11.10.2009
Rival ?
Parfois, c'est compliqué. La situation est compliquée. Nous avions prévu d'emménager ensemble, avec plusieurs étapes dont rencontrer ses enfants. L'ex a fait un esclandre, exigé des promesses intenables. Du coup, tout était reporté. Il n'était pas question de brusquer des enfants, suffisamment secoués depuis quelques années. Donc, report jusqu'à une date indeterminée.
J'ai du modifier mes projets et faire avec ce que j'avais. Gérer l'avenir de mes enfants et le mien. Du coup rechercher un collège pour Charlotte car elle rentre en 6ème l'année prochaine, regarder d'un autre oeil mon appartement et décider de repeindre. Me lancer à fond dans mes projets personnels, bref mener ma vie entre deux parenthèses enchantées avec mon amoureux.
J'ai donc agi dans ce sens. Mais lui... Lui bosse comme un dingue, se replie sur lui-même jour après jour. La tête dans le guidon en permanence. Il a toujours eu un tempérament angoissé. Les dernières années ont été clairement difficiles. J'ai toujours été là. Mais force est de constater que depuis que je le connais vraiment, il n'a jamais eu de périodes fastes. Il est de moins en moins drôle. De plus en plus inquiet. De moins en moins léger. De plus en plus difficile à gérer.
J'ai mis en suspens tout ce qui nous concernait. Je me suis focalisée sur ce que je pouvais avoir, c'est à dire lui par intermittence. Il fit l'amer constat que je continuais à vivre sans lui. Mais, en ce qui me concerne, ça ne voulait pas dire que je l'aimais moins. C'est juste que, oui, je me suis habituée à la situation et je ne luttais plus. Je ne voulais pas exiger plus car c'était obligatoirement pousser ses enfants dans une situation intenable et je ne voulais pas ça.
Nous avons rediscuté de tout ça. Envisager des situations pour que je rencontre ses enfants tout en ne créant pas de drames. Forcément compliqué. Déjà leur demander s'ils le souhaitaient. Moi, l'impatiente, l'impulsive, j'ai fini par m'apaiser. C'est moi, cette fois-ci qui voulait prendre mon temps et il le prend pour un signe de désamour.
Comme d'habitude, le dialogue nous sauve. Une discussion de deux heures.
Je crois que personne dans mon entourage pourrait affirmer que je me suis donnée la priorité dans mes histoires d'amour. Je me suis même, parfois, mise en "danger". Et au cours de celle que je vis, mon amoureux fut le centre de nos prévalences. J'ai tant attendu... patienté... Les projets auquels je tenais furent tellement reportés...
Aujourd'hui, aller là-bas revient à renoncer à tout ce que j'ai réussi à construire ici. Aller là-bas équivaut à me retrouver dans une ville hostile, sans amis, avec un très hypothétique boulot, probablement moins bien payé que ce que j'ai actuellement, seule, dans un appartement. Parce que, comme nous sommes deux êtres raisonnables, on ne va pas passer de tout à rien. Donc, ce serait le même endroit mais chacun chez soi.
Est-il si incompréhensible que je puisse être pleine de réserves ? Autant, quand nous en avons parlé la première fois, l'amour me donnait des ailes, mais à force de les voir brisées, oui, je me suis mise à réfléchir. Mon amoureux me souhaiterait telle comme au premier jour. Ce qu'il me demande est impossible.
Ce que j'ai construit, je me le dois. J'élève mes enfants seule. Peu y réussissent, comme j'y arrive, en conservant un épanouissement personnel. Ils ne manquent de rien, ont largement leur droit au superflu, j'ai un boulot que j'aime avec une excellente ambiance, un boss que j'estime, un salaire plus que correct. J'ai mes amis. J'ai développé la musique, je vais à des concerts, j'écris dessus, je commence à avoir une bonne réputation, on me fait confiance. J'ai mon rythme. Si je pars, personne ne me rendra ce que j'aurais perdu !! Alors, oui, je réclame le droit de mieux connaître la situation avant de me lancer tête baissée dans ce qui peut être un mur.
Pourtant, il m'annonce qu'il y a eu quelques changements apparemment. Son ex s'est apaisée, ce qui me fait sincèrement plaisir et pour elle, et pour nous. Il semblerait qu'elle ne soit plus aussi radicale dans ses positions. Du coup, les enfants ne sont plus pris entre deux feux et des échanges sont envisageables. Mais je ne veux, quand même, ne rien brusquer.
Je souhaite rencontrer ses enfants brièvement dans un premier temps. Éventuellement passer quelques vacances. Parce qu'il y a accessoirement les miens ! Est-ce que cette situation va leur convenir ? Si je pars m'installer là-bas, eux-aussi. Je prends toutes les précautions possibles pour qu'ils soient heureux. Et cela suppose que rien ne bouge avant deux ans.
Oui. Deux ans. Deux années encore séparés. Après tout, ne me disait-il pas qu'il nous voyait cinq années comme ça. Ha... L'ironie du sort... Les phrases jetées au vent qui deviennent réalité...
Il vit mal ces perspectives. Et je l'achève en lui disant que quand je le regarde vivre, lui et ses angoisses, il me fait parfois penser à mon ex. Je sais que c'est dur et pas forcément vrai. Mais j'ai du négocier avec ses traumatismes, il est temps qu'il se rende compte que j'ai les miens. Je trouve qu'il devient triste, il n'a plus forcément le même mordant qu'avant. Il ne parle que de ses problèmes et rit rarement. Pourquoi foutre ma vie en l'air pour une perspective pas spécialement funky ?! Parce qu'évidemment, je lui manque et que si j'étais là, ça irait mieux. Je fais un bond ! Je ne serai plus jamais la béquille de qui que ce soit. Ça, c'est non !
Ce qui nous sauve, c'est notre dialogue permanent, et notre intelligence. J'ai été assez vache avec lui et il a encaissé. Il a compris et il s'est remis en question. Moi, le fait de mettre des mots sur ce que je ressentais confusément mais que je n'osais dire m'a libéré.
Nous avons failli devenir rivaux. Chacun exhibant ses besoins, ses envies, ses frustrations. Moi, moi, moi, d'abord. Avant toi. L'amour, c'est une négociation d'égo. Et je ne sacrifierai plus le mien, ça, c'est certain.
Ce que je constate, c'est que non seulement je le pense. Mais j'agis en fonction. Comme quoi, tout arrive un jour...
Alors est-ce que cela implique forcément que son amour devienne un jour son rival ? Est ainsi que cela fonctionne ? En lieu et place de l'aliénation aveugle des débuts, apparaît le combat du "je" ? Mon amant devenu mon adversaire ?
"Do we have to be rivals ?"
"Rivals" Theoretical Girl
Et puis une seconde, parce que j'aime bien cette petite anglaise, "Good Timing"...
09:29 Publié dans Chroniques du temps amoureux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, prudence, vie, amours, aimer, aliénation, égocentrisme, égo, incompréhension, réalité, relations amoureuses
04.09.2009
Quiétude
Il va bien. Il va même très bien. Il a eu 38 ans de vie sur des rails, respectant ce qu'on attendait de lui. Qu'il soit gentil, attentif, solide, intelligent, drôle, séduisant, tranquille, respectueux, bla, bla, bla. Même si je suis convaincue qu'il y avait des dérapages cachés. Je ne parle pas de tromperies, je parle de choses connues de lui seul.
Et puis la chute. Comme beaucoup d'hommes, il était arrivé exactement où il voulait être. Un mariage qui durait. De beaux enfants, plein de vie, aimants et formidables. Un bon boulot. Un chien. Le break. Le bel appartement. Des investissements. Des amis. La panoplie complète. Ce qu'il avait souhaité ardemment. Et voilà... L'angoisse du "Et maintenant, que vais-je faire ?". Je crois que personne dans son entourage n'a perçu l'abîme qu'il sentait sous ses pieds.
Il a déconné. Certes. Mais il avait un certain crédit. On aurait pu le laisser respirer. Après tout, c'est humain de craquer. Mais, à la décharge de son entourage, cela ne ressemblait en rien à une chute. Plutôt à un gosse qui accumule les conneries. Au lieu de proposer de la compréhension et du dialogue, il y eut des sanctions, des menaces, des revendications. Et une rupture.
Tout restait rattrapable. Mais, l'affaissement provoqué par le fait qu'il ait été foutu à la porte de chez lui n'était qu'un début. La mort du chien, comme un symbole, qui sonne le glas de 10 ans de mariage. La mort de sa mère comme la fin d'une enfance prolongée au-delà de l'entendement. Le licenciement qui entérine le krash. Et à aucun moment, alors que tout restait possible, une main tendue. Vraiment tendue. Non, des insultes trois jours après la mort de sa mère. Un égoïsme infini : moi, ma douleur, mon orgueil bafoué, ma fierté blessée, ma vengeance, mon malaise, moi.
Durant quelques années, des up & down. Une déprime au long cours, mais avec une prise en charge. Sa psychologue lui a fait du bien. La décision d'être son propre patron. Apprendre à vivre dans la difficulté, alors qu'il a passé des années à s'angoisser alors que tout allait bien. M'aimer. Me quitter. Être quitté par moi. Tout son être était désordonné. Avancer. Reculer. Être partagé entre l'envie de retourner en courant à sa vie d'avant et pourtant savoir qu'aucun retour en arrière n'est possible. Avoir peur. Un peu comme une longue métamorphose.
Apprendre à dire non. Apprendre à ne pas faire ce que les autres attendent de vous mais tâcher de devenir ce que l'on est vraiment. S'apercevoir que les gens qui vous aiment vraiment sont toujours là et soutiennent votre évolution. J'ai vu mon homme se débattre dans ses états d'âme contradictoires. Je l'ai parfois engueulé vertement. Je l'ai même maudit. Mais, à chaque fois qu'il s'est tourné vers la franchise, la sincérité, il n'a trouvé que du soutien. J'ai souvent ramassé les morceaux épars de la confiance en soi, de l'espoir, recollé ce qu'il fallait et laissé par terre ce qui ne lui ressemblait pas. Je l'ai consolé, rassuré, secoué, aimé, surtout aimé surtout quand sa dépression criait qu'il n'était pas digne de l'être.
Tout cela s'est stabilisé. Lentement mais sûrement.
Et à présent ?
Il va bien. Je le sens. Il va vraiment bien. Il est toujours sujet à des angoisses et des questions mais pas sur des sujets de fond. Sa boîte se porte bien, de mieux en mieux. Il fait de plus en plus de projets. Je suis, parfois, contrainte de le freiner. Il s'est remis à rêver tout haut et je suis la voix de la réalité. Il s'est remis debout. Il envisage l'avenir, notre avenir sereinement. Et il est redevenu le moteur qu'il a pu être, sans avoir systématiquement peur que sa vie s'effondre s'il espère un peu trop.
J'ai assisté à sa chute et à sa longue reconstruction. J'étais là. Quoi qu'il arrive, je sais que le lien qui s'est tissé entre nous est indéfectible. J'aime qu'il soit, dans notre couple, celui qui initie les projets.
Il faudra juste que je me méfie le jour où nous aurons atteint la plénitude. Il redéconnera peut-être. Mais, l'aspect positif des choses, c'est que j'ai déjà assisté au carnage. Je ne commettrai pas les mêmes erreurs, ça c'est certain.
En attendant, je savoure de le voir rire, être fier, me dire "Ce serait génial de faire ça ou ça", "l'été prochain, on fait ça" (Même si pour ceux qui sont au courant, c'était super bizarre comme idée !)
Tout ça pour dire, que si vous êtes en pleine crise existentielle, ou subissant de plein fouet ses conséquences, je vous le promets, tout ira bien un jour. Un chemin de vie ne peut pas être un parcours santé. L'évolution suppose la douleur parfois. L'être humain ne s'nscrit que dans l'évolution. Si vous maintenez la même peau en dépit du bon sens et des années qui passent, je ne sais ce que vous devenez. Une vieille peau craquelée, inconfortable, qui vous ressemble de moins en moins. Les crises sont nécessaires, même pénibles et pesantes. Mais au même titre, que ce genre d'évènements a un début, il a forcément une fin.
Jusqu'à ce que ça recommence. Qui de nous deux fonce dans sa prochaine crise existentielle ? ;)
My brightest diamond (une de mes chanteuses favorites) "Feeling good"
12:43 Publié dans Chroniques du temps amoureux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : quiétude, sérénité, bonheur, amour, amoureux
12.08.2009
Je voulais te rendre hommage
Note datant du 21 octobre 2008
Je présente mes excuses pour cet aparté impudik mais je tenais à le faire et ça fait double emploi...
Miracle après miracle, il trouve toujours les mots. Non sans déconner, je suis championne toutes catégories des casses couilles. Je suis ingérable, cyclothymique, à fleur de peau, un rien me fait du mal, un rien me fait du bien. Et je ne m'expliquerais jamais comment il arrive à suivre les méandres de mon esprit tordu. Comment il résiste en silence quand je me transforme en machine à détruire.Peut-être parce qu'il n'est pas si loin de moi, en fait. Coté masculin donc avec des différences. N'empêche, c'est le seul qui me fait poser les armes. Qui me désarme. Je suis conflictuelle dans mes relations amoureuses. Je ne sais que fonctionner comme ça car l'homme est tout autant ce dont j'ai besoin pour respirer que mon pire ennemi. Schéma ancré au plus profond de mon enfance et que j'ai renoncé à combattre. Un schéma dont j'essaye de devenir l'amie pour mieux l'apprivoiser et le désamorcer. Il m'a réconcilié avec ça. L'amour, c'est un va et vient affectif permanent, en tout cas pour moi. Et si vous n'avez pas un partenaire pour vous renvoyer le trapèze, vous restez coincé au milieu de la piste. Et je l'ai trouvé ce partenaire, je crois. Et je n'en désire pas d'autre.
Il m'a fait les plus belles déclarations d'amour que j'ai jamais eu.
"Tu es une belle personne"
Et celle de ce matin. Nous étions plus ou moins fâchés depuis dimanche. Remarquez, ça va mieux. Avant, on se quittait pour un oui ou pour un non. A présent, nous pratiquons le silence radio et ne prononçons plus de phrases définitives du genre "Je te hais", "Je te quitte", "Tu es la pire chose qui me soit arrivé". Nous le savons bien que nous nous aimons en dépit de ces conflits récurrents, de ce mode de fonctionnement et du reste. Donc silence radio depuis dimanche. Et comme je suis têtue comme une bourrique, que je ne lâcherais rien quitte à me mordre jusqu'au sang (lol!), il finit par agir de manière beaucoup plus intelligente que moi. Ce qui nous donne le coup de fil de ce matin :
"Allo !" (ton relativement exaspéré de mon amoureux)
"Oui..." (ton condescendant de ma part)
"Bon ! Tu me manques plus que tu ne me casses les couilles, alors je t'appelle !"
Et ça, à mes yeux, c'est la plus belle déclaration d'amour qu'il pouvait me faire.
Et j'espère que nous continuerons longtemps, moi, à te saouler avec mon appétit de conflit, toi, à te réfugier dans tes silences et nous, à nous engueuler !
Si vous avez le temps, regardez le clip...
10:28 Publié dans Chroniques du temps amoureux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dispute, couple, amoureux, amants, complicité
02.07.2009
L'évitant et l'anxieuse
Je termine le bouquin de Lucia Etxebarria. C'est mon mec qui me l'a acheté, nous sommes de grands échangeurs de livres, et ça m'a fait sourire qu'il choisisse celui-ci. "Je ne souffrirai plus par amour" que je suis censée lui filer dès que j'ai terminé. Parce effectivement, nous sommes dans la même dynamique tous les deux, l'amour ne doit pas faire souffrir, ça doit rendre heureux. Ça ne nous empêche pas d'avoir des accrochages mais depuis trois ans et demi que nous sommes ensemble, nous savons très bien que la situation nous oblige à dialoguer et à verbaliser. C'est d'ailleurs, indéniablement l'avantage des inconvénients, lol !
J'ai appris à ne plus crier, à ne plus raccrocher au nez, à ne plus monologuer. Il a appris à exprimer ses émotions sans avoir peur de ne plus être aimé, d'être jugé même si ce sont des choses désagréables à entendre. Il a appris à dire non. Il a appris à dire la vérité. Il a appris à se protéger en fait.
Ceci dit, nous avons passé deux heures à discuter hier de nos schémas comportementaux, par rapport à ce que je lisais du bouquin de Lucia Etxebarria. Nous étions morts de rire car, il est incontestablement un évitant. Et je suis carrément une anxieuse. Autant dire que selon l'auteur, c'est typiquement le genre de couple qu'on retrouve dans le cabinet des thérapeuthes, lol !
Pourquoi ?
Il y a trois sortes de comportements (en caricaturant les choses, hein ?!) : le (la) sûr(e) de lui, d'elle. Sur ce genre d'individus, pas tellement de problématiques particulières. L'évitant, lui, a peur d'être abandonné, quitté. En cas de stress, l'évitant ne demande pas d'aide, il se terre. Il ne s'agit que de stratégies défensives car en vérité, il a envie d'intimité mais elle lui colle la trouille. Il a beau rechercher la solitude, il la vit mal. Les stratégies adoptées sont la colère, le silence (grande spécialité), la fausse maturité (même punition, l'autre est forcément par contraste immature mais ça ne marche plus en ce qui me concerne), les distractions, et l'infidélité en sachant que c'est plus une assurance tous risques, du au cas où. Du côté de l'anxieux, en l'occurrence, l'anxieuse, moi... L'intimité la terrorise. forte dépendance émotionelle. Beaucoup de doutes, peu de confiance en soi. La crainte de l'abandon est telle qu'elle préfère le provoquer.
Concrètement ça donne quoi ?
Ha ben, c'est sportif ! Phase tout va bien, les protagonistes sont en point d'équilibre. Puis, au choix : l'évitant craignant la dépendance commence à éviter. L'anxieuse devient "hystérique" de peur d'être abandonnée. L'évitant se réfugie dans le silence. L'abandon est là. L'anxieuse lâche l'affaire. L'évitant a peur de la perdre et revient. Ou. L'anxieuse est trop heureuse, elle flippe. Elle commence à faire chier. L'évitant se sent pris au piège, il fuit. Et rebelote.
Je vous jure que c'est épuisant. Sauf que, ce qui est certain, c'est qu'à force de dialoguer, de communiquer, on peut arriver à enrayer la mécanique infernale. Nous savons avec mon amoureux, après nous être faits très peur, que nous ne sommes pas prêts de nous quitter. Alors, les choses sont prises avec plus de légèreté. Je n'ai plus peur de ses silences et ils diminuent de jour en jour. Il tient compte de mon ultra sensibilité et se moque gentiment pour dédramatiser. Nous rions de nos jalousies respectives tout en sachant l'apprécier parce que nous savons pertinemment quel sens elles ont. Pas aliénantes. Aimantes.
En bref, si vous vous posez des questions sur votre comportement, c'est un bon bouquin qui donne des pistes intéressantes même si ce n'est pas une révolution. J'ai sauté quelques chapitres.
Il y a trois phrases que j'ai particulièrement aimé. La première m'a fait rire "La chaîne du mariage est tellement lourde qu'il faut être au moins deux pour la porter... Voire trois" phrase de je ne sais qui mais qui confirme que je ne me remarierai probablement jamais.
Erich Fromm "Seule la personne qui a foi en elle-même peut être fidéle aux autres"
Le psychiatre P.C Kuiper qui souligne que les patients analysables ne sont pas ceux qui espèrent être soulagés de leur souffrance mais ceux qui cherchent à se comprendre eux-mêmes, qui prennent plaisir à découvrir des choses sur eux-mêmes. Car la seule façon de pouvoir soulager sa souffrance, c'est d'apprendre à se connaître.
Ben voilà. Si nous formons un couple solide avec mon amoureux aujourd'hui, c'est que nous nous connaissons bien. Et pas dans les moments de gloire, je vous le garantis. Dans ce qu'il y a de pire. On ne connait jamais aussi bien les gens que quand on les quitte, j'en suis convaincue depuis longtemps. Nous nous sommes quittés tellement de fois... Nous nous sommes dit tant de choses, des "plus jamais", des "je jure que", des " je te quitte définitivement", que ça n'a plus la moindre crédibilité.
Nous avons notre cheminement commun. Et puis il y a chacun le sien. Et je crois que ce qui est fabuleux dans cette histoire, c'est que je n'en ai jamais autant appris sur moi que depuis qu'il est rentré dans ma vie. Et qu'il n'en a jamais autant appris sur lui que depuis qu'il m'a fait rentrée dans sa vie.
C'est exceptionnel.
23:47 Publié dans Chroniques du temps amoureux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lucia etxebarria, amour, comportements
16.04.2009
Un temps solitaire
Nous sommes le 16 avril. Il y a un an, ça secouait sévère. Et jamais, je n'aurais pensé refoutre les pieds à Givernie. Et là, j'y suis...et seule. Mon amoureux m'a emmené, a passé une journée avec moi, et puis il est reparti. Deux jours pour moi toute seule, dans une maison que j'adore. Perdue au milieu de nulle part. Je me demande si je vais avoir peur ce soir !
En attendant, première victoire, feu de cheminée relancé avec succès. Diving with Andy en fond sonore. "Manuscrit" imprimé et prêt à être corrigé. Je reviens sur "???" qui devient "Gabriel K". Je l'avais relu en entier en octobre dernier, constatant avec amertume, que je trouvais ça relativement mauvais. Et puis, dans le train me conduisant vers des vacances largement méritées, finalement, l'indulgence est revenue. Il y a quelque chose dans ce texte, cette ébauche de roman. De désordonné et d'émotionnel. Il faut corriger, réecrire, inventer, rajouter, m'éloigner de la réalité. Et j'ai deux petits jours pour m'y coller. Me concentrer uniquement là-dessus, en plus de me faire plaisir.
Je reviens pour des petites notes...
Découvrez Diving With Andy!
12:31 Publié dans Chroniques du temps amoureux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : givernie, campagne, solitude bien méritée, calme
22.02.2009
Retour à Givernie
Les oiseaux chantent et je n'entends qu'eux. Je n'aurais jamais osé espérer revenir en ces terres un jour. Sur la route, les Pyrénées se déployaient. Et Givernie apparut. Intacte. Un miracle.
Les jours passent. J'écris ce soir face au verger.Nous nous sommes accrochés ce matin. Il a été stupide, j'ai été encore plus con. Ceci dit, à ma décharge, il avait fallu, la veille, supporter son humeur maussade déclenchée par son anniversaire. J'avais fait preuve, me semble t il, de tact et de compréhension. Le problème, dans cette affaire, c'est que nous n'avons pas le temps pour ses accrochages de type quotidien. C'est ce que je lui ai expliqué. Nous avions fait l'amour fâchés, juste avant. Une grande première. C'est moi qui l'ai souhaité. Je ne voulais pas d'une discussion stérile. Les discussions stériles, c'est bon pour les couples qui vivent ensemble. Pas nous. Nous voulons de l'exceptionnel, pis nous exigeons de l'exceptionnel, de l'inhumain, de l'admirable. Alors pour couper court à cette dispute tellement banale, j'ai voulu faire l'amour. Et ensuite signifier que je ne voyais pas l'intérêt de lui expliquer à quel point il peut être crétin parfois, et à quel point, je peux faire preuve de mauvais caractère. Je le sais et il le sait. A quoi bon ? Nous partagerions le même lit soir après soir, ça m'amuserait peut être de lui déployer une rhétorique brillante afin de le convaincre du bien fondé de ma colère. Ça le soulagerait peut être de me faire la gueule pensant que je suis la reine des chieuses et que j'exagère au point que ça en devient lassant. Mais le temps continue de passer et il nous est compté.
Et j'ai bien fait au final. Ça ne nous a pas empêché de nous séparer pour passer l'après midi comme nous le souhaitions, lui à la peche, moi à la piscine. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de l'accompagner. C'est juste que me rendre à la piscine du voisin constitue à mes yeux un luxe inouï. Je m'explique. Je ne suis pas éblouie ni par la jolie maison, ni par la ravissante piscine en pierre. Je suis séduite par ma solitude inoccupée. C'est un moment de grâce car j'y suis seule et que je n'y ai strictement rien à faire. Je ne sais etre oisive. Et même à Givernie, qui n'est pourtant pas ma maison, je me trouve des occupations : ranger machinalement, laver, jeter un coup d'oeil à mes mails. Chez le voisin, la maison est fermée et il n'y a que moi, mes livres et la piscine. Je m'y installe. Je m'empare du filet pour nettoyer à la surface la piscine et je m'y emploie consciencieusement. Je nage. Je m'étends sur une serviette et je ne fais rien. Absence totale d'activités. Je lis un peu. Je marche sur les pierres autour de la piscine lentement. Je me concentre pour bien poser mes pieds sur chaque pierre, veillant à ne pas mordre la ligne. C'est idiot. Mais j'adore. Ça me rappelle mon enfance où je passais des heures à déambuler en suivant des règles connues de moi seule. Je me chauffe au soleil et c'est bon car l'eau n'est pas loin.
Je lis. Beaucoup. "Les égarés" de Frederick Tristan que je recommande chaudement. C'est brillant, c'est intelligent et c'est toujours d'actualité. C'est fascinant.
"C'est la mise en évidence que Dieu est minuscule, si minuscule qu'il passe à travers les mailles de tous les filets, si minuscule que nus sommes dans l'incapacité de le discerner, lui qui est tapi dans la plus infime parcelle de nous mêmes. La grandeur infinie de Dieu est dans son infinie petitesse, parce qu'il loge infiniment dans le détail et dans l'ensemble, lui qui est toujours à l'intérieur du plus intérieur, étant le centre de tout. Aussi, nommer Dieu est une manière de vouloir le saisir, et alors que son nom est imprononçable pour nos levres, inaudible pour nos oreilles, imperceptible comme il l'est dans les abîmes les plus abyssaux du silence, si bien que tenter d'approcher de sa présence est s'engager sur le chemin de l'absence."
"Or dans le salon de Stockholm ou ces faux étaient exposés, ce fut l'image de notre civilisation qui me sauta au regard. Jamais les hommes ne surent si bien copier la nature mais ils en méconnaissent le langage. Notre science sera peut être capable de créer la vie et de ressusciter les morts mais elle ignorera toujours le sens de la vie et de la mort. Autrement dit "A quoi ca sert ?". Là réside l'erreur de la démarche occidentale, son suprême aveuglement. Plus nous avançons, plus nous diminuons notre marge de conscience".
"Qu'importe le boitement du monde pourvu qu'à travers les pires ténèbres, il ne cesse de marcher vers la lumière. Puis je l'écrire ? Nous (les humains) sommes prédestinés au bonheur. Tandis que tout prouve le contraire, j'ose penser que nous sommes prédestinés pour le bonheur. Alors que des millions d'hommes meurent et vont mourir dans la honte et le mépris, voici la seule chance de survie qui nous reste : tendre une main de refus et d'affirmation face aux fusils qui nous visent et répéter jusqu'au dernier souffle, fut ce sous la torture, que l'Homme est prédestiné au bonheur".
Ceci n'est plus ma croyance...ceci est ma foi.
To be continued...
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21.02.2009
Un avenir qui nous ressemble
La douleur de la séparation et la douceur du manque. J'ai repris ma vie, il a repris la sienne. La distance déclenche une froideur protectrice. Nous n'avons jamais vraiment su négocier ses pertes répétitives. S'enflammer à 800 kilomètres l'un de l'autre est une démarche masochiste. Nous ne l'avons que trop fait, et à chaque fois, nous nous sommes heurtés à un lit vide. Alors, nous avons appris à nous préserver. Je vais être honnête, naturellement, je m'enflammerais encore. Mais quand il souffre, il est froid. Je ne fais que réagir à ses états d'âme et je m'adapte.
Mais la surprise. Au bout de 4 jours, il craque. Je lui manque. Vraiment. Et j'en suis heureuse. J'en suis amoureuse. Je retombe amoureuse comme au temps de tous les possibles. Je l'aime cet homme, o combien. Le coeur qui bat, encore et encore. Il me fait encore rougir, me fait trembler d'émotions.
Je suis lucide. Ce sont les conditions de notre relation qui maintiennent cet état émotionnel. Et j'en suis à un stade où je commence à sincèrement apprécier les avantages contestables de la distance. J'aime qu'il me manque, j'aime n'être sure de rien. J'aime le perdre et le reconquérir. J'aime recommencer. Des débuts à répétition. Nous avons tout le temps de ressembler à tout le monde. J'aimerais vivre ainsi jusqu'à mes quarante ans. J'aimerais mener ma vie de femme indépendante dans la fleur de l'âge jusqu'à cette dead line. J'aime ma vie : le quotidien avec mes enfants, mon travail que j'adore, mes amis, mes blogs. Et j'aime mes parenthèses enchantées avec mon homme. J'ai 37 ans. J'ai trois belles années à vivre devant moi sans la peur de finir seule. A quarante ans, je me déciderais peut-être à partager mes jours avec lui. Ou peut être pas. Le manque de lui ne remporte pas le match contre mes envies de liberté. Si je passe le cap de déménager, de le rejoindre, je renonce à tout ce que j'ai réussi à construire seule et tardivement. Et c'est un non farouche. Non, non et non. Je suis fière de ce que j'ai fait et je veux encore l'apprécier.
Et lui met ses pas dans le même chemin que moi. Il apprend à vivre seul et bien seul. Il apprend à se connaître, lui qui a tant voulu ressembler aux rêves que son entourage faisait pour lui. Il mène son quotidien comme il l'entend. Il se consacre à lui et c'est bien ainsi. Un jour, quand nous aurons assouvi, abouti cette démarche, nous serons prêts à partager la même maison. Mais c'est encore trop tôt. Être patients. Et constater émerveillés, qu'au bout de plus de deux ans et demi d'une relation chaotique, nous sommes amoureux comme au premier jour.
Je sais que nous sommes cinglés et que je ne peux expliquer à quoi cela tient. Je ne cherche plus à justifier notre couple. Nous sommes des malades et je sais qu'un regard rationnel ne comprend pas. Après des tumultes pareils, tant de mensonges, de trahisons, de bassesses, eh bien, oui, il ne reste que de l'amour. Apparemment de l'amour plus fort que tout. C'est lui, c'est moi. Ces vacances passées avec lui étaient bien douces, apaisantes et même les accrochages se sont passés en délicatesse. N'en déplaise au monde entier, je l'aime. Il m'aime. Et malgré tout ce qui s'est passé, je commence à croire que nous avons vraiment un avenir.
Et un bel avenir qui nous ressemblera....
12:32 Publié dans Chroniques du temps amoureux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, avenir, questions
22.01.2009
Et retomber amoureuse
"Je crois que je retombe amoureuse de toi"
Comment au bout de deux ans et demi d'amour turbulentes, puis je ressentir cela ? Hier soir, nous avons fait l'amour. Je pèse chaque mot. Une douceur infinie, une sensualité pleine et entière, une harmonie qui n'est pas de ce monde. Des heures. Un homme dans la peau. Une femme dans la peau. Charnel.
Nous avons traversé une période sexuelle ludique. Et simultanément, nous sommes revenus aux sources pour en découvrir d'autres. Des sources luxuriantes, voluptueuses. Et pendant qu'il dort près de moi, j'écris. Je tente de me souvenir de cette douceur presque douloureuse. Nos voix qui chuchotent après l'amour, face à face, mes mains qui le caressent, qui n'en finissent jamais de parcourir son corps comme il parcourt le mien. Cette complicité de damnés qui nous condamnent probablement l'un à l'autre.
C'est lui. Et pas un autre. j'aurais beau m'en vouloir, c'est lui envers et contre tout. A quoi bon tenter d'expliquer : "Nos amours nucléaires n'en finissent pas, c'est ainsi, de faire valser la poussière" (Arman Melies)
Nous sommes au bout du monde. J'entends les oiseaux chanter, les rayons du soleil filtrent à travers les volets. J'aime être avec cet homme au milieu de nulle part.
Thanks God
12:30 Publié dans Chroniques du temps amoureux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : temps, histoire d'amour, amour
22.07.2008
Mes amours, mes amants, mes sexfriends...
En lisant le commentaire de Lucia "Je compte mes amants comme je compte les moutons", j'ai repensé à ma propre liste. Très spontanément, je pense à certains, et je m'oblige à réfléchir à d'autres.
- Celui dont je me suis débarrassée quasi immédiatement post coït et que je surnomme "Tarzan"
- Celui qui avait le plus petit sexe de tout l'univers
- Celui, canadien, et qui, le premier, m'a bouleversée de sensualité
- Joakim
- Celui qui disait que j'étais une liane
- Celui dont je ne suis plus si sure qu'on ait couché ensemble
- Celui qui disait "c'est magnifique"
- Celui avec qui j'ai vraiment appris à faire l'amour
- Celui qui m'a offert mon premier orgasme
- Celui qui s'est pété le frein
- Celui qui m'a fait saigner tellement il était équipé ! (plus jamais !)
- Celui qui était très peu équipé mais qui savait compenser
- Celui qui était unijambiste
- Celui avec lequel c'était évident
- Celui avec lequel c'était sportif (X 2)
- Celui qui, rien qu'en m'embrassant, me mettait en transes
- Celui qui ne m'a laissé strictement aucun souvenir (X ???)
- Celui qui avait 50 ans
- Celui qui m'a tendu les bras après la première fois
- Celui que j'ai foutu gentiment à la porte le lendemain matin (X ???)
- Celui qui me regardait comme si j'étais la 7ème merveille du monde
- Celui qui était boxer et écrivain
- Celui d'Hossegor que je n'ai jamais oublié
- Celui avec lequel c'était au delà du réel la première fois et foirage total après
- Celui avec lequel je n'ai jamais couché (X 2)
- Celui en qui j'ai une absolue confiance et avec qui je pourrais tout faire
- Celui qui était américain, peintre & bouddhiste
- Celui qui m'a donné goût à moi
- Celui avec lequel je pouvais faire l'amour pendant des heures, des jours, des mois, des années
- Celui qui sera le dernier
- Celui qui sera le prochain
- Celui, surtout, qui me voudra (veut), m'aimera (aime), me rêvera (rêve), me caressera (caresse), me fera (fait) jouir jusqu'à la mort
Certains ne font qu'un. Comme je n'ai fait qu'un avec lui (eux). Merci pour le plaisir, les fous rires, la sensualité, la générosité, la tendresse, l'attention, l'énergie, la fantaisie, la luxure, la jouissance, la volupté, l'abandon, l'abîme...
07:26 Publié dans Chroniques du temps amoureux | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, amants, amours, sex friend, liste


