08.11.2009

Let's spöka about music : OKOU

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Les interviews subjectives reviennent avec Okou. Subjectives car je ne retranscris pas les propos mais mes impressions qui ne valent pas grand chose ;)

Interviewer Okou, Tatiana & Gil, c'est avant tout faire une rencontre. Une unité. Deux caractères bien affirmés en fusion.  Un homme et une femme beaux comme des dieux et classes comme j'ai rarement vu. Mais c'est surtout leur sérénité apparente qui m'a séduite. Leur énergie. Eux qui en raffolent tellement : "C'est une musique faite à la maison, dans l'énergie de ce que nous vivons dans le moment présent". "Nous essayons de servir les chansons, qui sont des énergies qui nous traversent. Ce sont des entités que nous essayons d'accueillir du mieux que nous pouvons". Deux chamans des villes en pleine évolution.


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"Serpentine" un titre compréhensible en français et en anglais. C'était important pour Tatiana. SERPENTER : aller, décrire des méandres, glisser, onduler, ramper, s'infiltrer, s'insinuer, se couler, se dérouler, se faufiler, se frayer un chemin, se glisser, se tordre, sinuer, tourner, tournoyer, virer, zigzaguer.

Serpenter de la Nouvelle Orléans, en passant par le Mississippi, de la country au blues, des touches de funk, Bessie Smith comme un clin d'oeil, poésie cinématographique en forme de chansons. Serpenter comme une manipulation tout en douceur, inconsciente. Je n'ai pas réalisé à la première écoute. C'est à la troisième où je me suis dit "Mais ces deux-là m'ont manipulée et ont réussi à me faire gagner des rivages qui auraient pu m'ennuyer en temps normal. Alors que là, c'est un succès. Mieux. Une évidence."

Un album ying yang, aux paroles très féminines, à la musique et arrangements masculins. Un petit miracle en équilibre. Virilité et sensualité. Apreté des instruments, grâce de la voix, on ondule d'un sentiment à l'autre. Comme les chansons, loin d'être construites de manière classique : couplet/refrain/couplet/ refrain. Non. On se balade le long d'un sentier, musical, on le quitte pour déambuler dans des chemins de traverse qui apparaissent au détour d'une note. Serpenter.

Je leur en parle, ils me répondent d'une seule voix : le plaisir. Il n'a jamais été question d'une démonstration de force mais de délectation. Plus d'épicurisme que de technique. Tant mieux si ça marchait. Ça ne changeait rien au fait qu'ils souhaitaient avant tout se réjouir ensemble. Cet acte de partage démarre il y a trois ans lors d'une rencontre. Berlin pour l'un, Paris pour l'autre. Des mails et des week-ends. Une aventure inscrite dans notre époque, où les frontières et les séparations ne sont plus si palpables.

Il y a eu beaucoup de chansons d'écrites, il n'en reste que quatorze. Une première cession d'enregistrement organisée avec des musiciens de studio, brillants certes mais cette drôle d'énergie qui ressemble à l'harmonie ne fonctionne pas. Comme dit Tatiana "L'impalpable avant le palpable". Alors une seconde. Et la magie opère. Tatiana & Gil, à ce sujet, s'inclinent devant ceux qui les ont accompagnés, des musiciens au parcours exemplaire. Humbles avant tout, ils se sentent incroyablement chanceux d'avoir pu rassembler tous ces êtres humains incroyables. Car il est toujours plus question de rencontres que de calcul avec eux.

D'ailleurs, il n'y a aucune concession faite à la politique musicale actuelle. Les instruments utilisés sont limite has been : accordéon, banjo, violoncelle... Gil a fait du "détournement" une spécialité. Terroriste du genre (;)), il attrape un instrument et le mène dans des contrées lointaines. Toujours se faufiler là où on ne l'attend pas. Serpenter... L'accordéon dans le blues, le banjo dans du presque funk. Tatiana me répondra par un juste retour aux sources. Ces instruments si blancs dans notre imaginaire collectif sont à l'origine africains par exemple. L'accordéon existe en Inde sous une autre forme. Comme une forme de justice à leurs origines diverses.

Une vraie pudeur aussi. Même la douleur doit être légère. "Une rivière sans sommeil", sans tourbillons, à peine la trace d'un ricochet. Tatiana a une voix imposante, magnifique, elle ne fait jamais de démonstration de force. Leurs chansons sont courtes par rapport à la norme actuelle. Ne pas s'étaler, ne pas se répandre, toujours cette pudeur respectueuse. Less is more... et toujours serpenter.


 

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Une maison tout en rondeurs et en dédales nommée "Serpentine". Ils m'ouvrent la porte de chez eux, en démarrant avec un blues de facture classique qui m'entraîne vers une country digeste (Serpentine). Je les suis, curieuse, le long d'un couloir vaguement mélancolique où des photos d'une jeune jongleuse sont installées au mur. Une scène très esthétique aperçue à Paris. La jolie jongleuse sexy joue avec le feu, gracieuse même en proie aux regards concupiscents des hommes et ceux, jaloux des femmes (Fire juggler). Je m'échappe du couloir, bienvenue dans le salon, clair et plus funky où il est question de rupture, où je m'incline face à l'éphèmère. Rien ne dure jamais et quand tout vous échappe, c'est pour de bon (To the bone).

Je me faufile dans la verrière où Tatiana me parle d'elle avec une certaine distance. Il y a un peu d'elle dans les paroles des chansons mais toujours pudique, il y a une distance permanente. La lumière du soleil de certains dimanche après-midis entre langueur et vague à l'âme m'apaise et me parle de résurrection.(Evening sun, ma préférée)

Ne pas se laisser aller. Souvenir presque en fanfare d'un accident de voiture. J'esquisse quelques pas de danse, du foxtrot comme un clin d'oeil aux années 20 que Gil aime, je crois. Sur le tapis du salon, saluer la mémoire d'un ange qui a rattrapé un être humain en train de tomber. Je l'ai vu comme une réponse à "Waiting for an angel" de Ben Harper, son style planant sur cet album. Coïncidence. "Picked me up" est la cinquième chanson de l'album comme "Waiting for an angel"... On en rit avec Tatiana & Gil, car cette chanson ne devait pas être à cette place. Pour un peu l'illusion d'une certaine complicité me gagnerait. Mais ils serpentent...

Je me fraie un chemin jusqu'à la cuisine pour me servir un café. Je regarde par la fenêtre. "Bloodstranger" résonne. C'est la chanson la plus orchestrée, comme une concession faite à la parade. Les violons accomplissent leur ouvrage, maître d'oeuvre de l'émotion. La chanson pour les radios que l'on écoute le matin dans sa cuisine. Tellement jolie.

"Eye for an eye" est une douche froide. Rupture musicale totale. C'est âpre, presque agressif. Tatiana me chante "All in a motion without a notion". Etre éveillé et conscient que l'on est perpétuellement en mouvement sans rien maîtriser. Les méandres. Texte et musique en parfaite harmonie dans la hargne. Presque. Gil me berce à nouveau avec "Evolution", une chanson à la Norah Jones. A peine terminée, il m'entraîne dans son antre, "Tired feet" me replonge je crois dans leur véritable univers. Les instruments et la voix se répondent dans un dialogue changeant. Et Gil sourit.

J'ai la sensation de me faire tirailler par des émotions différentes que seul Okou dirige et dont je ne suis pas évidemment maître.  Serpenter d'un sentiment à l'autre. C'est Tatiana qui m'emmène dans sa chambre. Un écran géant. Un des premiers clips, tourné dans les années 20 y est diffusé **. Tout est noir et blanc. Bessie Smith est assise par terre. Ce n'est plus une chanson. "Bessie" n'en est pas une. C'est de la poésie cinématographique musicale. Je ne peux rien dire d'autre. Il faut l'écouter. Il y a du "Down by law" ou du "Dead man" là-dedans. (Jim Jarmush) et "Moonspell blues" confirme.

Retour dans le salon. Tatiana est assise dans le canapé, et Gil joue de la guitare. Ils m'offrent une pause avec "Dusty Ground", un morceau beaucoup plus accessible, comme une respiration nécessaire quand le climat se fait trop oppressant. Mais "A l'aurore" me reconduit vers la grâce et la poésie, un univers qui leur est peut-être plus naturel que les autres. Cette chanson est véritablement mise en scène grâce au texte et l'intervention d'une multitude d'instruments.

Je suis au bord de partir, de quitter la maison si chaleureuse d'Okou. "Oh Papa". Une chanson de sentiments contradictoires. Quand une certaine violence a fait place à l'amour. Quand on a pas toujours eu le temps de dire certaines choses. La relation entre une fille et un père peut être tant passionnelle, j'en sais quelque chose. L'apaisement ne se trouve que dans le pardon. Et c'est un morceau parfait pour se dire au revoir.

J'ai passé un moment réjouissant dans l'univers de Tatiana & Gil. La demeure d'une poétesse altière et d'un musicien un peu sauvage. Deux êtres un peu en dehors de ce monde pour qui tout trouve son sens dans le partage. Acheter l'album, c'est beaucoup plus qu'acheter de la musique. C'est acheter une certaine attitude, faite de simplicité, d'harmonie et d'humilité, avec la croyance qu'il est plus question d'énergie en ce bas monde qu'autre chose...

OKOU Album éponyme

sortie digitale 26 octobre 2009

sortie classique janvier 2010.

http://www.myspace.com/okoumusic

 

 




**LE CLIP AVEC BESSIE SMITH




10.06.2009

Les interviews subjectives : PacoVolume

 

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Des carrés, des ronds, de la musique, des icônes, de la fantaisie, de l'ordre, et du désordre, de la sensibilité, des vestes militaires, des mecs perturbés, et des filles qui vieillissent : le théorème de PacoVolume.

Je continue les interviews subjectives avec lui. La rencontre se fait dans "the new place to be", l'hôtel particulier, rue Junot dans le 18ème. Un bel hôtel niché dans un havre de verdure.

C'est sa première journée de promo. Ses rires sont clairs, ses sourires gênés ou ironiques, ses propos francs et sincères. Il est installé dans le jardin, détendu & souriant. Il fait l'effet d'être idem à la vie comme à la scène. Je le rejoins avec ma petite idée toute faite. Il me regarde et la démonte tranquillement. Un échange riche, naturel et drôle. Et le malentendu va se dissiper à la première minute. Je parle de concept global : nom d'artiste, biographie délirante sur son myspace, pochette d'album, clip, quelque chose de très sophistiqué. Carré. PacoVolume, lui, me dit qu'il est arrivé avec sa musique. Juste sa musique. Son nom, c'est juste deux mots jetés sur un myspace crée deux ans auparavant. Un surnom et un mot sur lequel ses yeux se sont posés. Pas plus. Pas moins. Ce qu'il voulait, c'était partager ce qu'il composait avant tout. Au final, j'ai envie de lui dire, maintenant que je l'ai rencontré, que le terme "Volume" va bien avec son sens de la géométrie. Et Paco pour sa fantaisie toute latine.

Oui, c'est un fantaisiste qui court après le rationnel. Une certaine organisation. Tout le long de la conversation, il tiendra à répondre précisément à toutes mes questions, mais partira quand même dans des digressions. Et me regardera, vaguement taquin en me disant "C'était quoi la question, déjà ?"... C'est un rond aspirant au carré. Il n'aime pas ça, d'ailleurs, dans notre société, cette manie du rond: les voitures, les objets, les gens aussi. Lui qui n'aime que les angles à vif. Les contrastes. Cela se retrouve dans sa musique : grand sens de la mélodie, joli cercle de notes, et des arrangements exacerbés, pointus.

 

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Il fonctionne seul normalement. Il compose, et joue quasi de tous les instruments. Il précise "Pas comme Bach, hein ?!", soucieux de dissiper un malentendu qui pourrait s'installer. N'empêche. Il aime les choses qui traversent leur époque. Son album, il aimerait bien qu'il tende du côté des grands crus classés. Comme un bon vin qui vieillirait bien. Après tout, PacoVolume était dans une autre vie 5e meilleur dégustateur de vin en France. Ouais. Rien que ça. Entre deux tours de musique. Si l'EP qui m'amène à le rencontrer est composé de cinq chansons, seules deux survivront dans l'album. Les trois autres aux arrangements plus électro, ont posé la problématique du temps. "Des chutes de luxe" dit-il. Le son "électro" se date facilement. Un peu comme le beaujolais. Et ses envies avaient changé. Il désirait un album de garde. Il s'est tourné vers un style beaucoup plus pop rock du coup. S'est trouvé une caution en la personne de François Chevallier (Arcade Fire, Coldplay, Emilie Simon ), lui qui s'est retrouvé seul face à la machine du monde du disque. Question d'équilibrer les forces. Et Romain Chassaing pour le visuel.

Mais peu importe les fanfreluches, les décorums, les arrangements, points de vue ou images du monde subjectifs. Démonstration mathématique faite avec "Manhattan Baby", que j'ai pu entendre dans deux versions. Les deux sont géniales. Et c'est ma préférée. C'est peut-être bien là, toute sa force. Créer des mélodies qui tiennent la route au-delà des arrangements. L'autre talent, c'est sa voix. Sèche. Rêche. Percussive. Comme un instrument supplémentaire. Il bat les mots, les maltraite. Des paroles qui ne parlent jamais de lui. Il dessine un parallélogramme, avec à l'intérieur une icône, une personnalité et éventuellement un lieu. Et dans cet espace géométrique, il laisse libre cours à son imagination, sa fantaisie. Comme quand il attrapait une pochette d'album de Nick Cave et se racontait son histoire, à défaut d'avoir accès à des informations. C'est Ardisson dans "Cookie machine". La série "Las Vegas" dans "Watching Las Vegas". Judas qui demande à Jésus de lâcher un peu la pression dans la chanson éponyme. Et Donald Trump dans "Manhattan baby".

"Manhattan baby" qui est le titre de son album. Depuis longtemps. Avant même d'être vraiment dans la musique. Parce que c'est un titre qui claque. Il aime ça. Il assume. Toujours narquois. La simplicité d'une certaine arrogance. L'ironie chevillée au corps. Toujours espiègle.

En attendant la sortie en septembre, il répète avec ses acolytes de scène : Fred Scamps, Antoine Boissetelle, Clément Fonio (Et je suis sûre que j'ai massacré leurs noms, pardon, pardon). Des répétitions qui génèrent un plaisir disparu à force d'avoir entendu ses chansons. Des morceaux qui parlent de mecs perturbés et de filles qui vieillissent dit-il. Un album qu'il est impatient de faire découvrir, frustré par des timings qu'il ne maîtrise pas mais qui sont indispensables. Ses vertigos, ses fantaisies le poussent vers l'impatience et son sens aigu de la précision l'apaise. Imagination VS science. Un rond qui aimerait être un carré toujours. Et pourtant, il me dit que ce sont les erreurs qui définissent peut-être le mieux un être humain. Allez vous y retrouver dans toutes ces figures : triangle, rond, rectangle, notes de musique. Car il n'y a que ça qui l'intéresse en fin de compte. La musique.

Tout corps plongé dans la musique, entièrement submergée par celle-ci ou traversant sa surface libre, subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids des contraintes de ce monde ; cette force est appelée « poussée de PacoVolume »

C'est le théorème de PacoVolume...

PACOVOLUME "COOKIEMACHINE" EP
Disponible en digifile limité à 300 exemplaires à partir du 2 juin et en digital

http://www.myspace.com/pacovolume

En prime, une interview filmée le même jour, l'équipe de TamamTamam, passé avant moi ;)

 

20.05.2009

Les interviews subjectives : Yodelice

 

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Les interviews subjectives continuent avec Yodelice, joli projet né d'un rêve presque espagnol, et d'un désir de liberté de quelqu'un de connu. Subjectives car je ne retranscris pas les propos mais mes impressions qui ne valent pas grand chose ;)

Il s'est avancé vers la plage, a regardé l'horizon, vers l'Afrique, loin, loin de l'univers qui était devenu le sien. La casa « Yodelice » était juste derrière lui. Depuis ses 18 ans, la vie avait été « facile », le portant de projet en projet, sans jamais que l'envie d'être vraiment dans la lumière, d'être interprète enfin, ne prenne toute la place.

Regarder devant soi, être seul, éprouver du plaisir, partager, être sincère. À la casa « Yodelice », les notes qui s'accordent à ces états d'âme surgissent. Faciles. Revenir à Paris. Rencontrer. Rencontrer celle qui apposera des mots sur ces mélodies qui ne sont pas encore un album. Revenir en Espagne, à « Yodelice ». Imaginer l'enfance qui revient sous les traits d'un clown presque douloureux. Composer encore. Confier cet être, ce double à un ami qui va le mettre en scène. Lui et sa meilleure amie, une guitare en forme de tête de mort qui prendra vie grâce à un vieux luthier de Nashville. Boire des coups, discuter pendant des heures avec ce type, qui fabrique les guitares de Keith Richards & Georges Harrison. Et tilter quand il parle du « Tree of life », le nom américain de la technique pour fabriquer un manche de guitare. Ce sera le nom du disque, évidemment. « Tree of life », l'arbre de vie, de toutes les vies... Parce que cela reflète sa tonalité boisée, naturelle, l'aspect école de la vie. La vie qui le conduit à Los Angeles pour finaliser tous ces mots épars.

Le spectacle peut presque commencer...

 

 

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Mais avant. Juste avant écouter l'album. Il est encore là à la toute première chanson. « Insanity ». La folie douce plane sur tout l'album. Ces moments de flottement où l'on ne sait plus trop ce que l'on est devenu. La folle légèreté de l'enfance aussi. L'insouciance perdue. La déraison qui s'empare de nous quand l'alcool vous réconcilie avec l'inconscience. Il est encore là. Mais à la seconde chanson « A Sunday with a flu », il a perdu les clés et refermé la porte. Il disparaît. Yodelice arrive sur la pointe des pieds. La maison, le trip a pris corps. « Un botox mental » dixit. Il vient de naître. Il met son drôle de chapeau, sur le troisième morceau. Sa larme comme une cicatrice sur la joue sur « Alone ». Yodélice nous fait un strip-tease à l'envers. Il s'habille, se pare tout le long. L'horizon espagnol prend ses quartiers au milieu de l'album. La gratte « flamenquise ». Yodélice est pleinement là. Son costume rayé et sa meilleure amie, la mort sa guitare...Mine de rien, je n'ai pas vu le temps passer, c'est la fin de l'album, et je remarque que Yodelice si clair il y a quelques minutes, s'estompe. Le temps de me retourner, il a disparu. Il est à nouveau là.

Maxim.

 

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Caché. Qui marche le plus à découvert sur le morceau masqué de l'album. Celui qui conclut l'album. Seul au piano. Il dit que tout ce qu'il a à dire se trouve là, niché dans cette équation de notes, ce qui forme l'équilibre fragile, une mélodie. Pour les paroles, c'est la comédienne et dramaturge Marianne Groves qui a su poser les bons mots sur la musique. Son ami Bastien Duval, réalisateur a mis en scène le concept de Yodelice., et la fameuse guitare qui, elle, sera fabriquée par Danny Farrington. Abraham Laboriel, à la basse. Une équipe. Des musiciens, des décors, des silhouettes. Cesser d'être seul, être en collectif.

Un spectacle.

 

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Après avoir passé beaucoup d'années à servir l'univers des autres ( entre autres Jenifer ou autres « grosses machines »), Maxim Nucci a fini par servir le sien. Fantasmatique certes mais infiniment personnel. Poétique. Un voyage. Acheter l'album est incomplet. Il faut embrasser le projet comme un spectacle, intimement lié à la scène. Prêter attention à la pochette de l'album. Le côté touchant du personnage, enfantin et ce qui l'entoure, serpents, arbre à nu, corbeau et un porte guitare, éléments vaguement angoissants.

Yodelice, « Tree of life » , est un joli cadeau que nous fait Maxim Nucci. Il est là, assis en face de moi. Incertain. Il s'est caché derrière son allure, les lunettes noires, les cheveux tirés en arrière, la barbe, les bracelets, les fringues. Et dès que nous nous mettons à parler, la spontanéité revient. Les mains qui bougent. Des regards où l'enfance passe. Et des sourires de trentenaire. Sa voix a vécu et ça lui va très bien. C'est sur « alone » qu'elle me touche le plus. En fait, en y regardant de plus près, je me demande si Yodelice n'est pas la problématique permanente de Maxim Nucci, poussée à l'extrême. Comme planqué derrière l'allure branchée d'un musicien français un peu trop gâté par la vie. Qui sourit, dit bonjour à 15 personnes, sollicité, impeccable. Le bon accessoire, le bon sourire, le bon mot, la bonne prestation. Alors que c'est un homme simple, spontané, enthousiaste, intelligent. Comme si la mise en scène avait commencé il y a très longtemps... Allez comprendre, la schizophrénie douce est toujours un peu parmi nous, non ?

Reste Yodelice, un concept, un spectacle. « Tree of life », onze chansons pour découvrir un univers pas si loin des frères Cohen, lui qui les aime tant. De la folk ensoleillée, parfois assombrie par quelques nuages de solitude, de perte, et de recherche de soi.

J'ai passé un joli moment avec Maxim. Ou Yodélice... Allez savoir ;)

http://www.myspace.com/yodelice

 

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Déjà disponible

Mercury

 


 


 


 

 

 

06.05.2009

Les interviews subjectives : Izia

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Je continue les "interviews subjectives" comme je les nomme. Après Yas, Izia. Subjectives parce que j'ai décidé que je n'enregistrerai plus les propos. Ce qui était un accident au départ, j'en fait une démarche. Je livrerai mes impressions...subjectives..., mes souvenirs, mes ressentis, ce que j'ai retenu, ce qui est resté après une rencontre avec un humain...

 

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Un square dans le marais. Des fleurs, des arbres et des enfants qui jouent. La nature toujours un peu perdue au sein de la ville. Elle est là. Citadine. Un blouson en cuir noir. Urbaine. Des chaussures à talons vertigineux. Minirobe. Du noir, du rock. Du bitume. Tout cela, parc et personnage, forme un contraste approprié à Izia. Elle est une terre de contradiction.

Je lui fais grâce de sa famille. Je règle l'histoire rapidement. Elle est la fille de Jacques Higelin, et la soeur d'Arthur H, pour ceux que ça intéresse. Pas moi. Elle est parfaitement légitime sans. Et comme d'habitude, c'est l'artiste, l'humain qui m'intrigue, et sa création, l'album.

Izia, terre de contradiction. Elle est auteur compositeur. Un peu solitaire. Et adore fonctionner en groupe. En particulier son binôme, du moins c'est ainsi que je l'ai perçu, Sebastien Hoog. Elle arrive avec ses compos, ses textes et l'émulation commence. La guitare de Sébastien a donné une tonalité particulière, un fil conducteur à cet album.

Les trois mots clés : Brut, énergie, liberté. Si ce n'est pas la définition du rock, je ne sais ce que c'est ! Izia est le chef d'orchestre, la « glue », comme elle dit, qui soude le groupe. Groupe qui s'est formé au rythme des rencontres. Comme le disque. Elle s'est laissé porter. Écrit et compose dès l'âge de 13 ans. Le temps passe. 30 concerts. Première partie d'Iggy Pop. La signature avec une maison de disques. Et le point d'orgue : la sortie de l'album. Rien n'a été forcé. Tout a été fluide répète-t-elle, avec un sourire lumineux.

Brut, énergie, liberté. De manière exceptionnelle, la maison de disques respectera ses trois mantras. Le disque, tel qu'il est, n'a subi quasi aucune retouche. Du live au studio son, peu de différences. Une certaine intégrité. Rien de très réfléchi ou d'analysé. C'est incroyablement vivant. Si l'ensemble est pur rock, sur chaque morceau, si vous y prêtez attention, il y a des variations. Izia parle de promenades sur les sentiers du rock. Une touche de funk, un coup de ska, de l'indie, voire du punk, que sais-je encore ! La voix étonnamment puissante, tant en termes de capacité que d'émotions, n'envahit pas pour autant tout l'espace. C'est un duo quelque part. Izia chante ses colères et ses espoirs, la guitare de Sébastien Hoog lui répond. Comme un dialogue enragé où ils se perdent et se retrouvent.

Izia est un ovni dans le paysage musical français. Le fantôme de Janis Joplin plane au-dessus d'elle et PJ Harvey lui tient la main. Le challenge est démesuré. Ce n'est pas elle qui est allée le chercher. C'est bel et bien nous, les chroniqueurs zic qui avons besoin de repères. Car il n'y a pas de place pour elle en France. Il faut la créer. Qu'elle se la crée. Elle est à part.

Elle se raconte des histoires. Des histoires de jeune fille en jupon dans un western-spaghetti (« Back in town »). Des règlements de compte avec une pétasse de lycée ("Hey Bitch !"). Elle déstabilise. Izia, terre de contradiction... Elle chante « Let me alone » : l'histoire d'une jeune fille assise dans une chambre dans le noir. Elle est bravache , bien sûr que tu peux me laisser toute seule, je me débrouillerai. Mais la chanson se termine sur une supplique. Surtout ne me laisse pas toute seule. Une chanson humaine, l'universalité de la solitude qui prend corps dans la voix d'Izia. Pourtant ne pas se laisser submerger par l'émotion, « Blind » suit, chanson réactionnelle face à des images du Président de la République, M. Sarkozy. Des variations de voix qui ajoutent des percussions supplémentaires. Finalement la révolte continue. Et puis l'histoire d'une jeune fille, un matin ensoleillé, qui se lève avec une furieuse envie de vivre « Burning ». Mais cette éclaircie ne dure pas. « Life is going down », première chanson écrite par Izia à l'âge de 13 ans, un soir d'abattement après une journée de lycée. Revivre. Vivre. Une course-poursuite cinématographique comme elle l'imagine avec « The light », ma préférée. Izia parle de bar à propos de cette chanson, d'un rapport de forces.

L'album est largement entamé, ça fait des dizaines de minutes que Izia n'a pas lâché prise. Toutes les chansons se sont enchaînées sans que la pression ne soit descendue. Du rock enragé. Comme s'il s'agissait d'un combat. Mais avec « Take me back », j'ai la sensation qu'elle est  comme crevée de se battre. Presque. C'est la première ballade. Oserait-elle poser les armes ? C'est un leurre car « Disco Ball » reprend le dessus : la nuit, les errances, les clubs, ne plus aller à l'école, tout cela connu un peu trop jeune. Pourtant, si c'est un album endiablé, Izia a choisi de tutoyer les anges pour terminer. La seconde ballade. Les signes avant-coureurs de fatigue étaient bien réels. « Sugar Cane », l'histoire d'un jeune homme et d'une jeune fille, au soleil, dans un champs de canne à sucre. Des instants magiques comme nous pouvons tous en connaître. Un brin romantique. Le combat est terminé. Elle a cessé de se débattre, de se démener. Et c'est sur cette chanson qu'on se rend compte que sa voix mariée avec le rock peut parfaitement le tromper avec la douceur.

« Izia », l'album est une déferlante d'énergie, de rock brut, un souffle violent de liberté. Et pourtant... Si on ne se laisse pas emporter par ces évidences, il y a de la fragilité dans l'air. Du romantisme noirci. Une quête. Quand l'émotion submerge et que l'on prétend que l'on a juste froid, juste  un peu fatigué. Une terre de contradictions...

http://www.myspace.com/iziamusic

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Universal AZ

Sortie digitale le 13 avril.

 

 

 

02.05.2009

Interview : Mirwais & Yasmine Hamdam

yasbandeauzm2.gifMirwais est musicien, auteur, compositeur, producteur. Classé parmi les cinq meilleurs producteurs du monde. Egalement ancien guitariste de Taxi Girl, producteur de deux ou trois albums de Madonna, dont "Music", à mon avis, le chef d'oeuvre de celle-ci. Yasmine Hamdam est compositeur, auteur et chanteuse.

Une interview organisée par Spöka. Une rencontre organisée au Flore. Il avait été décidé dès le départ que je passerais un moment avec chacun des artistes mais séparément. J'ai longuement discuté avec Yasmine Hamdan, moins, hélas avec Mirwais. De plus, les conversations n'ont pas été axées de la même façon. Echange plus "politique", plus général avec Mirwais. Alors que l'album et la musique ont été au centre de mes échanges avec Yasmine. Je suis rentrée, heureuse d'avoir rencontré ces deux êtres humains là. Malheureusement quand j'ai voulu reprendre l'enregistrement audio de cette interview, ce fut la catastrophe. Inaudible, inexploitable. Ce n'est donc pas une retranscrition fidèle mais plutôt une certaine idée que je me fais de tout cela... Bienvenue dans "YAS", l'album.

"Il semble que tu viens dans le but de nous libérer, mes yeux

Tu veux pas remettre ça à plus tard ? Pour l'amour de dieu." extrait de "DA"

Je ne sais si Mirwais et Yasmine Hamdan sont venus pour libérer mais YAS, leur projet commun est incontestablement un manifeste esthétique comme le dit si bien Mirwais. La seule déception vient du fait qu'ils ont choisi la seule chanson en anglais, enfin en partie, pour le single de sortie. J'aurais préféré, mais ce n'est que mon avis, une option plus radicale.

Un manifeste esthétique que porte, au départ, Mirwais.

C'est compliqué d'interviewer celui-ci. Aussitôt la question posée, il s'envole et vous ne contrôlez plus rien. Son agacement face à Bono, porte-parole de l'humanitaire, se commettant avec des politiques et n'hésitant pas à déplacer ses revenus vers la Hollande, une fois que l'Irlande n'est plus le paradis fiscal escompté... Sa révolte face à la crise, en me citant un brillant économiste qui avoue que le capitalisme doit... capituler et qu'un système d'extrême gauche doit renaître, nettoyé de ses erreurs. Il est face à moi, imposant, calme. Accessible. Et jamais vraiment. Je tente d'en savoir plus sur le genre qu'il s'est choisi sur son myspace "de la pop punk". Genres contradictoires s'il en est. Justement, toutes les contradictions de cet homme se retrouvent peut-être résumées là. Il ne supporte pas l'élite et convient pourtant que nous en avons besoin. Il a souvent dit qu'il pratiquait l'expérimental commercial. Le voilà le gros mot. Mirwais s'inscrit dans la pop. Pop comme peuple, comme populaire. D'origine afghane, la solution, à ses yeux, s'impose. Après le 11 septembre 2001, il constate un repli vers la chanson française. La peur a des conséquences sur la musique. Comme un repli sur soi. Et il m'explique. Face à la fracture entre deux mondes, la pop culture agit. Car au final, si on prend par ex, l'histoire des blacks aux Etats Unis, on part d'un jazz exigeant, en passant par la soul pour finir au rap, et l'on arrive à Obama. La musique a fait beaucoup, mine de rien. Elle accompagne des mouvements sociaux, bande son des révoltes de Martin Luther King et de Rosa Park, combat le pouvoir pour plus de droits "Fight the power !". Et finalement, Mirwais tente de faire, la même chose à sa mesure. Créer la bande son qui pourrait accompagner la réconciliation. Intégrer à travers le langage, la culture orientale. Une façon de sortir de l'enclave dans laquelle on les enferme, eux, peuples du monde arabe. Un album d'intégration. Un manifeste.

Le projet de base était donc un album en arabe. Une vraie volonté. Mirwais et Yasmine, se rencontrent. Elle montre ses maquettes. Il propose, soutient, conteste. Elle propose, soutient, conteste. C'est une collaboration. Pleine, entière. Avec ses heurts, et sa complicité. Le choc de deux cultures, l'électro, genre occidental, chanté en arabe, genre ignoré de nous. Ou si peu diffusé. Modernité versus tradition. Occident versus Orient. Oui, bien sur c'est un manifeste esthétique.

Yasmine est pourtant, et Mirwais me pardonnera, la rencontre de cette interview. Limite coup de foudre. Elle est arrivée, gracieuse, spontanée, agréable. Elle a commencé à parler, cherchant le mot le plus approprié pour répondre. Ses mains se mouvent, illustrent son propos, enthousiaste ou sérieux. Elle est libanaise, a quitté son pays au gré des guerres, s'exilant avec sa famille en Grèce, les émirats arabes, revenant. Elle est de partout et de nulle part, jamais vraiment à sa place. Quand elle commence la musique, elle ne se reconnaît pas. La musique du Moyen-Orient offre peu de possibilités, du folklore et de la musique religieuse et puisqu'elle ne s'y retrouve pas, se lance dans l'électro-acoustique. Pionniers d'une scène libanaise sans structures. Tout reste à inventer. Elle enchaîne des rencontres et des confrontations à d'autres univers musicaux. Elle crée. C'est absolument une créatrice. Elle a ce point commun avec Mirwais de pratiquer la distorsion, maniaque du son. Obsédée par les sonorités. Brisant certaines chansons traditionnelles, elle retient ce qui lui semble le plus poétique, l'interprète dans un accent différent si cela s'avère nécessaire pour que le miracle s'opère : les mots roulent dans sa bouche et s'enroulent autour de vous, créant, enfin l'émotion.

Je ne savais pas que la langue arabe pouvait se prêter au jeu du rap. En ce qui me concerne, l'anglais et le brésilien jouent bien le jeu. Mais "Da", un de mes morceaux préférés, est une belle démonstration. Inspirée en partie de deux chansons égyptiennes pop kitsch des années 80, c'est une chanson mêlée, argot libanais, argot égyptien/ palestinien, la fin venant de chansons arabes bédouines chantées avec l'accent palestinien. Cet accent qui fait vraiment nigger. Et je me demande combien d'heures, combien de nuits ou de petits matins, la belle Yasmine a-t elle passé à rechercher la perfection, la sienne ? Elle chante l'amour, insère des métaphores, que, elle, seule comprend comme un tête-à-tête, destiné au monde. Un chant traditionnel irakien, brisé, remanié pour renaître, et j'espère, parcourir le monde entier. Oui. Réconcilier les langues. À défaut de comprendre le sens, se laisser bercer par la musique de mots, danser dessus, opérer une réconciliation là où tous les politiques ont échoué. Ou du moins l'amorcer. J'aime l'idée que sur les dance floors occidentaux, nous nous agitions sur de la musique crée par deux exilés, l'un d'origine afghane et l'autre libanaise. Faire taire cette méfiance qui se cache en fond de nous. Là où le dialogue est rompu, la musique peut faire beaucoup.

Yasmine, femme consciente, qui me parle de mélancolie. Sentiment que je pratique jour après jour. Elle dit que cette collaboration l'a tirée vers le haut. L'a sorti de son spleen, l'installant dans une certaine dynamique. Elle parle de l'érotisme du moyen-Orient, où contrairement à nous, la séduction s'opère à coups d'images et non pas à coup de mots crus, seuls, alors que là ils sont enrobés de poésie.

De la poésie justement avec le morceau " Azza". Celui que je chéris. La voix de Yasmine est une percussion supplémentaire. Et encore une fois, aucun hasard. Des heures, des calculs mentaux pour arriver là :


Aziza, vas-y monte
Non, j' peux pas
Ma chérie, approche
Non, j'peux pas
Et je suis montée, (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Aziza, vas-y repose-toi
Non, j' peux pas
Ma chérie, relaxe toi
Non, j' peux pas
Finalement j'ai cédé (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Aziza, rafraîchis toi
Non j' peux pas
Ma chérie, mais approche un peu
non j' peux pas
En fait, on s'est étendu (aux gens)
Je suis vaincue (aux gens)

Aziza, enlève tes habits
Non j'peux pas
Ma chérie, sois audacieuse
Non j' peux pas
On s'est déshabillé (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Aziza, vas-y bouge, désarticule-toi/enlève tes fringues/danse (un même mot veut dire tout ça à la fois)
Non j' peux pas
Ma chérie, déhanche toi/dévergonde-toi
Non ça va pas être possible
À mon grand désespoir (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Aziza, mais vas-y... Viens
Mais non j' peux pas
ma chérie, mais essaie
Non j' peux pas
et l'on est venu (aux gens)
Je suis vaincue, (aux gens)

Ref
Non j' peux pas
Non c'est pas possible

Rap
Aziza, on a fait le tour des hôtels
Vas-y fais moi confiance s'il te plaît
Écoute mon cher, il est hors de question
Ça sert à rien, je ne te laisserai pas faire
Non, j' peux pas
Non c'est pas possible

Quoi Aziza ?
Qu'est-ce tu veux exactement ?
Eh mec, ça suffit !
T'as pas honte ! Ca va pas non ?


Quand Yasmine m'a envoyé par mail la traduction des chansons, j'ai éclaté de rire quand j'ai lu ça. Et l'affection que je porte à cette chanson s'en est trouvée décuplée. C'est dommage que je ne puisse vous faire écouter ces deux morceaux. Moi, qui aime tant le partage, me voilà frustrée. Car il n'y a qu'en écoutant que vous pouvez comprendre ce que j'entends par la magie de la sonorité et des distorsions.

Yasmine, belle découverte, à qui je souhaite le plus grand succès. Comme un symbole, dans le trailer, elle est la première femme et première arabe à mettre les pieds sur la lune. Elle, qui pleure tant quelque part, après elle. Belle Yasmine, qui s'entête à trouver le bon son, le bon sens, la bonne place pour ses mots, celle qu'elle cherche peut-être pour elle-même. Mirwais qui se met en péril à chaque album, disant "quitte à me planter, autant prendre des risques". Mirwais le rebelle gentilhomme. Le punk gentilhomme...

Il conclut en riant, car ça l'amuse, sur le fait que son cousin soit en course pour la présidence de l'Afghanistan. Je lui demande s'il est tenté par le ministère de la culture. Il rit encore. Je lui demande si c'est une façon, lui qui a été à la recherche de ses racines, d'y arriver. Je n'aurai pas la réponse. Mirwais est un homme prolixe mais définitivement secret.

La réponse est dans l'écoute de cet album. Achetez-le. Participez au manifeste. Achetez car c'est une façon de manifester ! J'aimerais que résonne à travers le monde la voix de Yasmine. J'aimerais que cette foutue planète achète en masse cet album. Djamel Debouzze l'a bien dit "Vous avez pas remarqué ? Le lendemain de l'élection de Obama, tous les blacks dans la rue marchaient comme s'ils avaient tous un diplôme ! ". Ils avaient tous relevé la tête. Fiers d'être ce qu'ils sont. Je souhaite le même miracle pour cet album. Que les êtres humains qui appartiennent à cette culture relèvent la tête. Fiers.


"YAS" sortie fin avril.
Maison de disque : AZ Universal