09.08.2009
Les noces rebelles

Malgré une fin assez convenue ou facile, j'ai adoré ce film. Evidemment, je fais comme tout le monde, je fais un petit transfert sur mon histoire personnelle.
Depuis trois ans et demi, je vis une histoire d'amour particulière, entre ruptures et retrouvailles pour la première partie, entre secrets et comings out pour la seconde, et entre discrétion & "assumage" pour l'instant. Le contexte, certes difficile, ne nous permet pas de vivre ensemble. Tout cela pour des raisons géographiques, logistiques mais surtout liées à l'ex de mon amoureux. Si ne pas être libre de choisir est quelque chose que je vis mal par moments, il n'en reste pas moins que, la plupart du temps, je reste pleinement persuadée que, grâce à elle, nous nous sommes épargnés pas mal de choses.
Quand j'ai vu ce film, j'ai vu tous les pièges auquels nous avons échappés pour l'instant. Quand je regarde autour de moi les couples, je me rends compte à quel point c'est compliqué. Quoiqu'on en dise, le quotidien tue. April & Franck se laissent, peu à peu, étouffer. Ce qui nous séduisait tant chez l'autre, finit tôt ou tard, par nous sortir par les yeux.
Il y a une scène, en particulier qui m'a frappée. Et j'en ai déduit que ce qui est terrible, pour un homme, ce qui est infiniment destructeur, c'est de ne plus lire l'admiration, un tant soit peu, dans les yeux de la femme qu'il aime. Quand trop de déception prend toute la place, alors le travail de sape commence. Je reconnais que c'est difficile de toujours regarder son homme avec les yeux de l'amour. Parce que, la plupart du temps, les femmes se tapent un nombre de choses incalculable. Mais, si on veut que ça tienne, je crains qu'il n'y ait pas d'autres solutions. Evidemment, l'inverse est vrai aussi. Qu'une femme se sente admirée par son conjoint, et l'épanouissement n'est jamais loin. Mais je crois que pour les hommes, c'est plus fondamental encore.
Alors, ok, avec mon amoureux, nous ne sommes pas prêts de vivre ensemble. En tout cas, pas dans l'année qui arrive, à moins d'un rebondissement. Mais ça me va. Ca lui va. Au lieu de nous mutiler avec les obstacles qu'elle met sur notre route, cela nous renforce. Nous serons toujours à temps de partager nos mômes, nos humeurs, notre espace et nos chaussettes sales !
"Les noces rebelles" m'ont fait toucher du doigt ce en quoi le quotidien est destructeur, les rêves qui s'envolent, la répétition de gestes, l'intimité tant souhaitée qui devient un ennemi. Bien sûr qu'il est possible de réussir ce pari insensé, le partage de jours. Mais finalement, est-ce si grave que cela ne soit pas possible pour l'instant ? Cela arrivera tôt ou tard. L'ex de mon homme a un pouvoir à durée très limitée. Le temps passe. Que pourra-t-elle encore dire ? Que pourra-t-elle encore dire au bout de quatre ans ? Cinq ans ? Les enfants qui grandissent. Elle a grillé toutes ses cartouches. C'est fini.
Et en attendant, elle nous rend service. Car nous restons de perpétuels amoureux, en manque et attentifs. Dans le dialogue permanent. Pas comme Franck et April qui se sont perdus en cours de route. Le refus de celle-ci de parler, "toujours parler" dit-elle exaspérée, est significatif. Dans le film, c'est l'homme qui cherche la communication, c'est la femme qui la fuit. C'est elle qui étouffe, c'est lui qui fait de petits arrangements. Ca me rappelle un couple... Mais à l'inverse de celui-ci, dans le film, c'est la femme qui veut du mouvement, du déménagement. Chez ceux auquels je pense, c'est lui qui le souhaitais. Mais il n'a pas été soutenu en période de crise. il a été enfoncé. Dommage, mauvais choix pour elle. Du début de la crise jusqu'à maintenant. Elle a mal géré. Je crois qu' April aussi, même si à sa décharge, les années 50 laissaient peu de possibilités. Tout ce que je sais c'est qu'il ne serait jamais parti si elle avait été maligne. Franck non plus n'aurait jamais quitté le domicile conjugal. Et autant, il pardonne les saloperies qu'April peut lui dire, autant elle sera jusqu'au boutiste. Erreur fatale à tous les niveaux.
"Les noces rebelles" est un film à voir. Si vous êtes en couple, il vous permettra de renouer avec ce qui vous avait fait fondre d'amour les premiers temps. Si vous ne vivez pas encore ensemble, il vous donnera envie de profiter encore un peu plus de cette parenthèse enchantée, celle où vous êtes encore des amoureux et non des conjoints. Si vous êtes au bord de vous séparer, réflechissez encore. Mise à part la maltraitance, ce sont les mêmes problématiques qui vous guettent au final avec un autre. Et si vous êtes célibataire, soupirez d'aise de ce qui vous est épargné...
12:18 Publié dans Quelques films en passant | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les noces rebelles, amour déçu, amours, désarroi, deception
03.07.2009
DReam of life : Patti Smith


Un chamane. Un chamane qui se perd au Japon. Un concert qui tourne à la scène christique. Une femme qui a perdu son frère et qui vous explique que cela l'a rendue positive. Elle est magnifique de façon totalement fulgurante et éphèmere. Des scènes de tendresse avec ses parents. Elle. Son allure incroyable. Les textes d'une poésie déstabilisante. Sam Shepard qui se fout de sa gueule parce qu'elle joue de la guitare comme une brelle."Je n'essaie pas de faire sensation". Elle est. Capacité de revolte intacte. Une phrase de Jackson Pollock : "Picasso fait chier, il a tout fait". Un sourire extraordinairement lumineux et à la fois carnassier. De l'appétit. Elle trimballe une toute petite part de cendres de Robert Mapplethorpe à travers le monde. William Burroughs. un voyage au Tibet. Allen Ginsberg. Gregory Corso "plus élégant et irrévencieux poete de la beat géneration". "Souviens toi que tu vas mourir mais pas la poésie". Politique. Infiniment politique. Des vocalises avec ses musiciens. Une danse. Patti Smith en vieillissant ressemble de plus en plus à un indien. Un indien guérisseur. Un chamane.
Onze ans de tournage. « L'endurance nécessaire pour tenir le coup et pour filmer ces instants-là. ». 100 000 dollars de dettes. « Il émanait déjà de ce film tant de parfums différents-la musique, la peinture, les photos, et voyages. J'avais envie que ce film soit une sorte de prolongement de l'esprit de Patti. Il faut dire que son esprit a une sacrée intensité. Il est abstrait. Provocant. Elle ne s'arrête jamais de réfléchir.La narration de Patti est si poétique qu'il me semble que le film pourrait s'assimiler à la lecture d'Alice au pays des merveilles »
Patti Smith (née Patricia Lee Smith le 30 décembre 1946 à Chicago, Illinois, États-Unis) est une musicienne et chanteuse Rock, poète, peintre et photographe. Mariant la poésie Beat avec le Rock "garage" des années 1960 et 1970, elle a été considérée comme la "marraine" du mouvement punk de la fin des années 1970.
Steven Sebring est un photographe de mode.

"Dream of life" : documentaire musical. 1h49.
http://www.dreamoflifethemovie.com/
Merci à Xavier du bureau de presse Attitude d'avoir pensé à me l'envoyer spontanément ;)
16:41 Publié dans Quelques films en passant | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patti smith, chaman, musique, documentaire, doc
20.01.2009
Film Kulte : Le parrain
1970
Coppola se retrouve dans une impasse avec sa société de production Zoetrope, en grande partie à cause de Georges Lucas et de son film "THX 1138″. Pour tous, c'est mort. Pourtant la Paramount contacte Coppola afin de mettre en scène l'adaptation d'un roman de Mario Puzo, "Le Parrain"...
Ce film est un film de commande, Coppola doit 300 000 dollars à la Warner et n'a pas les moyens de faire la fine bouche.
Premier sujet de discorde : le casting, à commencer par Al Pacino pour le rôle de Michael. Le producteur, Bob Evans, qui mérite un billet à lui tout seul, souhaite Redford, Warren Beatty, Nicholson et même Alain Delon !! Quant à Marlon Brando, devenu tricard après ses frasques sur "Les révoltés du Bounty" et sa prise de poids conséquente, il en est hors de question. "Tant que je serai à la tête de la Paramount, jamais !!". Coppola en fait une crise d'épilepsie dans le bureau. Il s'entête, fait tourner Brando qui se bourre la bouche de kleenex et s'enduit les cheveux de cirage. La démonstration est un tel tour de force que la prod s'incline.
Le style visuel du film choisi est peu conventionnel : "le style est venu de la juxtaposition entre la garden party du mariage, lumineuse, gaie, en extérieur et les magouilles fomentées à l'intérieur de la maison, sombre (...) Don personnifiait le mal, et je ne voulais pas que le public puisse voir ses yeux et deviner ce qu'il pensait. Je voulais qu'il reste dans l'ombre." raconte Gordon Willis, le chef opérateur
Le tournage se passe mal, Coppola et Willis s'opposent sans arrêt, les producteurs s'arrachent les cheveux avec l'aspect sombre des rushes. Pour couronner le tout, la Mafia s'en mêle, elle n'apprécie pas du tout. Bob Evans s'enfuit, il part 6 mois aux Bermudes avec Ali Mc Graw.
Comme d'habitude, ça coince au montage... mais dans l'autre sens. Selon toutes vraisemblances, "Le Parrain" est le seul film où le producteur a soutenu la version de 3h et le réalisateur la version courte ! Coppola est déprimé. Il déteste ce film : "Je me suis planté. J'ai pris un roman populaire, bon marché et salace et j'en ai tiré quoi ? Une bande de types assis dans des pièces sombres en train de causer". Son assistant réplique "Ouais, c'est ce que tu as fait".
Le film sort sort à New-York le 15 mars 1972, en pleine tempête de neige. Mais des files d'attente impressionnantes apparaissent dans les cinémas. Malgré le succès, Coppola est dévoré par l'idée de s'être prostitué pour un film de commande. 6 mois après sa sortie, "Le Parrain" explose les chiffres, devient le plus gros succès de tous les temps, enterrant "Autant en emporte le vent".
"Le Parrain" touche un nerf culturel. Comme "Bonnie & Clyde", "Easy rider", le film met en scène le fossé des générations, de façon bien différente, toutefois. L'itinéraire de Michael est exemplaire : le jeune idéaliste, qui essayait au début de prendre des distances avec sa famille, finit néanmoins par embrasser et par reproduire ses valeurs, qui ne sont rien d'autre que celles du capitalisme, porté à son degré ultime. Le film porte déjà en germe les valeurs de l'ère Reagan. La représentation de la mafia comme un "gouvernement privé" rendant la justice de façon "traditionnelle" dans un pays ou les politiques sont incapables et corrompus, préfigure en effet les discours virulents de Reagan contre l'establishment de Washington. "le film est assez réactionnaire en un sens" admettait Towne, scénariste "C'est l'expression perverse de la nostalgie d'une tradition culturelle perdue".
Coppola, contre toute attente, s'habitue au succès et à l'argent qui coule à flots. Pourtant, lucide, il raconte : "Ce film m'a ruiné, d'une certaine manière. Il a orienté ma carrière dans un sens qui n'était pas celui que je voulais lui donner. Je voulais, moi, rester un auteur-réalisateur in dépendant et libre". "Le Parrain", paradoxalement, a marqué la fin du rêve". Coppola dépense des fortunes dans l'immobilier et les jouets. Dans sa maison, une pièce entière est consacrée à ses trains électriques... Quelques années plus tard, la femme de Coppola réalisera qu'elle a 27 salles de bains !! Évidemment, Coppola ressuscite Zoetrope, sa maison de production, et investit dans une chaîne de cinéma afin de pouvoir distribuer ses films.
Pour l'anecdote, le succès arrivant, une faune plus ou moins étrange papillonne autour de Coppola. Parmi eux, il y avait une jeune fille, surnommée "Sunshine", qui adore glisser des acides dans les verres des gens avant de disparaître. Elle possède un véritable don pour lire dans l'âme des gens, elle sait en un coup d'oeil ce qui les angoisse. Dans son bureau, Coppola a un tableau noir. Un jour, pendant son absence, elle entre et écrit en haut du tableau : "Lorsque vous êtes riche, vous n'avez jamais à dire que vous êtes désolé". Francis Coppola se sert du tableau pendant des années, écrit, efface, réécrit, mais jamais il n'efface le message de Sunshine...
Quand mon fils est né, je lui ai donné deux prénoms... dont Santino, le prénom du fils aîné "Sonny" de Don Corleone...
Source : Le Nouvel Hollywood (Broché)
de Peter Biskind (Auteur), Alexandra Peyre (Traduction)
17:20 Publié dans Quelques films en passant | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le parrain, coppola, marlon brando
Film Kulte : Easy rider

"Mais, c'est ça le western moderne, deux potes chevauchant leur bécane à travers le pays"
Et quel western ! En définitive, "Easy rider" signera l'arrêt de mort d'un certain Hollywood, celui des producteurs tout puissants au profit de celui des réalisateurs. La nouvelle vague américaine.
1968
Ce projet est mal barré. Des rencontres improbables, quelques mensonges et l'entêtement de certains sauvent le film. Si Peter Fonda possède une certaine crédibilité, c'est loin d'être le cas de Dennis Hopper. C'est pas compliqué, de l'âge de 12 ans ( il commence par la bière) jusqu'aux années 80, il se défonce. La découverte des acides en 1966 finit de l'achever. Il est complètement cinglé. Tout son entourage intègre l'idée qu'il peut parfaitement buter quelqu'un lors d'une crise de paranoïa ou de folie. Autant vous dire que personne n'ose le contredire. Enfin, si ! Une personne ! John Wayne, allez savoir pourquoi, tient Dennis Hopper pour personnellement responsable de toutes les manifestations pacifistes, hippy, communistes aux États Unis. Il n'hésite pas à affréter son hélicoptère personnel pour pourchasser Hopper avec son colt 45 sur les tournages...
Ambiance, ambiance... Ambiance Western..
Lorsque Peter Fonda a l'idée originale d'"Easy rider ", la seule personne capable de la comprendre, c'est bien Dennis Hopper. Celui ci rêve de devenir réalisateur. C'est parfait. Dans leur délire, il est rapidement question de transport de cocaïne pour leurs héros. Ce qui n'est pas du goût du producteur initial.
"Mais vous êtes malaaaadeeuh ! Le public n'acceptera jamais ça"
"Nous, on emmerde ce qui se fait et ce qui ne se fait pas ! Les règles font chier !"
Le problème, c'est que même les règles techniques d'un tournage les font chier. Et Bert Schneider s'en aperçoit rapidement.
Bert Schneider de BBS accepte de financer le film. Ce type est un dandy hippy d'Hollywood, vivant " à fond " la période. Il connaît le succès en produisant "The Monkees " à la télé. Premier constat: toute l'équipe du film , du haut jusqu'en bas est défoncé. c'est déjà un exploit que ce film voit le jour !
Une première session de tournage a lieu pendant la période de Mardi Gras. Évidemment, c'est le très grand n'importe quoi ! N'importe qui s'improvise chef opérateur. Un détail important : il n'y a pas de scénario. Du coup, personne ne sait à quel stade en est l'histoire lors du tournage. Un bordel innommable ! Les conséquences sont prévisibles : démission en cascade des membres de l'équipe et détérioration des rapports Hopper/Fonda.
Comme Peter Fonda a donné sa chance à Dennis Hopper en tant que réalisateur, celui ci fait sauter les limites de sa mégalomanie: c'est "son film" ! Constatant l'absence de scénario, Bert Schneider fait intervenir Jack Nicholson, à l'époque scénariste. Il est également chargé d'empêcher, et ce n'est pas une image, Hopper & Fonda, de s'entre-tuer !
Ambiance.... Western !
Le tournage a lieu. Orson Welles se serait suicidé sur un plan pareil ! Hopper & Fonda décrètent que telle personne rencontrée dans la rue est cameraman, improvisent les dialogues, tournent le début d'une scène de jour et la finissent de nuit. Si c'est flou, c'est "une allégorie de cinéma vérité". Jack Nicholson bat son propre record de pétards fumés dans une seule journée. et Dennis Hopper a en permanence des flingues sur sa table de travail.
Dieu seul sait comment ils bouclent ce tournage et la phase de montage commence. Comme Dennis Hopper estime qu'il est le plus grand réalisateur de tous les temps, il se trouve qu'il est également le plus grand chef monteur de tous les temps. Le problème, c'est que sa maitrise technique date des années 50.. et nous sommes fin 60..Il compense cela grâce à une grande inspiration liée aux acides.. D'après lui, le générique sera mieux si il se déroule à l'envers. Pendant des mois, Hopper s'enferme. Il organise des projections, le film durant des heures. Mais comme tous ceux qui y assistent sont défoncés, tout le monde trouve ça génialllll ! C'est un carnage ! Il pond une version finale de 4h30. Personne n'ose rien dire. Dennis Hopper est un psychopathe et susceptible de tirer sur le premier opposant..
Ambiance western ?
Bert Schneider contourne le problème en expédiant Dennis à Taos. En cachette (!!), une équipe de montage remonte le film. Finalement Hopper ne tue personne, et impose que le crédit du scénario et de l'idée originale lui soient attribués en toute simplicité.
Grâce à son prix de la "meilleure première oeuvre" à Cannes, "Easy Rider" sort à New York le 14 juillet 1969. La direction du cinéma retire les portes des toilettes pour empêcher tout le monde d'aller fumer de l'herbe ! C'est un carton ! Toute la génération de la contre culture se reconnaît dans le film. "Easy rider" coûte 501 000 dollars et rapporte 19,1 millions de dollars. Une belle opération ! Cela devient un film Kulte, un film symbole.
Ceci dit, à la décharge de Dennis Hopper, le tournage fut une grande souffrance pour lui. Et pour cause ! Il détestait les motos !!! Comme si John Wayne avait détesté monter à cheval !
Vous avez dit western ? !!
Le Nouvel Hollywood (Broché)
de Peter Biskind (Auteur), Alexandra Peyre (Traduction)
17:13 Publié dans Quelques films en passant | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : easy rider, peter fonda, dennis hopper, malade mental, psychopathe
05.02.2008
Et tu continueras de marcher malgré tout...

Je sors du cinéma. J'ai vu "Paris". Pas un grand film. Un bon film. Qui me parle...
Pauvres de nous. Ce que nous considérons comme acquis s'évanouit en l'espace d'une seconde : danser, monter des escaliers, boire une bière avec un ami...tant de choses disparaissent. Rien ne dure jamais vraiment. Pourtant, nous nous établissons dans nos vies, bien confortablement installés. Nous sommes surs, infaillibles, souverains.
Quelle ironie ! C'est que nous manquons tellement d'humilité face à la vie. Péché d'orgueil. Nous finissons, tous, absolument tous, par tomber dans le panneau. Nous sommes plus grands que la vie. C'est ce qui fait l'ampleur de l'Homme. Celle qui le pousse à créer, bâtir, aller au delà de la survie. Nous nous débattons dans ce paradoxe, construire en sachant que, au final, rien n'a de sens. S'inventer des idéaux pour espérer. Donner un sens à sa vie.
Je suis là, j'ai 15 ans. Tout va bien. J'observe ma mère. Je fais un peu plus attention. Non, ça ne va pas. Je suis là, j'ai 16 ans. Le téléphone sonne. Des mots. "Tu peux rentrer à la maison. Maman est morte". Je ressens une douleur fulgurante au ventre. Je suis assise et pourtant, il va bien falloir que je me lève. C'est à peine envisageable. Je comprends comment ça fonctionne. C'est ça, l'histoire en fait ? Mettre tout son coeur dans ce qui est amené fatalement à disparaître ? Tu choisis toi même de t'aveugler ? Le pire, c'est que ça marche, tu ries à nouveau.
C'est le degré de lucidité qu'on tolère qui détermine sa vie. Je sais. Tout le temps. En arrière plan, en permanence, tout est dérisoire. Et je continue de marcher malgré tout...
"Seize the day, seize the day, seize the day, i don't mind what ever happen, i don't care"
14:18 Publié dans Quelques films en passant | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : film, romain duris, paris, cedric klapish

