16.12.2009
Juste à côté du monde
Je n'y arrive plus. C'est terrible. Je ne sais si c'est le fait de vieillir mais je reviens d'un déjeuner de boulot et je suis en pleine crise d'angoisse. J'arrive et je me sens mal direct. J'essaye d'en parler mais je vois bien que personne ne me prend au sérieux. Et là, je suis rentrée sur mon lieu de travail et je suis quasiment en train de pleurer. Engluée dans une crise d'angoisse monumentale. Effrayante. Nous étions 40, et je connais tout le monde, il y a même des gens que j'aime bien mais je vois bien que je n'y arrive plus. Plus il y a de monde, plus je me sens seule. Accablée de solitude. Avant, j'arrivais à m'intéresser aux gens. J'avais la maîtrise des rapports sociaux.
Mais je n'ai plus l'énergie. Peut-être qu'elle a raison. Ma vie est plus calme et j'ai le temps pour m'apercevoir que les gens m'ennuient au plus haut point. Il a probablement raison. Une période de ma vie où j'ai plus de recul. Et donc, je suis beaucoup plus spectatrice. Mais j'ai peur d'être définitivement hors du monde.
Je suis comme un poisson dans l'eau en tête à tête. C'est bel et bien la notion de groupe qui me terrorise. En fait, c'est cela. Je m'en rends compte en écrivant. Cet ennui, ce sentiment de malaise, je crois, vient de cette violence du groupe. La violence subie par les gens lors de l'histoire avec mon amoureux a été traumatisante. Vraiment, je ne pensais pas que c'était le cas. Pas à ce point là. C'est terrible parce que je me rends compte que je ne pourrais plus faire machine arrière. Que je les considèrerais, j'entends les groupes, dorénavant avant tout comme une source potentielle de violence. Et je ne peux plus. Plus les gens sont nombreux, plus je me sens fragilisée. Plus je me sens vulnérable.
Cette histoire a laissé des traces, elle m'a handicapée. Je ne serai plus jamais la même. Je le réalise. Je n'arrive plus à marcher en société. J'ai toujours eu l'habitude de dire que la mort de ma mère m'avait coupé une jambe et que j'étais donc handicapée mais, ce déchaînement de violence m'a coupé la seconde. Et je n'arrive plus à fonctionner correctement.
Il dit, Vincent, que c'est probablement comme un accident. Je m'en remettrai. Qu'il y a toute une réeducation à faire.
J'espère. Parce que si ce n'est pas le cas, je suis dorénavant hors du monde. Juste à côté. Tout cela me rend très malheureuse parce que ce n'est pas ma nature. Comment fait-on quand on a une nature solaire et que la vie vous a appris que vous êtes plus en sécurité dans la nuit ? Est-ce qu'on est condamné à regretter éternellement les après-midis ?
Je n'avais pas réalisé que j'en étais là.
15:40 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.09.2009
Pétition !
En passant, une pétition que vous pouvez signer en vous disant que ça ne vous prend que 2 minutes mais que ça peut changer la vie d'une famille.
Merci d'avance.
http://www.cpe75.org/spip/554-Droit-au-sejour-pour-Yangfa...
14:24 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : resf, enfants
09.09.2009
Un haut le coeur et un soupir de soulagement
Je suis la liste de diffusion de RESF depuis des années. Sans être très impliquée concrétement (Je signe les pétitions évidemment, j'héberge des objets pour les ventes lors des brocantes ou je photocopie, c'est dire si c'est maigre...) je suis toujours attentivement les mails que je peux recevoir.
Cette après-midi, mon sang n'a fait qu'un tour. Je pose une simple question et ce que je craignais se confirme. Les parents arrêtés tous les deux aujourd'hui sont bien ceux d'une copine de mon fils. Un adorable bout de chou de 5 ans suffisamment brillante pour être déjà en CEP. Je propose mon aide. Il est hors de question que mon fils rentre en me disant "??? a disparu". D'autant plus que le matin même en déposant mon fils à l'école, j'ai croisé ??? et ses parents. Ils sont sans papiers. Il faut dire que dans mon quartier, les sans papiers, c'est le sport préféré des flics à défaut de s'occuper de ceux qui foutent, eux, vraiment le bordel...
Spontanément, je prends mon téléphone et je préviens la directrice du centre aéré qui est devenue une copine au fil du temps. J'apprendrais par la suite qu'il faut éviter de faire ce genre de choses. Je commets une erreur en voulant bien faire. Décidément l'enfer est pavé de bonnes intentions. Cette fois-ci, ça n'a aucune incidence.
Quand j'apprends que je n'ai pas fait ce qu'il fallait faire, je décide de partir plus tôt du boulot. Question d'assumer mes responsabilités. Finalement tout se passera bien, nous pouvons récupérer la petite sans difficultés. Son grand frère est chez sa marraine républicaine. RESF a déjà pris le probléme en charge. Un de leurs avocats se bat pour les parents arrêtés. Ce sont des discussions sur ce qu'il convient de faire et le bout de chou est là, au milieu des grands, un peu perdue. Je lui demande si elle comprend ce qui se passe. Elle me dit que oui. Comme c'est une copine de mon fils, je propose de l'emmener à la maison question qu'elle passe une fin de journée à jouer. A cette nouvelle, son visage s'éclaire et elle me dit "Je vais pouvoir jouer avec Charlotte ?" A ma grande surprise, cette gamine de cinq ans est une copine de ma fille ! Nous nous mettons d'accord et j'emmène la petite.
Sur le chemin, elle me demande néanmoins :
"Mes parents sont chez les flics ou pas ?"
Je comprends instantanément que la situation n'est pas claire pour elle. En arrivant à la maison, je vais prendre 5 mn pour lui expliquer les choses en espérant très fort ne pas faire de gaffes !
"Ma chérie, en France, pour y vivre, il faut plein de papiers. Tes parents n'ont pas tous les papiers. Ils n'ont rien fait de mal. C'est juste qu'il faut plein, plein, plein de papiers. Alors là, les policiers, ils demandent tous les papiers. Et comme ils ne les ont pas tous, ben c'est compliqué. TU comprends ? Mais ils n'ont rien fait de mal !"
Elle me sourit. Apparemment, je ne m'en suis pas trop mal sortie.
Elle arrive à la maison, mes enfants qui m'ont croisé à la sortie de l'école (Autant dire du jamais vu) sont surpris mais ne posent aucune question. Ils sont habitués aux situations étranges, ya pas de doutes ! Charlotte la prend en charge. ??? est ravie. J'imagine qu'elle n'est pas consciente totalement de la gravité de la situation et c'est tant mieux.
Finalement, le téléphone sonne rapidement. Les parents sont finalement libérés. Pour l'instant. Je ramène la petite chez elle auprès de son grand frère et d'une personne de RESF.
Tout est bien qui finit bien. Pour le moment.
Car aujourd'hui, j'ai reçu trois mails pour signaler des arrestations par les policiers. Ca n'arrête pas. Et pour la plupart, ces gens travaillent, payent des impôts, se sont mariés parfois ici. Ce pays marche sur la tête. Et pendant ce temps, il y a toujours des enfants en centres de rétention. C'est interdit par la convention internationale des droits de l'enfant.
C'est illégal. Point.
20:04 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sans papiers, resf, abbération
08.09.2009
La bourgeoisie de province...
Soyons clairs, j'en fais partie quelque part. Mais j'ai passé ma vie à essayer de gommer cet aspect de ma personnalité et surtout à la fuir en courant !
Je suis née à Lyon. En terme de bourgeoisie, on peut pas faire mieux. Cependant, ma prestation lyonnaise ne dura qu'une année pour attérir cent kilomètres plus loin. Pire, quoi. Quatorze années. Puis direction l'Ardèche. Pas loin de la ville de mon enfance, autant dire que ça équivalait à la même chose.
Alors, c'est quoi la bourgeoisie de province et en quoi se distingue-t-elle de la parisienne ? La première est résolument conservatrice, autant que la seconde. Sauf que la seconde se noie dans des km2 et que vous pouvez parfaitement l'éviter. Demain, à Paris, vous pouvez parfaitement décider de ne plus voir votre entourage et vous en fabriquer un autre, tout propre, tout neuf. En province ? Mission impossible !
Tant que tout se passe bien et vous rentrez dans le rang, c'est la dolce vita. On va chez les uns, chez les autres. Dès qu'il y a un problème, tout le monde se rue dessus et projette ses frustrations, ses problèmes, ses angoisses. Ça juge. Ça condamne. Ça se fait. Ça se fait pas. Ma première expéreince en la matière, c'était à l'enterrement de ma mère. Exposée au premier rang, devant afficher ma douleur profonde, je devais une prestation à la hauteur des espérances malsaines de la petite ville. Naïvement, je me suis conduite librement. Je n'ai pas pleuré. J'ai consolé mon amie, en larmes. Je me suis levée pour rejoindre mes potes au fond de l'Eglise et je me suis même piquée un fou-rire. Fatale erreur.
Je n'aimais pas ma mère, j'étais une moins que rien, blablabla. J'ai passé l'année et demi qui a suivi a trouvé le moyen de me barrer rapidement de cette prison étouffante. Je l'ai fait. Direction Paris.
J'ai replongé sept années plus tard dans la bourgeoisie bordelaise, cette fois-ci. Une bande de descendants d'anciens esclavagistes protestants. Voilà ce que c'est. Entendons-nous bien. Il existe des gens formidables au sein de la bourgeoisie de province. Mais dès qu'ils sont en groupe, ils sont effrayants. Les bordelais, les hommes en particulier sont des machos de première. Ça épouse des filles bien, ça baise des putes en Espagne. Magnifique... J'ai reçu des francs maçons chez moi, j'ai servi à bouffer à tout la high society de cette putain de ville, je sais de quoi je parle. Ça cancanne. Ça médit. Un sport local. On vomit son ennui dès qu'on peut.
Courage, fuyons... Retour à Paris. Je pourrais être tranquille mais mon mec habitant la province, bien forcée de me taper de manière indirecte ses potes ou son entourage. Ou mes copines qui se sont barrées de Paris, et qui hallucinent sur le comportement de leur entourage de province. Beurk. On oublie trop souvent de signaler aux parisiens en mal de campagne qu'ils vont devoir se taper Mme Vrélard et ses remarques quand ils décident de partir à l'aventure, loin de Paris. Dans le tas, et ce sont les pires, il y a les anciens parisiens convertis à la vie à la mort à la vie de province. C'est un peu comme les convertis sur le tard à une quelconque religion, ils sont hystériques. Encore une fois, il y a des gens bien dans le lot. Des gens mesurés qui ne se jettent pas sur le moindre ragôt. Mais ils sont rares. Le reste ? lls se font tellement chier dans leur univers étriqué qu'il faut bien trouver des occupations.
Pourquoi je m'énerve sur le sujet ? Parce que j'ai ma copine que j'adore est en train de traverser des évènements un peu particuliers. Chaque faux pas est vécu comme un 11 septembre dans une petite ville. Quand elle me raconte, j'ai des envies de terrorisme provincial. Ces petits bourgeois de province, donneurs de leçons, j'ai envie de leur mettre ma main dans la gueule, de leur claquer leur foulard hermès dans la tronche, leur Zadig et Voltaire quand c'est branchouille, ou leur burberry quand on atteint des sommets.
Je les ai en horreur. Plus ça vieillit, plus c'est intolérant. Plus le temps passe, plus ça s'accroche à des principes à la con. Ca se dit bonjour à chaque coin de rue, ça crache à la suivante. Le règne de l'hypocrisie. Alors vous me direz dans un univers aussi restreint, ya que l'hypocrisie qui peut faire tenir tout ce bordel. Je le conçois. Mais bon Dieu ! Que c'est pénible.
En fait, si je réfléchis bien, je n'ai qu'un mot à dire sur le sujet.
J'emmerde la bourgeoisie de province.
20:34 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bourgeoisie, province, mesquinerie, huit clos
27.08.2009
Partagée...
Je suis.
Partagée.
Que faire ?
D'un côté, j'ai un gros blog collectif qu'il faut réouvrir avec aucune envie de faire dans le texte personnel, cette saison. Je manque de motivation. En même temps, ce bébé, je l'ai voulu et il faut bien assumer. J'ai toujours envie d'écrire sur la musique, faire mes interviews. Je commence à connaître du monde, c'est pas le moment de lâcher. Dans l'absolu, si je pouvais trouver un blog ou un site qui publierait mes interviews, ça m'irait assez. En attendant, si je ne veux pas perdre tout ce que j'ai réussi à construire, ben, faut bien faire vivre la machine Voldemag.
Et de l'autre, une folle envie d'écrire un nouveau brouillon de roman. Et pour ça, il me faut du temps, et il me manque cruellement.
Que faire ?
Si je continue Voldemag, je sais que je vais écrire. Peut-être des éditos, des textes d'actu, des textes que je qualifierais de faciles. Mais c'est terriblement chronophage. Et si j'écris des "conneries", je n'aurais peut-être pas l'énergie nécessaire pour un roman.
Merde ! C'est chiant de toujours devoir choisir...
Ou alors, je m'organise à mort. Parce qu'il y a une solution. Ne rien faire d'autre. Mais quand est-ce que je lis ? Quand est-ce que je regarde mes séries ? (En ce moment "Brothers & sisters", une famille de tarés comme je les aime).
Ce que j'ai aimé ce soir, c'est que mon amoureux et moi, nous en avons parlé. Pas de "Brothers & sisters"... Lol ! Non, nous avons parlé de cette histoire d'écriture. Je lui ai dit que j'étais frustrée par ce brouillon de roman qui reste là, en suspens. Il m'aime. C'est évident. Car il m'a dit "Mais reprends le, utilise-le". L'interdit que je m'étais moi-même fixée, il l'a fait sauter. Ceci dit, je crois qu'il faut que j'écrive autre chose avant. J'ai bien une idée. Mais je suis comme les coureurs dans leurs lignes. Crevée à l'avance.
Mais je le sais, il suffit que je m'y colle. Ca va me rendre heureuse. Il faut juste l'impulsion. L'impulsion pré plongeon. Et nager en eaux libres...
20:37 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : choix, liberté, écriture, blog
10.08.2009
J'avoue : je suis en colère
C'est dingue, comme ça m'a fait un bien fou de le dire. Je suis en colère après mon père. Pas une colère ponctuelle. Mais il semblerait que, après avoir fait le tri dans le chapitre "Maman", du coup, tout le champ libre est pour mon paternel. Comme si mes errances "maternelles" étaient l'arbre qui cachait la forêt paternelle.
Mon amoureux me dit qu'il faut que je cesse d'être en analyse psychologique permanente. j'ai 38 ans, peut-être qu'effectivement, il est temps de faire le deuil de ce qui a été, et de ce qui ne sera jamais. Ou de cesser de faire de la branlette intellectuelle ! Pas si simple apparemment, puisque nous avons enchaîné avec une conversation d'une heure sur le sujet. Du côté de mon homme, il a cessé, je crois, de croire au leitmotiv "Je ne suis pas ton père", parce que quelque part, c'est illusoire de penser ça. Tôt ou tard, inconsciemment, nous, nous les filles, réglons des comptes avec Papa à travers nos compagnons.
De mon coté...
Ahem...
Ok, j'ai mis à plat un gros morceau récemment concernant ma mère. Du coup, je suis apte à me pencher sur mon père. Je suis rentrée de vacances en amoureux, comme d'habitude, un peu plus calme que d'habitude, un peu plus apaisée parce que mon homme a cet effet-là sur moi. Il me calme quasi instantanément dès qu'il est près de moi. Depuis quelques temps, j'ai perdu de très mauvaises habitudes. Je ne raccroche plus au nez, je reste apte au dialogue, et de plus en plus, c'est moi qui désarmorce le conflit. Je n'hésite plus à présenter des excuses, à m'expliquer. Bref, je progresse incontestablement. Mais, l'envers du décor, car il y en a un (Toujours...) c'est que certaines attitudes de mon père me pètent à la gueule. Je me désintoxique lentement mais sûrement du conflit, des cris et des colères. Du coup, ce qui y resssemble détonne.
Cette année, ma belle-mère n'était pas très bien. Pour être tout à fait honnête, elle était quasiment chiante. Mon père, étant dans une situation pas très confortable (J'épargne les détails, c'est juste lunaire...), ne dit rien. Parrallèlement à ça, tout le monde dans cette famille, m'a attribué le rôle de chef de famille en gros. C'est moi qui tranche (Maman, si tu m'entends...). Donc, mon père qui est exaspéré, je pense, par ma belle-mère, s'en prend à moi. C'est tellement plus facile... Deux, trois fois, il m'a gueulé dessus, ou pas loin. Alors, je reconnais volontiers que je suis tranchante, parfois irritante, mais ce n'était pas justifié, pour autant. Son attitude, m'a choquée. C'était tellement loin de ce que je pratique depuis quelques temps. En fait, je me suis aperçue, que mise à part mon amoureux actuel, mon rapport aux hommes était implacablement conflictuel. Et il faut bien dire, même si j'adore mon papa, que c'est bel et bien lié à lui. On va pas se raconter d'histoires.
Je suis incapable, à l'heure actuelle, de mettre des mots sur ce qui a pu se passer à une époque avec mon père. Pas de fantasmes, je ne parle pas d'inceste. Mais il y a eu beaucoup de violence, ça c'est certain. J'ai été contre lui pendant de nombreuses années. Et puis, la naissance de Charlotte a apaisé les choses. Je suis tombée dans l'excès inverse. Je suis devenue une vraie fifille à son papa. J'ai espéré et espéré.
Mon père m'aime, je n'ai aucun doute là-dessus. Je suis sûre qu'il parle de moi en termes élogieux. Mais face à moi, rien de tout ça. J'ai le cheveux trop longs ou pas coiffés. Je suis toujours trop. En filigrane, l'étiquette qui m'a collé à la peau : irresponsable, idéaliste, impulsive, petite soeur des pauvres. Cette année, je suis repartie, désemparée. Pleinement consciente que j'avais un problème de fond avec mon père. J'avais envie de couper les ponts avec lui. Et en même temps, dès que je pense à sa mort, je suis terrorisée. Littéralement. L'idée d'être orpheline me tétanise. L'idée que le seul être qui reste, qui m'aime de manière inconditionnelle et qui peut m'aider (Mes enfants n'étant pas dans ce positionnement là, entendons-nous bien) disparaisse me remplit de panique.
Je sais que mon père ne me dira jamais les mots que j'attends. C'est pour ça que j'ai viscéralement besoin que mon mec me les dise souvent. Parce que si j'ai autant besoin d'entendre que je suis jolie, du moins que je plais, que je suis intelligente, gentille, drôle, séduisante, cultivée, charmante, ou dieu seul sait quoi d'autre, c'est parce que j'espère toujours que mon père va avoir le bon goût un jour de me dire que je suis sa fille chérie, jolie, intelligente, etc...
Lors de la fête des pères, j'ai dit à mon père que je n'aurais pas pu espèrer meilleur père pour moi. Au final, je me demande si en filigrane, je n'attendais pas qu'il m'en dise autant à mon sujet.
Mes angoisses que génèrent chez moi, les êtres de sexe masculin ne sont que le reflet de ce que j'ai pu constater comme comportement chez celui qui m'a conçu. Ce que j'attends d'eux, n'est que le reflet de ce que j'attends de lui. Et qui ne viendra jamais. Parce que trop vieux, parce qu'une autre génération. Parce qu'il ne se doute pas de ce qui se passe dans ma tête.
Reste que j'ai du évoluer. Car mon choix s'est porté sur un homme d'une autre trempe. J'ai recrée le schéma de ma liaison passionnelle avec mon père avec tous les hommes qui ont pu se succéder. Sauf lui. Sauf celui qui m'aime aujourd'hui. Il va prendre du temps pour m'expliquer. M'expliquer que je cherche la merde avec lui parce que je n'ai pas eu "le cran" de le faire avec mon père. Parce que l'idée qu'il ne m'aime plus m'est insupportable. Alors, je m'en prends à celui qui m'a choisi. Et lui, va prendre du recul. Il ne tombe dans quasi aucun piège que je peux tendre.
Surtout.
Surtout je suis capable aujourd'hui de l'entendre. Je ne suis plus un taureau qui voit rouge. Je suis capable d'écouter et d'envisager qu'il a raison. Pour que 10mn plus tard, je tombe dans l'évidence. Bien sûr que c'est après mon père que j'en ai.
Bordel ! En finit-on jamais avec ces conneries ?! C'est sans fin ou quoi ?!
20:30 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : père, papa, colère, complexe d'oedipe
18.07.2009
De la culpabilité (2)
La suite de cette conversation fut très enrichissante. Nous en sommes arrivés encore au sujet premier : ma mère. Encore et encore. Et il est fort probable que je retourne chez le psy remettre les mains dans le cambouis. Je ne peux changer les réactions des autres. C'est donc mon attitude que je dois modifier. Et pour cela, il faut revenir aux origines du mal.
Je suis née 13 et 12 ans après mes soeurs. On ne peut pas donc dire que mes parents se sont précipités pour faire la petite troisième. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Je suis une enfant de réparation ou de colmatage. La version officielle dit que toute la famille voulait un bébé et que ça faisait plaisir à tout le monde. Vous noterez le côté "gadget" ! Sauf que ce n'est pas si simple que ça évidemment. Je suis née, comme par hasard, à leur retour en France après avoir passé 15 années à Madagascar. Je suis née à un moment difficile pour tous. Mon père devait recommencer à zéro professionnellement, ma mère ne travaillait plus et avait perdu un train de vie, un rythme auquel elle tenait beaucoup, plus ses amis. Quant à mes soeurs, c'était le choc de la métropole. Alors, non, tout le monde n'allait pas très bien. Je pense que je suis née pour redonner une dynamique familiale, colmater les brèches. Genre de ciment. La naissance des enfants remplit toujours une fonction. Ca ne veut pas dire que c'est mal. C'est juste qu'il ne faut pas se raconter d'histoires. Et ça peut être très positif.
La seconde chose, c'est que ma mère a toujours dit qu'elle ne vieillirait pas et qu'elle mourrait, ou qu'elle pourrait mourir quand sa DERNIERE fille aurait 16 ans. C'était tout ce qu'il y a de plus officiel. Vous remarquerez que ma soeur aînée avait 13 ans.... on s'approchait dangereusement de l'échéance, non ? Tout cela n'était évidemment pas conscient de la part de Maman, et elle n'a jamais voulu me faire de mal. C'est navrant, parce que je crois que si elle avait eu la moindre idée des dégâts, elle aurait couru chez un psy ! Être parent, c'est terrible, car vous fabriquez vous-même le lit des névroses de vos enfants la plupart du temps. C'est pour ça que c'est pas mal de consulter. Pour prendre du recul. Bref, en caricaturant les choses, je suis née pour prolonger la vie de ma mère. Il y avait un sens à ma naissance et par extrapolation à ma vie.
Sauf.
Sauf que je grandis. Et le fait que je grandisse est synonyme de mort. En tout cas, c'est ainsi que ca s'est posé dans ma petite tête. Maman s'est détournée de moi vers l'âge de 7 ans. Elle s'est passionément occupée de sa petite fille. Elle m'aimait, je n'ai aucun doute là-dessus mais je grandissais. Plus tard, elle m'écrira un mot, le seul que j'ai eu de sa part. Un mot qui en dit long : "À mon petit poussin, devenu un poulet au vinaigre". Quand la pédopsy de mes enfants me l'a décortiqué, j'en suis restée estomaquée. Car c'était toujours quelque part mal de grandir. Je n'étais ni une poule ni un coq, mais un poulet, par définition asexué, et en plus vinaigré, c'est à dire, âcre, amer. Décortiquons : le synonyme de "vinaigrer" est "assaisonner ". Les synonymes d' "assaisonner" sont : accommoder, agrémenter, ailler, ajouter, apprêter, aromatiser, arranger, battre, condimenter, donner du piquant, épicer, étriller, invectiver, pimenter, poivrer, préparer, rehausser, relever, réprimander, rudoyer, safraner, saler, vinaigrer. J'ai toujours adoré couper les cheveux en quatre! Mais on peut tourner les choses dans le sens que l'on veut, il n'y avait rien de positif dans ce mot. Celui-ci avait été demandé par moi. J'avais réclamé un mot de Maman pour mon carnet de "dédicaces" à l'école... Et voilà ce que j'ai eu. Et ce qui est resté.
Je grandissais, et inconsciemment je savais que je rapprochais chaque jour un peu plus ma mère de la fin. Ce n'était pas particulièrement épanouissant. J'avais 14 ans. Mon père est parti travailler à Marseille. Ca n'allait pas très fort entre mes parents. Papa couchait probablement avec sa meilleure amie. Et oui... Il me l'a avoué puis toujours nié, mais toujours est-il que la meilleure amie de ma mère débarquait à la maison trois mois après la mort de Maman. C'est peut-être pour ça que j'ai toujours été indulgente avec ce genre d'histoires. Car je ne l'ai pas mal vécu. Non, j'étais même plutôt contente que ce soit elle. Elle était cool, intelligente et elle s'occupait de mon père. Et je m'aperçois en écrivant qu'en fait, il est fort probable que je rejoue la scène. Mon Dieu ! Nous sommes bien peu de choses ! Et je ne m'en aperçois que maintenant...
Bref, j'y reviendrai.
J'ai 14 ans et mon père n'est plus là quotidiennement. Il va s'écouler une année très étrange. Je sens de tout mon coeur, de tout mon être que Maman ne va pas bien. J'ai des flash et tout ce qu'il en ressort, c'est une immense tristesse, un mal de vivre et des comportements plus que bizarres. Même si je ne le formalise pas clairement, je sais que Maman est malade. Je ne dis rien. Par peur. Parce que je pense qu'on ne va pas me croire. Parce qu'on ne m'écoute pas aussi... Je vais m'en vouloir pendant des années. Même si je sais que sa tumeur était inopérable, parce que placée derrière le cervelet, même si je sais qu'il n'y avait rien à faire, je m'en suis terriblement voulue. C'est pour cela que je vais passer le reste de ma vie à ouvrir ma grande gueule et à parler trop directement aux gens. J'ai tenté tout le long de ma vie de rattraper cette faute qui n'en est pas une. Je suis coupable de non assistance à personne en danger en permanence.
J'ai 15 ans. Maman est officiellement malade. Il reste un an avant la date fatidique. J'ai assassiné ma mère en grandissant. Tu mourras quand j'aurais 16 ans. Alors, je l'enterre au plus vite. Le poids de la faute est écrasant. Et dès lors que j'apprends le diagnostic, je la déclare décédée et je fuis le fantôme installé dans ma maison. Je ne vais pas être à la hauteur. Je sais... j'avais 15 ans et je réagissais comme je pouvais. Mais je n'ai pas assuré un quart de seconde. Jusqu'au point d'orgue, cette scène terrible dans le salon. Elle est là, elle, amaigrie, plus de cheveux, plus de sourcils, gonflée par la cortisone, les médicaments, l'ombre de celle qui fut ma mère adorée, belle et charismatique. Je suis là les bras ballants. Je l'aime. Je la déteste. "Je sais bien que je te dégoûte !".
Oui. C'est vrai. Nous nous sommes détestées toutes les deux. Je la faisais mourir. Le temps et moi, nous étions assassins. Et elle me privait du sens de mon existence. Je n'avais pas réussi en naissant à maintenir ma mère en vie. Alors à quoi bon ? Tout cela était bien évidemment inconscient.
Elle est morte. Dès lors, j'entame une longue période d'autodestruction. Je n'avais pas le courage de me foutre en l'air, lâche que j'étais. J'ai procédé autrement. j'étais un zombie comme dit mon amoureux. J'avais une fonction, ma mère en partant me l'a retiré. J'ai flirté avec des envies de suicide pendant de longues années. Incapable de construire, j'ai erré.
Ma mère est née un 15 mai. Le 14 mai 2003, soit seize ans après sa mort et symboliquement 24h après sa naissance (Et par pitié, qu'on ne me dise pas que c'est le hasard), je suis partie. J'ai pris mes enfants sous le bras. Et j'ai commencé à construire. Mais ce n'était pas suffisant.
Il fallait régler la névrose familiale... Il y a le drame avec ma soeur. Tout ce qui n'avait pas explosé à la mort de Maman, a éclaté. Et j'ai fait ce que je pensais qu'on attendait de moi, en fait. J'ai voulu mourir. J'ai fait une tentative de suicide. J'ai attendu 16 ans comme une seconde naissance. J'ai survécu. Et je me suis appropriée ma vie. Je suis née parce que je le voulais. Et j'ai commencé à vivre. Je n'avais fait que survivre, un peu morte vivante pendant 16 ans. C'était ma façon de payer, je pense.
Et il est curieux de constater que j'ai révécu la scène avec le fait de tomber amoureuse de l'ex-mari d'une amie. Parce que quand Ninou était à la maison, c'était le seul moment où ça allait à la maison. Ca me rendait heureuse. Inconsciemment, je me rapprochais de ce qui m'avait fait du bien. Maman n'était plus là. Morte. Ninou était bien vivante. Qu'est-ce qu'inconsciemment j'ai mis là-dedans ? Je n'en sais trop rien. C'est encore trop flou, je m'en suis aperçue en écrivant ce texte.
Pendant des années, j'ai pensé que j'avais volé la vie de ma maman. (Au passage, le fait que l'ex de mon mec estime que je lui ai volé sa vie, est encore un "je rejoue la scène". Sauf que cette fois-ci, non. Je n'ai volé la vie de personne, elle n'a pas réussi à me convaincre de cela, ma vie est légitime). Bref. Que c'était Maman qui aurait du rester. Je me suis sentie coupable et j'ai passé mon temps à essayer de réparer à travers d'autres vies. Le point d'orgue étant ma tentative de suicide qui voulait dire "J'ai échoué, j'ai payé pendant 16 années, un an après cette fois-ci, je m'en vais". J'ai réussi à donner un autre sens à ma vie. Mon sens. Et je ne me devais plus d'être à la hauteur des espérances des autres. J'ai chuté par mon histoire avec mon mec. Et j'ai survécu.
Tout ça pour dire, que la culpabilité est ce qui me gouverne mais que plus le temps passe, plus je la tiens à distance. Quand j'en ai discuté avec mon amoureux, il m'a tenu des propos incroyables. Enfin... non, mais disons qu'il prenait le temps de reconnaître que ce qu"on" m'avait fait avait été traumatisant, et terriblement destructeur. Même si Maman n'a jamais voulu me faire de mal, je le sais. Elle m'aimait. Je pense que si Papa a été autant "en colère" après moi après sa mort, c'est parce inconsciemment, il m'accusait lui aussi d'avoir grandi. S'il s'agit d'un malentendu, mon père va le prolonger puisque d'une part, j'ai le souvenir qu'il va m'accuser d'être responsable de la mort de sa femme. Est-ce imaginé ou réel, je ne sais. Et par ailleurs, Papa va "tenter" de me tuer à deux reprises. En tout cas, il m'a menacé de la faire. Une fois avec un flingue, une autre en évoquant l'idée de me jeter par-dessus bord. Je suis sur un pont avec lui avec vue directe sur les remous du Rhône... Tout se rejoignait, j'étais bel et bien censée mourir...Ma soeur aînée n'avait pas eu le temps de faire payer à notre mère, c'est à moi qu'elle présentera l'addition. Seule ma soeur cadette a eu une attitude saine, je crois. Et peut-être inconsciemment, si elle m'aime autant, c'est que je suis aussi ce qui lui reste de Maman.
La vie de Maman et la mienne se sont confondues longtemps. Mais je crois, qu'avec ce texte, nous venons de nous séparer.
Définitivement...
10:01 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : culpabilité, enfance, mère, maman, enfant, névrose
17.07.2009
De la culpabilité (1)
Très curieux. Suite à un évènement, nous avons eu une longue conversation avec mon amoureux. Ça le fascine assez depuis le temps, mais il constate très régulièrement que des gens qui m'ont adoré me poursuivent de leur haine et de leur rancune.
Dernier exemple en date, un mec avec qui j'ai été pendant une semaine il y a 15 ans, qui apparemment devait être très accro à l'époque (C'est pas moi qui le dis, c'est un pote commun) et qui a mis 10 ans quasiment pour me reparler. Bref, ce type qui a refait sa vie depuis (Oh, ça va on peut rigoler) m'a invité à sa fête de déménagement. Je vous la fais courte mais je suis restée coinçée dans l'ascenseur avec mon mec. La porte de ce foutu ascenseur étant fermée aux trois quart, il a poussé la porte. J'ai bien dit "pousser". Eh bien, je m'en suis pris plein la gueule. Car j'ai défoncé exprès la porte de son ascenseur. Je l'ai pris pour un con, et j'ai massacré sa porte d'ascenseur trois jours avant son déménagement, uniquement dans le but de le faire chier. C'était absolument lunaire. Ce que je veux dire par là, c'est que sa réaction était tellement disproportionnée que ça n'avait rien à voir avec le fait initial. Et c'est ce fameux pote qui a dit "Te casse pas, ça se rajoute à ton passif".
Bon...
Autre évènement. Un pote avec qui je n'ai plus de contact, car je suis fâchée avec sa femme, est en colère après moi parce que j'aurais dit du mal d'eux dans un mail. Le hic, c'est que je ne l'ai pas fait. Sérieux, en plus j'ai vérifié sur ma boîte mail. Peut-être une phrase maladroite. Un mot ambigu. Je ne sais. Ben non.
À ces deux évènements, j'ai fini par répondre de la même manière. Des copains, morts de rire, m'ont contacté pour me dire qu'ils savaient que j'avais défoncé un ascenseur. J'ai fini par demander de quoi ils parlaient. Inutile de tenter de m'expliquer, c'est perdu d'avance. Pareil pour les horreurs que j'aurais soi disant balancé. J'ai même failli en rajouter en précisant que j'avais dit que lui, était un partouzeur, et elle une fille de collabos. Je plaisante évidemment, ils ne sont rien de tout ça, mais au bout d'un moment quand on vous accuse de trucs irréels, vous finissez par mourir d'envie de fournir une bonne putain de raison.
J'ai été dans ma vie responsable par la seule force de ma pensée, d'un divorce, d'un vol de vie, d'un ascenseur mutilé, d'un alcoolisme caractérisé, de la mort de ma mère, d'une dictature virtuelle, de 100 000 francs dépensés, d'une amitié brisée, d'un départ en Afrique (Je caricature) etc, etc
On me fait dire n'importe quoi, on me fait faire n'importe quoi, on m'impute du très grand n'importe quoi.
Je suis surpuissante. Je finis par me dire que j'ai tous les inconvénients de la célébrité... sans être célèbre, ce qui, vous en conviendrez, est assez balôt.
Je rigole mais j'ai fini par comprendre que je suis de celles à qui on ne pardonne pas. Quelques personnes sont indulgentes mais très peu. Je commence à les compter sur les doigts d'une main. Je ne suis ni pire ni meilleure qu'une autre. Mais je constate qu'à maintes reprises, des gens que j'ai soutenu, aidé, défendu envers et contre tout, ont tenté de me démolir et continuent encore.Par exemple, ce type de l'ascenseur. Un jour sa copine l'a largué. J'ai pris du temps, j'ai discuté avec lui, l'ai rassuré car je savais qu'elle reviendrait. Je me suis même inquiétée. Je l'ai vu en position de faiblesse, ça faisait deux fois. Une de trop ?
Mon amoureux me dit qu'il y a quelque chose en moi qui sert de révélateur aux autres. Quelque chose de très dérangeant contre lequel je ne peux pas faire grand chose. Quelque chose que je dégage et qu'il est fort probable que je continue à m'en prendre plein la gueule régulièrement. Mais il y a une chose que je peux changer d'après lui. C'est le fait de me sentir coupable d'entrée de jeu. Si quelqu'un me reproche quelque chose, je vais automatiquement tenter d'appréhender ses raisons. Et me demander s'il n'a pas raison. Parfois, c'est valable, d'autres fois, non. Par ex, cette histoire d'ascenseur. Je me sentais hyper emmerdée. Je savais qu'il déménageait. Et parce que j'étais emmerdée, je me suis sentie coupable. Sauf que ce n'est pas de ma faute si la porte a lâché dans cette histoire. D'autant plus que ce n'est même pas moi qui l'ai fait. Mais je me suis sentie coupable. Et l'autre crétin en a profité. Je lui ai déroulé sur un tapis rouge une autoroute de culpabilité. Et il s'est engouffré dedans.
Parce que je tente toujours de comprendre les gens même dans leurs pires attitudes, ils doivent s'attendre aussi à ce que je leur pardonne quand ils m'en foutent plein la tronche. Et surtout, je suis en général le témoin gênant de leurs erreurs, de leurs failles et du côté sombre de leur personnalité. On me parle beaucoup. On se confie très facilement à moi. Et dès que la situation change, on me plante un couteau dans le dos, question de supprimer les preuves. Je caricature, évidemment, mais il y a de ça.
Cette conversation était passionnante. Cette conversation avec lui. J'ai beaucoup appris. Mais c'est surtout la suite qui fut intéressante. J'y reviendrais un autre jour.
21:43 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pardon, rancoeur, rancune
02.07.2009
Un beau paradoxe
Non mais là, on atteint des sommets.
Alors, je vais arrêter de faire des sous entendus. En gros, l'ex de mon amoureux a couché avec un de mes potes (Elle a rien trouvé de mieux que de le dire...) et ce pote a trouvé très brillant de filer un ancien lien concernant mon brouillon de bouquin sur mon ancien blog. Manuscrit dépublié en mis en brouillon dans l'administration. Bref...
Bon.. là... phase drame pour changer. L'ex (on va l'appeler l'ex, c'est mieux) est devenue dingue, et vas-y que je te fais un drame alors qu'on s'achemine doucement vers quatre années de séparation. J'vous jure, yen a qui ont la patate. Et que je trouve rien de mieux que de scanner les lettres d'amour de, ha ben oui de SON ex et de MON amoureux (j'aime bien être une peste de temps en temps) et de me les envoyer. Pathétique. Je ne les ai pas lu. Parce que mon mec me l'a demandé. Pour me protéger. Et je l'ai fait en direct avec lui au téléphone.
Retour aux agitations de l'ex. On change pas une équipe qui gagne, un traditionnel "retourne dans le vide d'où tu viens", mantra initié il y a des années mais qui, force est de le constater, ne fonctionne pas. Ca forcerait presque le respect autant d'énergie.. à ne rien faire.
Et là où ca devient intéressant, c'est que cette...
Nan ! L'ex, donc, s'enfonçant inéxorablement dans... le vide... a imprimé mon brouillon de roman et le fait circuler. Si je me suis agacée au départ, j'en ai très vite rigolé.
Je suis dans un paradoxe. Mon premier vrai public, ce sont les copines de celle qui me souhaite le pire (dixit, hein ?! J'invente rien. Le pire étant une notion floue, ça peut aller, j'imagine, de "la mort de mes enfants" à "un cancer généralisé avec d'atroces souffrances que je souhaiterai mourir tellement ça fait mal". On ne sait pas.)
J'ai un public. C'est dingue, non ?! Le problème dans tout ça, c'est que je l'aime bien ce manuscrit. Et, désolée, non, ça ne me dérange pas qu'il soit lu. (Sous réserve du protection du droit d'auteur). C'est mon histoire sans être mon histoire. Elle est belle.
Je suis contente que "ma version" romancée des choses soit accessible. Je suis encore avec lui. Nous sommes amoureux.
Et si le fait d'aimer éperdument mon mec comme je l'aime, ça amène un être humain à me souhaiter le pire... Eh bien, je prends. L' histoire que je vis avec lui en vaut largement la peine.
Tomber amoureux n'est pas un crime.
00:56 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : débile mentale, paradoxe, pathétique
21.01.2009
L'explication de la démarche du roman...
Ceci est une note importante. Car, elle a été à la base de ma démarche.
source : les inrocks n° 643 écrit par Jean -Max Colard
"Hélas, je me suis crue aimée"
La littérature occidentale est pleine de femmes abandonnées, d'amantes éconduites, tragiquement livrées à la douleur de la séparation amoureuse. Depuis nos héroïnes antiques, telle Ariane délaissée par Thesée sur l'ile de Naxos, telles Didon, Hermione, Phèdre, Bérénice, et jusqu'à la figure passionnée de la Présidente de Tourvel dans "les liaisons dangereuses", séduite et aussitôt quittée par le libertin Valmont sur un mot cinglant comme un coup d'épée : "Je t'ai prise avec plaisir, je te quitte sans regrets"
A ce long cortège d'amantes éplorées, l'artiste Sophie Calle oppose aujourd'hui une tout autre figure de "femme rompue" et propose, à l'issue de sa dernière séparation amoureuse, une méthode différente de celle qui consiste à s'adonne à la douleur : la thérapie de groupe : Un choeur de femmes, une vengeance collective contre un mail de rupture, envoyé par un de ses amants, qu'elle est allée faire commenter par cent-sept femmes, actrices, historiennes, philosophes, chanteuses ou criminologues. Histoire d'épuiser la lettre, de la mettre à distance.
Rupture : mode d'emploi.
Sophie Calle a commencé par interroger des femmes sur la façon dont l'homme qu'elles aimaient, était parti. Et puis " en racontant leur propre histoire, ces femmes commençaient déjà à analyser la lettre que j'avais reçue, elles la comparaient à ce qu'elles mêmes avaient vécu, et je me suis aperçue que ces analyses étaient passionnantes. L'idée de demander à ces femmes de commener la lettre, d'y répondre pour moi est née comme ça."
"Oui, bien sur, c'est une vengeance. D'abord contre la situation. C'est une manière de me relever. Mais aussi contre l'homme qui a écrit : il peut en être heurté, parce qu'il se dit des choses sur son compte au travers de toutes ces analyses textuelles mais il ne peut pas y être insensible. Quand il m'a larguée, c'est moi qui étais faible, c'est moi qui étais amoureuse. C'est une vengeance en ce sens, pour lui montrer que je ne suis pas aussi fragile, que je peux vivre sans lui"
26 mars 2008 - 08 juin 2008
site Richelieu / Salle Labrouste
Sophie Calle, artiste plasticienne, photographe, écrivaine et réalisatrice française fait, depuis plus de trente ans, de sa vie, notamment des moments les plus intimes, son œuvre, en utilisant tous les supports possibles : livres, photos, vidéos, films, performances..., inventant des procédés pour raconter sa vie, et finalement aussi celle des autres. Sophie Calle dévoile, entre performances et romans, une démarche narrative où se mêlent fétichisme, représentation et voyeurisme. Le Centre Pompidou lui rend hommage en lui consacrant une rétrospective en 2003. En 2007, elle publie Prenez soin de vous, un roman construit autour d'une lettre de rupture, dont elle est la destinataire. Sophie Calle a demandé à 107 femmes d'interpréter ce court texte. « J'ai reçu un mail de rupture. Je n'ai pas su répondre. C'était comme s'il ne m'était pas destiné. Il se terminait par ces mots : Prenez soin de vous. J'ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J'ai demandé à cent sept femmes - dont une à plumes et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent, d'interpréter la lettre sous un angle professionnel. L'analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer, l'épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi. » Présentée à la Biennale de Venise 2007, l'œuvre fait l'objet d'un bel ouvrage édité par Actes Sud dans lequel se succédent photographies, textes, interventions ainsi que performances et clips dans les quatre DVD qui l'accompagnent.
11:06 Publié dans Notes réactionnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sophie calle, écriture, livre, compréhension, disséquer




