcourir le monde entier. Oui. Réconcilier les langues. À défaut de comprendre le sens, se laisser bercer par la musique de mots, danser dessus, opérer une réconciliation là où tous les politiques ont échoué. Ou du moins l'amorcer. J'aime l'idée que sur les dance floors occidentaux, nous nous agitions sur de la musique crée par deux exilés, l'un d'origine afghane et l'autre libanaise. Faire taire cette méfiance qui se cache en fond de nous. Là où le dialogue est rompu, la musique peut faire beaucoup.

Yasmine, femme consciente, qui me parle de mélancolie. Sentiment que je pratique jour après jour. Elle dit que cette collaboration l'a tirée vers le haut. L'a sorti de son spleen, l'installant dans une certaine dynamique. Elle parle de l'érotisme du moyen-Orient, où contrairement à nous, la séduction s'opère à coups d'images et non pas à coup de mots crus, seuls, alors que là ils sont enrobés de poésie.

De la poésie justement avec le morceau " Azza". Celui que je chéris. La voix de Yasmine est une percussion supplémentaire. Et encore une fois, aucun hasard. Des heures, des calculs mentaux pour arriver là :


Aziza, vas-y monte
Non, j' peux pas
Ma chérie, approche
Non, j'peux pas
Et je suis montée, (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Aziza, vas-y repose-toi
Non, j' peux pas
Ma chérie, relaxe toi
Non, j' peux pas
Finalement j'ai cédé (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Aziza, rafraîchis toi
Non j' peux pas
Ma chérie, mais approche un peu
non j' peux pas
En fait, on s'est étendu (aux gens)
Je suis vaincue (aux gens)

Aziza, enlève tes habits
Non j'peux pas
Ma chérie, sois audacieuse
Non j' peux pas
On s'est déshabillé (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Aziza, vas-y bouge, désarticule-toi/enlève tes fringues/danse (un même mot veut dire tout ça à la fois)
Non j' peux pas
Ma chérie, déhanche toi/dévergonde-toi
Non ça va pas être possible
À mon grand désespoir (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Aziza, mais vas-y... Viens
Mais non j' peux pas
ma chérie, mais essaie
Non j' peux pas
et l'on est venu (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Ref
Non j' peux pas
Non c'est pas possible

Rap
Aziza, on a fait le tour des hôtels
Vas-y fais moi confiance s'il te plaît
Écoute mon cher, il est hors de question
Ça sert à rien, je ne te laisserai pas faire
Non, j' peux pas
Non c'est pas possible

Quoi Aziza ?
Qu'est-ce tu veux exactement ?
Eh mec, ça suffit !
T'as pas honte ! Ca va pas non ?


Quand Yasmine m'a envoyé par mail la traduction des chansons, j'ai éclaté de rire quand j'ai lu ça. Et l'affection que je porte à cette chanson s'en est trouvée décuplée. C'est dommage que je ne puisse vous faire écouter ces deux morceaux. Moi, qui aime tant le partage, me voilà frustrée. Car il n'y a qu'en écoutant que vous pouvez comprendre ce que j'entends par la magie de la sonorité et des distorsions.

Yasmine, belle découverte, à qui je souhaite le plus grand succès. Comme un symbole, dans le trailer, elle est la première femme et première arabe à mettre les pieds sur la lune. Elle, qui pleure tant quelque part, après elle. Belle Yasmine, qui s'entête à trouver le bon son, le bon sens, la bonne place pour ses mots, celle qu'elle cherche peut-être pour elle-même. Mirwais qui se met en péril à chaque album, disant "quitte à me planter, autant prendre des risques". Mirwais le rebelle gentilhomme. Le punk gentilhomme...

Il conclut en riant, car ça l'amuse, sur le fait que son cousin soit en course pour la présidence de l'Afghanistan. Je lui demande s'il est tenté par le ministère de la culture. Il rit encore. Je lui demande si c'est une façon, lui qui a été à la recherche de ses racines, d'y arriver. Je n'aurai pas la réponse. Mirwais est un homme prolixe mais définitivement secret.

La réponse est dans l'écoute de cet album. Achetez-le. Participez au manifeste. Achetez car c'est une façon de manifester ! J'aimerais que résonne à travers le monde la voix de Yasmine. J'aimerais que cette foutue planète achète en masse cet album. Djamel Debouzze l'a bien dit "Vous avez pas remarqué ? Le lendemain de l'élection de Obama, tous les blacks dans la rue marchaient comme s'ils avaient tous un diplôme ! ". Ils avaient tous relevé la tête. Fiers d'être ce qu'ils sont. Je souhaite le même miracle pour cet album. Que les êtres humains qui appartiennent à cette culture relèvent la tête. Fiers.


"YAS" sortie fin avril.
Maison de disque : AZ Universal