20.01.2009

Simone, Andrea, Charlotte et les autres

(Note écrite en octobre 2007)

Une fois n'est pas coutume, je ne suis pas là pour ricaner sauvagement des erreurs de mes congénères. Non. Cette fois-ci, c'est pour les saluer.

Il y a longtemps, canal plus. Simone Veil. J'ai beau être de gauche, j'adore Simone Veil. Son chignon, son look imperturbable... Une femme exceptionnelle au destin qui l'est tout autant. Elle a publié ses mémoires "Une vie" et quelle vie ! Bien sûr ses combats, bien sûr survivre à l'horreur, bien sûr sa carrière politique. La victoire de la liberté de choix. La loi sur l'IVG et la contraception. Se rend-on vraiment compte de ce que nous devons à cette femme ? Une révolution. Une vraie. Ne plus être esclave des circonstances. Choisir. C'est important de pouvoir choisir.

Ma fille regarde. Du moins, pour être honnête, je lui demande de regarder et d'écouter. Parce que c'est important. Son expression incrédule face à la date du droit de vote des femmes. Que si, elle, Charlotte a le droit de faire des études, c'est parce que d'autres se sont battues avant.

Et je lui parle de sa grand-mère. Ma mère, décédée il y a 20 ans. Que la liberté des femmes était un combat important pour elle. Ma mère a travaillé longtemps, dans les années 70, au CIF, Centre d'Information Féminin. L'histoire de ce réseau commence par la création, en janvier 1972, d'un Centre d'Information Féminin ( C.I.F.) à Paris, placé sous l'autorité du Premier ministre, à la suite des États Généraux des Femmes (Versailles 1970) qui avaient conclu à l'urgence du développement d'une politique publique d'accès aux droits pour les femmes. Et il y avait tant à faire. Avec sa copine Françoise, ma mère a dépensé une énergie folle à aider les femmes. Non seulement, elle a énormément bossé mais je la soupçonne aussi d'avoir beaucoup ri ! Ma mère a commencé Sciences Po, tout quitté pour suivre son mari à Madagascar, recommencer des études, être prof de latin et de français, rentrer en France, recommencer, CIF, changer encore, Éducation Nationale.

Informer. Éduquer.

Je raconte à ma fille sa grand-mère et je me rends compte que c'est comme si je lui parlais de Marie-Antoinette. Un personnage. Elle ne la connaîtra jamais. Alors je lui reparle de ses combats. Il en reste à mener. Simone Veil a raison. "Ce qui manque aux femmes, ce sont les réseaux. Les hommes se téléphonent, se parlent, s'entraident, les femmes pas assez" . A nous de créer cette dynamique. A Charlotte de continuer. Je lui parle de sa grand-mère. Belle, brillante, drôle, intelligente. Une merveilleuse amie.

Ma mère aurait probablement adoré mes plaies et les épidémiciennes. Des filles formidables, imparfaites mais formidables. Comme Simone, comme ma mère. J'essaye d'en être digne et j'espère que ma fille mettra ses pas dans ceux de sa grand-mère.

Parce que le combat continue !! Simone ? Si tu m'entends !

 

10.03.2008

L'homme est une femme comme les autres

Titre génial d'un film qui ne l'était pas..

Mais là n'est pas le propos, c'est de la sexualité des hommes dont il est question. La légende de la jeune fille effarouchée s'effondre. C'est l'avènement d'un nouveau mythe "l'homme effarouché". Celui qui se fait désirer, celui qui ne couche pas le premier soir, celui qui a mal à la tête, le mâle rougissant, le mâle sans libido. Ou les rôles se sont inversés ou ils ont pris leurs justes places, allez savoir...

L'homme est une femme comme les autres

L'orgasme n'est pas toujours au rendez vous. Que les femmes cessent de confondre éjaculation & orgasme. D'un coté la mécanique, de l'autre l'abandon. les deux se confondent parfois, se séparent souvent. Les femmes focalisent sur l'éjaculation, résultat tangible du plaisir que l'on se donne. Au final, je ne crois pas avoir beaucoup vu d'orgasmes masculins. Je suis sure de certains et j'en soupçonne d'autres.

L'homme est une femme comme les autres

Les hommes peuvent simuler aussi. Oh bien sur, cette chère mécanique crache sa petite preuve. Mais la tête et le coeur en sont bien loin. Face à la violence d'une pulsion féminine "Tu me baises ou je vais voir ailleurs" (véridique!), ils s'exécutent, simulent la volupté, planquent leur dégoût, appellent désespérément leur imagination au secours, tirent parti de leur fantasme favori.

L'homme est une femme comme les autres

Certains n'ont plus envie. Libido (terme au combien féminin) en berne. Périodiquement, longtemps, toujours. Des jeunes femmes désemparées face à l'absence de désir. Elles crèvent d'envie. Pas eux. Non pas parce que la sexualité se vit dans le lit d'une autre. Non. Parce que plus envie. Point barre! Être patiente dans ce cas là. Laisser l'appétit revenir, sous peine de rentrer dans le cercle vicieux du "laisses moi le temps d'en avoir envie au lieu d'en avoir envie à ma place".

L'homme est une femme comme les autres

Soyons honnêtes, les préliminaires sont associés aux femmes. Le temps leur ai offert. On donne rarement du temps au hommes. Pourvu que la barre soit dressée et au diable le reste! Pourtant, les hommes ont tout autant besoin d'être caressés. D'être embrassés. D'être effleurés. D'être touchés. Doucement, abondamment, sensuellement. Les femmes se satisfont de peu sur ce sujet. C'est bien dommage. Parce que le sexe féminin est caché, le corps qui va avec est l'objet de toutes les attentions. Parce que le sexe masculin est exposé, le corps est victime de cette évidence. Alors, caressez les s'il vous plaît.

L'homme est une femme comme les autres

La confiance. Bien sur que les hommes peuvent jouir avec des inconnues d'un soir. Tout comme les femmes. Mais le plaisir infernal de se perdre en l'autre quand nous faisons l'amour dans l'amour, eux aussi le connaissent. Et cela ne s'obtient que dans la confiance. J'ai lu "la jouissance suppose l'abandon chez la femme et le contrôle chez l'homme". Evidemment, le contrôle pour que l'éjaculation ne survienne trop vite. Mais la phrase exacte serait "La jouissance suppose le contrôle chez l'homme et l'abandon chez la femme.. et chez l'homme".

L'homme est une femme comme les autres

Parce que plus le temps passe, plus je les caresse comme, moi, j'aime être caressée. Les zones érogènes ne sont pas forcement situées aux mêmes endroits, c'est tout. C'est peut être pour cela que plus je vieillis , plus je les aime...parce qu'ils ne sont pas si loin de nous finalement.