12.08.2009

Apologie des vacances chez soi Ep 1

Cela devrait être obligatoire ! C’est le troisième jour et c’est le pied intégral !

Début des vacances : samedi. En temps normal, je rentabilise. Je rentabilise le temps. Mère célibataire à plein temps et sans espoir de changement, je passe ma vie à faire deux ou trois choses en même temps. Seul moyen d’avoir une vie épanouie comme on dit…Donc le samedi, c’est la journée de tous les dangers, celle que je crains le plus. Je me lève à 6h30, comme tous les jours, les enfants se réveillent. Ma fille file à l’école ou au centre (parce qu’elle aime ça) et mon fils zone avec moi. Je range la maison, prépare la liste de courses (avec menus et tout, je précise). je dépose mon fils à son cours de dessin, je fonce faire ces p…de courses. Nous mangeons à l’arrache, je fonce déposer ma fille au cours de capoeira. Je rentre, je commence à faire le ménage. Je retourne chercher ma fille à son cours (métro à chaque fois) et je termine mon ménage. Il est 18h30 quand j’ai tout terminé et la logistique du soir prend le relais. En même temps, je poste sur epidemik, je commente, j’essaye de poster des commentaires chez les épidemiciens car je m’en veux de ne pas le faire assez souvent. Je passe généralement ma soirée à tempête sur mon chapitre de David R, le trouvant mauvais ou étant purement en manque d’inspiration.

Eh bien samedi, sachant que j’ai la semaine devant moi, j’ai dormi jusqu’à 9h. Le pied ! Je suis restée au lit jusqu’à midi. Les cours de machin, dessin, couffin, on a tout envoyé chier avec les mômes parce qu’ils sont aussi crevés que moi et qu’il en ont plein le dos de courir 6 jours sur 7. Et l’année prochaine, le fric des cours, il va passer dans des expos, des piscines, des activités quand on veut et ou on veut. Nous sommes carrément d’accord là dessus ! A 13h, nous sommes allés déjeuner avec Vérole. Et nous sommes allés à la fnac dépenser de l’argent que nous n’avons pas mais rien à foutre ! Je n’emmène jamais mes enfants faire du shopping. Car je règle ce genre de choses à l’heure du déjeuner pendant la semaine. Eh bien là, nous avons pris notre temps. Nous sommes rentrés et je suis partie faire les courses. Sans liste. Le dernier acte subversif et révolutionnaire pour quelqu’un comme moi ! Je n’ai pas fait le ménage. Je m’en tape ! Et la journée s’est terminée tranquillement.

Dimanche. En temps normal, j’organise un truc pour les enfants. Copains à la maison, pique nique, accueillir des potes à moi. Je me lève à 7h, je m’accorde deux heures à glander. Je reçois. Je parle. je communique. En fin de journée, je range le bordel crée par les visites, je gère les confessions. Je n’ai pas arrêté de la journée en fait.

Eh bien, ce dimanche, j’ai rien foutu jusqu’ à midi. Nous avons mangé à 13h30 avec les enfants et j’en ai rien à foutre qu’ils se bâfrent de céréales jusqu’à midi. J’ai vidé entièrement leur chambre. J’ai tout rangé, nettoyé, jeté. Ils sont ravis, car je leur ai fait une mini chambre chacun dans leur grande pièce. Nous ne sommes pas sortis. J’ai invité personne. Et c’est bon ! Mise à part leur chambre, c’est le bordel mais je m’en cogne. J’ai besoin de prendre mon temps.

Ça devrait être obligatoire de prendre une semaine de vacances chez soi. C’est carrément plus reposant que les vacances où IL FAUT PARTIR ! Car quand on part, on part soit chez des gens soit avec des gens. Et ces personnes, il faut en tenir compte. Là, je ne tiens compte de rien. Et c’est un luxe inouï !

Demain, je vous raconte mon lundi. Il est 14h16, et je suis HEUREUSE ! Je sais que tout le monde s’en branle de ma vie mais ça me fait plaisir de vous raconter tout ça car je n’en reviens pas moi même d’être aussi bien ;))

Apologie des vacances chez soi Ep 2

 

Lundi

Normalement, le lundi, je me lève à 6h30 pour changer...je m'enfile deux cafés en lisant epidemik et en faisant le mantra rock'n roll pendant que je lève mes enfants pendant que je prépare les vêtements pendant que je prends ma douche pendant que je hurle sur mon fils parce qu'il ne s'habille pas pendant que je prépare le goûter pendant que je me maquille pendant que je range pendant que mon fils en slip se lobotomise devant les dessins animés pendant que ma fille me demande de la coiffer pendant que je publie sur epidemik pendant que je gueule qu'on est en retard pendant que je cherche la deuxième chaussure de mon fils, en slip toujours, pendant que je réponds aux questions esthétiques de ma fille "le rouge va t il avec le orange" pendant que je fais sortir tout le monde de force (et non mon fils n'est plus en slip) pendant que j'insulte l'ascenseur pendant que ma fille se rappelle qu'elle a oublié un truc méga important comme ses billes pendant qu'on essaie d'avoir un ascenseur, putain de bordel de merde, pendant que je largue ma fille sur le chemin pendant que je livre (ya pas d'autre mot vu ma façon de le faire) mon fils à sa maîtresse.

Il est 8h30 et je fume une clope dite "orgasme" sur le chemin du métro.

Je taffe, je communique avec des vrais gens du travail, je m'occupe d'epidemik, je réponds au téléphone, professionnel et privé. Je mange. Que manger d'ailleurs ? A force, ça devient angoissant. Je travaille encore. Je sors à 18h. Je fonce récupérer mon fils à 18h20, pas 30. Pourquoi ? J'en sais rien. C'est des maniaco dépressifs à l'éducation nationale. Je gère l'intendance du soir. Et avec un peu de bol à 21h30, je pose mon cul sur la commode. Vous faites vos compte, ça fait 15 heures que je n'arrête pas.

Et bien, ce lundi, j'ai pas bougé mes fesses de mon pieu avant 9h. Ma fille a amené son frère à l'école. J'ai vidé et entièrement nettoyé ma salle de bains. J'ai mangé seule. Tranquillement. J'ai attrapé mon ELLE dans la boite aux lettres (Bon dieu que c'est bon ! Enfin un que je ne lis pas avec deux semaines de retard ! ) et je suis allée boire un café en terrasse. Seule. Je suis revenue, j'ai terminé ce que j'avais commencé, pour une fois. Je suis allée chercher mon fils à 16h30. C'est pas compliqué, à l'école, on m'a demandé qui était mort pour que je sois là à une heure indécente...J'ai tenu ma promesse auprès de mon fils, à savoir essayer de lui apprendre à faire du roller. Ça fait des mois...Nous avons passé un moment tous les deux. Je suis allée chercher le prix que j'ai gagné à mon supermarché ATAC (allez un peu de pub pour mes caissières que j'adore ;) . J'ai gagné un séjour découverte dans un hôtel. OUAIS ! Et je vais me le faire avec ma super pote mère célibataire ! OUAIS !

Je n'ai quasiment parlé à personne de la journée et ça c'est un luxe de nos jours. Nous avons terminé à deux à l'heure avec les mômes. Ils sont ravis. Je suis beaucoup moins speed. A la fin de la semaine, je ressemblerais probablement à Jean Pierre Darroussin dans "mes meilleurs copains". Deux de tension...

Demain, je vous raconterais mon mardi. Vous n'en avez rien à foutre ? Pas moua !

 

Apologie des vacances chez soi Ep 3

 

Mardi

Le mardi, c'est comme le lundi. C'est l'avantage...Je ne suis pas paumée comme ça, j'ai comme, qui dirait, des repères. Lever 6h30. Je me lève pendant que...La journée est la même. Sauf que le mardi, itunes store met à jour sa vitrine. Alors en plus, j'écoute ce qui sort. Le soir, je rentre. Le timing est militaire et la logistique est stricte. Top départ à 18h30. Et à 20h30, mes enfants doivent être couchés.

"Qui va au bain en premier ?"

la seule chose sur laquelle mes enfants s'accordent, c'est justement de ne pas être d'accord avec moi. "C'est injuste !"."Tu préfères Baptiste, je le sais bien". "Maman, j'ai un gros bobo, je peux pas me laver pendant trois semaines". " J'en ai pris un hier" ou toutes autres considérations. Je tente de les noyer. Je prépare à manger. Et je réponds à douze coups de fil. Car, vous avez peut être remarqué, mais TOUT LE MONDE trouve hyper fun de vous joindre précisément entre 18h30 et 20H30 à l'exclusion de tout autre horaire ! Vous avez beau expliquer que ce n'est pas pratique, le monde s'en contrefout ! Apparemment...

Le soir ? Je me glisse avec délice dans mon lit et j'écoute tout ce que les inrocks ont évoqué comme sortie de disque, je compile avec itunes store, je fais des recherches. J'adore sincèrement ma soirée du mardi !

Eh bien, ce mardi, j'ai rien foutu jusqu' à 9h. Oui, encore ! J'ai nettoyé ma cuisine de fond en comble et tout, absolument tout passé au lave vaisselle. Y compris ce qui n'est pas prévu pour. Enfin pas mes bougies, faut pas déconner ! J'ai une copine qui l'a fait un jour. Des cierges de 30 cm à 12 000. La gueule du reparateur...Elle avait tout bouché. Tuyaux, lave vaisselle, évacuation, une totale !

Je suis allée déjeuner avec une charmante épidemicienne que je ne connaissais pas. Elle est délicieuse. Nous avons mangé dans un parc, il faisait beau et c'était extrêmement intéressant. Je suis rentrée tranquillement chez moi. J'ai terminé ce que j'avais commencé. Mon Dieu ! Ça devient une habitude. Je suis passée chercher ma fille à 16h30. Elle était tellement contente ! Nous sommes allées boire un verre toutes les deux à une terrasse de café. Peinardes. Je l'ai déposé au catéchisme où ils croient que Charlotte est orpheline tant je suis aux abonnés absents. Charlotte se démerde pour tout. Elle y va seule et elle rentre seule. Soeur Rose était à la masse comme d'habitude mais je l'aime d'amour. C'est un petit bout de bonne femme indonésienne d'une gentillesse absolue. Oui, je sais que cela peut sembler paradoxal pour une femme comme moi de mettre sa fille au catéchisme. Mais je suis croyante, et ma fille en avait envie. Et si elle continue d'en avoir envie, elle sera baptisée. Je lui ai donné deux ans pour réfléchir. Pour savoir si c'est ce qu'elle veut vraiment.

Et voilà. La soirée a été un "mardi time". Musique, musique, musique. Comme je les aime...

Demain, je vous raconterais mon mercredi. Tout le monde s'en tape ? Pas moua ! Woinwoin ;)

 

Apologie des vacances chez soi Ep 4

Note écrite en juin 2008

Mercredi

Le mercredi, les enfants ont centre aéré.

Attention ! Gros changement !

Ils vont au centre qui se situe...à l'école ! Donc pomme C pomme V. On prend les memes et on recommence. Je me lève pendant que...

Eh bien, ce mercredi, je suis restée au lit jusqu'à 9h 30. C'est la folyyyyy ! Je me suis attaquée au salon. Et vas y que je t'enlève toutes les housses et que je te lave ça. Et vas y que je te pousse les meubles. A 12h30, je décolle pour déjeuner avec une ancienne productrice de ma boite que j'adore, ma Diane Keaton personnelle. Nous dejeunons chez Chartier, brasserie archi connue de Paris. Je lui raconte mes projets, mes aventures épidemiciennes. Elle m'écoute, attentive. J'ai énormement de respect pour cette femme de caractère. A peine sortie, j'en profite pour, enfin acheter de nouvelles chaussures à mes enfants, on va cesser de les regarder comme s'ils devaient se rendre d'urgence au secours catholique !

Je rentre chez moi, mon appart commence à ressembler à une maison normale. Je finis ce que j'ai commencé. Je me sens organisée, rationnelle, et minutieuse. J'adore ! Surtout quand je sais que ça va pas durer ! Je vais chercher mes enfants à 16h30. Au moment de récupérer ma fille, la gardienne de l'école me signifie que comme je n'ai pas prévenu, c'est non. Une femme désagréable. Je lui demande d'aller chercher la directrice du centre, devenue à force une copine. Je récupère enfin ma fille. Nous partons tous les trois. Je les sens heureux en ce moment, profitant pleinement de leur mère si souvent ou absente ou loin dans sa tete. Nous rentrons.

Vers 18h, un incident se passe. Une copine de Charlotte se fait houspiller par la nouvelle gardienne de l'école. Je descend. Ca fait trois jours que je vois cette gamine errer à 18h. Je me mêle de ce qui ne me regarde surtout pas. Je n'aime pas du tout le ton que la gardienne emploie. Le personnel de l'école joint le père. le problème se règle. Mais 10min plus tard, la copine de Charlotte hurle dans la rue "Charlotte !". Elle est toujours dehors et il est 18h30. J'envoie ma fille. Je finis par redescendre. Charlotte m'annonce que la gardienne a encore engueulé la gamine. Je pète un câble. Je débarque dans l'école hystérique. Je ne supporte pas le comportement de cette bonne femme. Elle me menace de porter plainte. Je lui réponds que je suis surentraînée et qu'elle n'a qu'à le faire. On finit par élucider le problème. La gamine baratinerait soi disant. Les numéros de tel de ses parents sont quasiment tous résiliés. On la réexpédie chez elle. Elle s'éloigne mais au bout de 5 min, Charlotte me signale qu'elle est toujours là. Et pour cause, d'un coté le père, chômeur, qui passe ses journées chez lui à regarder la télé lui intime de rentrer seule à la maison. Et de l'autre, la mère lui interdit de rentrer toute seule chez elle. La gamine ne sait pas quoi faire. Et si elle baratine, c'est bien parce que ses parents la font tourner en bourrique. J'aime pas ça. Et cette gardienne l'a traité de menteuse alors que ce sont ses propres parents qui n'arrivent pas à se mettre d'accord. Donc quoi qu'elle fasse, elle désobéit et se fait immanquablement engueuler...

Des histoires comme celle ci, j'en ai plein. De la copine de Charlotte qui lui racontait que sa mère l'avait brûlé...j'ai averti l'école mais jamais eu de nouvelles en espérant que ce n'était pas fait exprès. De mon ancienne baby sitter qui vivait à 7 dans un T2 au rez de chaussée du foyer à coté de chez moi. De la bande de gamins qui traînent dans la rue piétonne hiver comme été, avec la grande de 7 ans (!!) qui surveille son frère de deux ans. Cette bande que j'embarque de temps en temps au parc parce que trop, c'est trop et le regard ahuri des gens quand ils nous voient. Des rafles des sans papiers bien que ça se soit calmé dans le quartier. Du fils de l'ancienne gardienne de l'école, 16 ans, qui planquait le shit du quartier dans l'appartement de sa mère au sein de l'école. La bande des grands qui empêche tout le monde de dormir sauf moi et que j'aime bien. Parce que sous leurs airs de branleurs, ils surveillent du coin de l'oeil tout ce qui se passe dans le quartier. Les flics qui tournent pour rien dans le quartier car dès qu'ils se pointent, ils se planquent. Mal, je ne vois qu'eux mais ces crétins de poulets leur passent devant sans s'en apercevoir. Et ça me fait mourir de rire. Les mêmes qui piquent deux vélos attachés, personne ne dit rien et pourtant, ils ne sont pas discrets ! Et moi, qui leur gueule dessus. Ils se barrent en courant à moitié mort de rire. Moi aussi. Et je leur dis d'aller voler dans le septième arrondissement. Pas ici.

Parce que l'ennui tue les gens à petit feu...et fait ressortir le plus mauvais en eux.

La journée se termine en demi teinte. Nous dînons et je couche mes enfants. L'ambiance est tellement calme. Je me mets au lit, commence à écrire et le sommeil me tombe dessus. Un sommeil lourd. Je ne fume même pas de joint et je m'écroule à 21h30. Je sens que la fatigue accumulée depuis de longs mois me tombe dessus. Et c'est bon !

Demain, je vous raconterais mon jeudi. Vous n'en avez rien à foutre ? Pas mouaaaaa !

 

Lidl, Vuitton & moi

Note écrite en septembre 2008

Un jour, quand on n'a vraiment plus eu un rond avec mon ex-mari, on a atterri chez Leader Price. J'ai vécu ça comme une profonde humiliation. Moi, la fille de bourgeois, où l'on achète la viande chez le boucher, les fruits chez le primeur, et le fromage chez le fromager, j'avais touché le fond. Quand j'y pense, ce n'était pas si grave. Je m'étais retrouvée à chauffer la baraque avec mon sèche-linge car mon ex-mari n'avait pas payé le chauffage... Ca, c'était grave, pas leader price. Pourtant, ce fut le symbole de ma déchéance.

Aujourd'hui, je suis allée chez Lidl. De mon plein gré. Parce que j'en ai plein le cul de payer la peau du cul des produits que je soupçonne d'être douteux. On a tous appris que les marques nous anarquaient allègrement. Je refuse de cautionner ce système plus longtemps. Et financièrement, je n'arrive plus à suivre. J'ai donc débarqué chez Lidl. J'ai fait mes courses de base. Je ne passe pas le cap d'acheter de la viande ou des fruits là-bas. J'ai pas fait gaffe, j'ai pris machinalement mon sac Vuitton.

J'étais un paradoxe sur pattes. Je suis un paradoxe sur pattes. Je suis là, chez Lidl, avec mon sac Vuitton. Je fais partie d'une nouvelle catégorie sociale. Les "pas encore pauvres". Tout le monde le sait, je suis mère célibataire, et les enfants grandissant, ça devient de plus en plus cher. J'ai un salaire plus que correct mais un loyer de plus en plus prohibitif. Je suis à découvert mais j'ai des bottes Dior (offertes par ma copine Vanessa). Je m'angoisse car j'ai pas les tunes pour payer mes impôts mais j'ai un pull Chanel (offert par ma copine Sabine). Je me suis retrouvée dans l'incapacité financière un jour d'acheter du sirop à mon fils mais quand je pars au travail, je me balade avec quasi 2000 euros de matos sur moi entre mon macbook (mon cadeau d'anniversaire) et mon ipod 60 gigas (offert par mon amoureux).

Je regarde mon sac Vuitton. C'est le classique de la maison

Mon sac Vuitton me ressemble. Il ressemble à ma vie : c'était celui de ma mère acheté avant 1980. Il est tout mou à force de vieillir. Il a des trous partout. La fermeture ne marche plus depuis longtemps. C'est un vestige d'une vie passée. Ce sac a quasi 30 ans. Ma vie a des trous partout et je n'ai plus aucune fermeture éclair pour empêcher les catastrophes de rentrer. Mais ma vie est classe quand même, elle a de l'allure.

Comme mon sac Vuitton au milieu de Lidl ;))

 

De la mini-jupe au tailleur

Note écrite en octobre 2008

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Je suis obsédée par ça. Enfin, c'est un leitmotiv. Depuis que je suis mère, il a toujours été clair dans ma tête que je ne ferais pas partie des mères atteintes de jeunisme exacerbé. Laisser la place. C'était très théorique jusqu'à présent. Mais Charlotte grandit. Elle n'a que 9 ans bien sûr, mais je ne veux pas me réveiller un matin face à une ado sans avoir réalisé que le temps a passé.

J'étais une trentenaire épanouie bien dans ses mini-jupes mais je me dis que je vais devoir les ranger progressivement. Alors, je suis actuellement en transition. J'arrive en jean, converses au boulot. Le lendemain en noir et blanc relativement strict. Pas mal de monde s'est étonné de ce léger changement. Mais je veux m'habituer en douceur. Il n'est pas question de renoncer à mes chers bons vieux jeans. Juste de me faire à l'idée que j'aurais quarante avant d'avoir eu le temps de dire ouf. Et juste me faire à l'idée d'avoir l'air d'une femme de quarante ans d'aujourd'hui. "Les nouveaux trentenaires de la quarantaine", nouveau concept des magazines.

Et surtout, juste me faire à l'idée que bientôt, c'est ma fille qui ressemblera un peu à Jane Birkin en mini-robe. Plus moi. Il faudra que je lui laisse la place dans l'arène de la séduction, là où les armes sont le corps et votre aptitude à la branchitude. Alors que moi, j'aurais basculé là où les armes sont le charme et votre aptitude au chic sans chichis.

Renoncer sans faire grise mine. Avoir l'air de ce que l'on est, de face comme de dos. Une femme. Pas une ado attardée. Et opter pour ce genre-là !

Nan ! Pas au-dessus, en dessous ! ;)

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19.01.2009

Le sommeil, l'ours et les saisons

 

Il est 6h21, je suis réveillée depuis 40 mn. Soit 5h40...

Je ne sais pas ce que c'est les problèmes de sommeil. Il m'est arrivé d'avoir du mal à m'endormir mais non, non, non, les insomnies, c'est pas mon truc. Or, je constate qu'autour de moi, de plus en plus de personnes dorment mal, peu, et pas assez. J'ai une chance inouïe apparemment.

 

Mais, à tous ceux (lles) qui pensent que j'ai une vie glamour, trépidante et pailletée, je suis bien obligée d'avouer aujourd'hui, que c'est loin d'être le cas. Je me suis longtemps acharnée à sortir, me coucher à pas d'heure et me traîner le lendemain.

Et puis, j'ai renoncé. Et pas à cause des enfants. Bien après l'arrivée des enfants. J'ai simplement accepté que je suis résolument une diurne. Pas un papillon de nuit. Je me couche à minuit, c'est l'horreur. Car non seulement je suis une diurne mais en plus je suis comme les gosses, j'ai besoin de 8 à 10 heures de sommeil par jour. Ça nous donne, donc, Ô Publik halluciné, une cholera qui s'endort avec bonheur à 21h, 21h30 et se réveille vers 5h, 5h30. Et là, c'est le pied. Ça fascine mon mec car je suis capable de m'endormir aussi à 20h30, juste après avoir couché mes enfants...je sais, c'est ridicule !

Je m'enfonce dans le sommeil avec délices, je dors comme un mort (je préfère dire comme un enfant mais c'est quand même plus proche du coma, voire de la mort) et je me réveille sans aucune interruption de programme 9h après. Tout est silencieux. J'adore. J'ai du temps pour moi jusqu'à 7h, 7h30. Je bouge dans l'appartement. C'est un moment à part, apaisant, serein, énergetik. Personne ne me parle. Personne ne me perturbe. Je me recharge avant d'affronter le bruit, la fureur, les humains, tout ce qui me pique une énergie monstrueuse au cours de la journée.

Je fais quelques variantes au cours des saisons. L'hiver, je dors encore plus. L'été, j'adore me réveiller au son des oiseaux qui chantent, voir le soleil se lever. Je fais comme les animaux en fait. Je m'adapte complètement au rythme du soleil.

Et c'est seulement comme ça je suis bien. C'est important. J'ai longtemps trouvé ces habitudes ridicules mais j'ai fini par me dire que c'était lutter contre mon rythme biologik.

C'est le début de l'hiver, l'ours que je suis s'apprête à hiberner...

 

05.01.2009

Oct 2007 : Mon pull & moi

(Cette note, j'y tiens beaucoup, ce fut mon premier billet publié...)

Honte a moi !!

honte a moi !!

Moi, la gauchiste de base, la redresseuse de torts, la petite soeur des pauvres... honte a moi !
Je vis depuis hier une liaison passionnelle avec un pull... pas n'importe quel pull : un pull Chanel, cadeau de ma copine sabine..

Le monde a changé, je suis enfin en phase avec l'univers... De toute manière, le monde se divise en deux : celles qui savent et celles qui ne savent pas. Hier matin, j'étais ignorante, fière de mon pull H&M, mais à présent j'ai changé. Ce matin, mon pull Chanel et moi, nous nous sommes levés harmonieusement. Nous avons petit déjeuné en tête à tête, échangé quelques clins d'oeil, quelques commentaires. Nous nous sommes enlacés, lui et moi, lui sur moi.

Mon pull Chanel et moi, nous avons arpenté les jolies rues de cette merveilleuse ville. Nous avons pris ce moyen de transport si animé, si plein de vie : le métro. Les gens sont beaux, sympas et merveilleux. C'est beau, une ville, le jour. Mon pull Chanel et moi, nous nous rendons à notre travail, un travail formidable avec un patron formidable, des collègues formidables. Pour le déjeuner, mon pull Chanel et moi, nous nous délecterons d'un si typique sandwich jambon-beurre dans ce si pittoresque bar tabac PMU tenus par ces charmants et délicieux cousins des Thénardiers. La vie est belle, lumineuse car, enfin, tout a pris du sens. Mon pull Chanel et moi, moi et mon pull Chanel, ensemble pour aimer le monde entier.

Mais pourquoi diable je trippe comme une malade sur cette laine tricotée??!! Suis-je juste une véritable snobinarde & superficielle déguisée en gaucho ? Mais pourquoi les femmes, qui accomplissent l'acte le plus important au monde (à savoir peupler cette foutue planète) adorent des trucs débiles comme porter ostensiblement un pull Chanel ??

HEIN ?

Pourquoi ça a de l'importance à ce point là ? Je comprends mieux la journaliste de ELLE, celle qui raconte sa journée avec sa pochette Marc Jacobs... parfois certains objets vous rendent la vie plus belle... c'est consternant... tellement consternant... Je me déçois et pour me consoler, je fais un câlin à mon pull et me promets d'accomplir une véritable bonne action. Ma mauvaise conscience me souffle d'offrir mon pull Chanel à quelqu'un. Là, ce serait vraiment héroïque, un beau geste en adéquation avec mes valeurs fondamentales, oui.. Ça ce serait vraiment beau..

HA NON !

CA VA PAS ?!

C'est pas bien d'offrir un cadeau, c'est contre tous mes principes, Sabine m'a fait ce cadeau et je dois assumer mes responsabilités. C'est donc la mort dans l'âme que je continue a porter cette merveille.. .bien a contre coeur, je le clame !

Mon pull Chanel et moi, nous vous souhaitons une merveilleuse journée.....aussi belle que la nôtre!

 

H (Comme je hais) & M (comme ce Magasin)

 

Mais j'y vais.. rapport à ce que c'est à coté de mon boulot.. le H&M du forum des halles..oui moi aussi il me terrorise...

Il faut savoir qu'il y a un mode d'emploi extrêmement précis avant de s'aventurer dans ce magasin. D'abord, se préparer psychologiquement, j'assimile ça à essayer de remettre un quartier de Beyrouth a peu près d'aplomb (pour info ça fait quasi 30 ans qu'il essayent). Une fois prête, ne jamais y mettre les pieds après 9h55 . Oui, ça ouvre à 10h00.. Je sais mais JUSTEMENT, il faut y aller avant si possible. Parce qu'après, c'est impraticable à moins d' avoir la nostalgie des tranchées de 14-18.

Une fois, que vous avez pénétré en terrain ennemi, se rendre directement au guide des tailles, car chez H& M, on parle une autre langue, y compris et surtout pour les soutiens gorge. Je défie qui que ce soit de sortir de là bas sur les coups de 16h00 avec un ensemble pareil et à la bonne taille. Depuis le mois de septembre, je tente d'acheter des collants à ma fille, taille 8/9 ans..impossible soit ya du 128 ou du 134. Je les soupçonne de faire du racisme anti 8/9 ans. Entre les deux, ça n'existe pas.

Une fois que vous avez réussi a accumuler quelques articles (un bracelet batman, un collier hello kitty, une paire de gants trop petites et un blouson trop grand), vous vous dirigez vers la caisse. Vous attendez patiemment et là , fatale erreur, ils ont encore changé de place "l'échange clientèle", les enfoirés. Avant, je le sais il était au rez de chaussée, mais ils m'ont pris par surprise (salops!!) et ils l'ont installés au 1er étage , les bougres ! Et vous avez , bien entendu , noté vous aussi que l'échange clientèle est identique à la caisse normale sauf qu'il y a 10 fois plus de monde....

Vous atteignez , on ne sait comment, une caisse normale (ha merde, vous avez paumé le blouson , objet de la visite) et vous vivez "rencontre du troisième type"... "rencontre avec Joe black".... , vous affrontez la caissière de H&M.

La caissière H& M est une espèce d'être humain à part. La caissière de H& M est cool, elle. Pas vous. Celle que j'ai affrontée aujourd'hui était le chainon manquant entre la caissière de H & M classique et Darroussin dans "mes meilleurs copains". Elle est HYPER cool. Elle est tellement cool qu'elle est assise sur son tabouret, mâche son chewing gum comme Laporte et se fend d'un bonjour, jeté à l'arrache, entre deux crises de rigolade avec son pote caissier , rapport a la strip teaseuse qu'il pourrait avoir a son enterrement de vie de garçon, "oh c'est trop marrant, mais ta femme elle va pas faire la gueule, whaw, mort de rire, trop cool, ça déchire sa race".... Le spécimen prend les fringues (on peut pas décemment parler de vêtements au stade où on en est) , les jette dans le sac, parce qu'elle est cool, elle , et que c'est franchement petit bourgeois, de plier correctement les fringues. J'ai l'impression d'être Simone Veil à coté d'elle. Elle me jette, ya pas d'autres mots, la machine à cb, pendant que "mortel! on va s'éclater! mais la trip teaseuse, ça va etre top, chuis crevée là j'en peux plus, faut que je pose mon cul" (t'es déjà assise pov tache!).

J'effectue une tentative d'évasion avec le butin de la journée , je me lance,je prends mon courage à demain, je m'élance, je franchis (musique des chariots de feu) les barrières et.. BIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPP

Le chaînon manquant a évidemment oublié de m'enlever leur saloperie de bip. le nombre de fois où je suis rentrée chez moi avec des fringues bippées, je ne les compte plus. C'est décidé, je me mets à la vente par correspondance, ou alors faut créer une cellule de soutien psychologique dans le H& M du forum des halles...

Article écrit avant les soldes.... période critique s'il en est une. J'ai renoncé en ce qui me concerne...

 

Un grand moment de solitude

 

Un vendredi soir, il y a très longtemps (février 2005), je me dirige vers la crèche récupérer mon cher petit garçon qui a vomi sur tout le personnel. Attendrie, je me saisis de mon fils, qui manifestement, ne se contente pas de vomir : une bonne petite diarrhée comme je les aime. Respect des principes fondamentaux diarrhéiques : odeur, liquidité, débordement.
Absolument pas découragée, je me dirige vers l'école récupérer ma chère petite fille. Elle est livide et a atrocement mal à la tête. Attendrie, je me saisis de ma princesse qui, manifestement, est incapable de marcher. Je porte allègrement ses 16 kgs pendant que mon fils... se soulage sur mon blouson.
La vie est formidable.

19h: Je tente désespérément de faire avaler du Motilium à mon fils pas du tout coopératif (sensation d'être le soldat américain de base face à un terroriste irakien présumé). Ma fille gémit à pleins poumons (ambiance délivrance). J'installe tout mon petit monde devant un dessin animé. C'est étrange, ma fille me fixe bizarrement... et vomit sur la totalité du canapé d'angle. (Je sais, comme ça ça a l'air super technique mais faisable, la preuve. Et merde, dans la périphérie, la couette, atteinte, non seulement en surface mais aussi en profondeur).

Détail important, ma machine à laver a la propriété intéressante de ne pas essorer, ça fait partie de sa déontologie personnelle. J'en ai pour une semaine minimum pour faire sécher tout ça. Je sens que j'ai du pain sur la planche et opte pour un café avec ma super machine à expresso flambant neuve. Elle et la machine à laver ont dû avoir une conversation sur leurs acquis sociaux car cette foutue machine refuse obstinément de me faire un café, qui serait vraiment, mais alors vraiment le bienvenu. Je reste zen , je suis en phase avec l'univers, je la réparerai tout à l'heure.

20h: Je dresse un bilan : mon fils est donc atteint d'une fin de rhino, d'une gastro et également, j'avais oublié, d'un "pieds, main, bouche" (truc viral super contagieux, consistant en une éruption cutanée violente sur les zones citées précédemment). Je soupçonne fortement ma fille de relever le défi inouï d'une association gastro-grippe. Je tiens à signaler par ailleurs que j'ai moi-même une crève à la con depuis 15 jours. C'est dans des moments pareils que je sais pourquoi je fume des clopes, celle que je suis en train de fumer est tout simplement orgasmique.

21h: Armée d'une fourchette, je livre un combat forcené avec la machine à café. Elle va me le faire ce café, cette connasse, ou j'en fais une affaire personnelle.

22h: Je renonce et je regarde autour de moi. L'appartement ressemble à tout sauf à Marie-Claire Maison. Je lâche l'affaire, je me couche comme je peux, mon canapé-lit étant déclaré zone sinistrée. Et je prie le dieu Motilium pour que mes enfants n'aient pas l'idée saugrenue de vomir vers 3h du matin.

10h le lendemain matin: Je subis stoïquement les Bisounours en boucle depuis 6h30 du matin. On ne le dira jamais assez, les enfants sont des maniaco-obsessionnels et l'objet de leur névrose actuelle est le monde des calinours. C'est , c'est... une arme de destruction neuronale massive, cette saloperie. Je tiens à évoquer brièvement la période Bibifoc, qui m'a poussé, je l'avoue, à éprouver de la sympathie pour les trafiquants de bébés phoques et des bouffées de haine pour Brigitte Bardot. Toutes mes pensées, à cet instant, vont vers les victimes du tsunami "Teletubbies", déclarée plus grande catastrophe audiovisuelle de tous les temps.

Je relance les négociations avec la machine à café: "Écoute, je comprends, t'as eu un ptit coup de mou hier soir, mais là c'est le matin et selon la déclaration universelle des droits du consommateur acharné de café, le matin t'as pas le droit de te défiler sous peine de destruction à coups de perceuse". Un silence lourd de sens s'installe. Vraisemblablement, la machine à café a rejoint les rangs de la CGT electroménagere. Je finis par avoir sa peau à cette s.., les moyens employés ne seront pas évoqués ici, j'ai trop peur de me faire choper par Amnesty International section Darty BHV.

Je sens qu'un ptit coup de fil de mon ex m'achèverait. En effet, le pauvre est confronté à un choix cornélien : s'installer à côté de chez nous (je cache ma joie), partir en Guadeloupe ou s'exiler au Texas. Ce type est un crime contre la notion de responsabilité (je suis la reine des connes mais bon Dieu , pourquoi ne l'ai-je pas laissé acheter cette usine dans une campagne reculée de Chine ?? Ça existe encore le concept de camp de rééducation ?? Remarquez, en y réfléchissant bien, il pourrait parfaitement se substituer à un conseiller de G.W. Bush. Il pourrait pas faire pire, finalement le Texas me semble la solution la plus cohérente et je me surprends à faire mes comptes pour lui offrir le billet aller... sans retour évidemment.

Allez, c'est pas grave, il va bien finir par s'achever, ce week-end de merde !

 

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