19.07.2009

Awra Amba, le village des possibles...

 

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Awra Amba est un village au coeur de l'Ethiopie, fondé par un homme, qui, enfant, était révolté par le traitement infligé à sa mère. Il décide une cinquantaine de personnes. Ils vont créer un village où femmes et hommes seront sur un pied d'égalité. Les villages voisins réagissent mal, ils seront chassés, 20 d'entre eux mourront sur les routes mais ils tiennent tête et récupèrent leurs terres. C'était en 1972.

Depuis ils ont construit un havre de paix. Les tâches sont distriuées en fonction des envies de chacun. 5 jours sont consacrés aux travaux collectifs. Le 6ème aux malades et aux personnes âgées qui sont regroupées, à leurs demandes, dans une "maison de retraite". Le 7ème jour chacun est libre. Les bénéfices sont redistribués à la fin de l'année. Aucune préférence pour une religion, le Dieu est le même pour tous et la religion ne dirige rien. Ils ont un conseil de 13 communautés élues tous les trois ans. Les enfants vont d'abord à l'école et jouent avant de filer un coup de main à leurs parents. Les femmes prennent la pilule, résultat, en moyenne 4 enfants par couple. Le sida n'existe pas car la prostitution est inexistante. Aucune excision n'est pratiquée. Par contre, il est interdit de boire, de fumer ou de boire du café, celui-ci étant considéré comme un excitant.

Bref, c'est possible ! C'est formidable. Bien sûr, ça ne doit pas être parfait, mais voilà un village au coeur de l' Afrique, indépendant, autonome, où la religion n'est pas un pretexte au grand n'importe quoi, où l'on respecte chaque être humain, homme, femme, enfant.

C'était du baume au coeur d'apprendre l'existence de ce village;)

 

18.07.2009

De la culpabilité (2)

La suite de cette conversation fut très enrichissante. Nous en sommes arrivés encore au sujet premier : ma mère. Encore et encore. Et il est fort probable que je retourne chez le psy remettre les mains dans le cambouis. Je ne peux changer les réactions des autres. C'est donc mon attitude que je dois modifier. Et pour cela, il faut revenir aux origines du mal.

Je suis née 13 et 12 ans après mes soeurs. On ne peut pas donc dire que mes parents se sont précipités pour faire la petite troisième. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Je suis une enfant de réparation ou de colmatage. La version officielle dit que toute la famille voulait un bébé et que ça faisait plaisir à tout le monde. Vous noterez le côté "gadget" ! Sauf que ce n'est pas si simple que ça évidemment. Je suis née, comme par hasard, à leur retour en France après avoir passé 15 années à Madagascar. Je suis née à un moment difficile pour tous. Mon père devait recommencer à zéro professionnellement, ma mère ne travaillait plus et avait perdu un train de vie, un rythme auquel elle tenait beaucoup, plus ses amis. Quant à mes soeurs, c'était le choc de la métropole. Alors, non, tout le monde n'allait pas très bien. Je pense que je suis née pour redonner une dynamique familiale, colmater les brèches. Genre de ciment. La naissance des enfants remplit toujours une fonction. Ca ne veut pas dire que c'est mal. C'est juste qu'il ne faut pas se raconter d'histoires. Et ça peut être très positif.

La seconde chose, c'est que ma mère a toujours dit qu'elle ne vieillirait pas et qu'elle mourrait, ou qu'elle pourrait mourir quand sa DERNIERE fille aurait 16 ans. C'était tout ce qu'il y a de plus officiel. Vous remarquerez que ma soeur aînée avait 13 ans.... on s'approchait dangereusement de l'échéance, non ? Tout cela n'était évidemment pas conscient de la part de Maman, et elle n'a jamais voulu me faire de mal. C'est navrant, parce que je crois que si elle avait eu la moindre idée des dégâts, elle aurait couru chez un psy ! Être parent, c'est terrible, car vous fabriquez vous-même le lit des névroses de vos enfants la plupart du temps. C'est pour ça que c'est pas mal de consulter. Pour prendre du recul. Bref, en caricaturant les choses, je suis née pour prolonger la vie de ma mère. Il y avait un sens à ma naissance et par extrapolation à ma vie.

Sauf.

Sauf que je grandis. Et le fait que je grandisse est synonyme de mort. En tout cas, c'est ainsi que ca s'est posé dans ma petite tête. Maman s'est détournée de moi vers l'âge de 7 ans. Elle s'est passionément occupée de sa petite fille. Elle m'aimait, je n'ai aucun doute là-dessus mais je grandissais. Plus tard, elle m'écrira un mot, le seul que j'ai eu de sa part. Un mot qui en dit long : "À mon petit poussin, devenu un poulet au vinaigre". Quand la pédopsy de mes enfants me l'a décortiqué, j'en suis restée estomaquée. Car c'était toujours quelque part mal de grandir. Je n'étais ni une poule ni un coq, mais un poulet, par définition asexué, et en plus vinaigré, c'est à dire, âcre, amer. Décortiquons : le synonyme de "vinaigrer" est "assaisonner ". Les synonymes d' "assaisonner" sont : accommoder, agrémenter, ailler, ajouter, apprêter, aromatiser, arranger, battre, condimenter, donner du piquant, épicer, étriller, invectiver, pimenter, poivrer, préparer, rehausser, relever, réprimander, rudoyer, safraner, saler, vinaigrer. J'ai toujours adoré couper les cheveux en quatre! Mais on peut tourner les choses dans le sens que l'on veut, il n'y avait rien de positif dans ce mot. Celui-ci avait été demandé par moi. J'avais réclamé un mot de Maman pour mon carnet de "dédicaces" à l'école... Et voilà ce que j'ai eu. Et ce qui est resté.

Je grandissais, et inconsciemment je savais que je rapprochais chaque jour un peu plus ma mère de la fin. Ce n'était pas particulièrement épanouissant. J'avais 14 ans. Mon père est parti travailler à Marseille. Ca n'allait pas très fort entre mes parents. Papa couchait probablement avec sa meilleure amie. Et oui... Il me l'a avoué puis  toujours nié, mais toujours est-il que la meilleure amie de ma mère débarquait à la maison trois mois après la mort de Maman. C'est peut-être pour ça que j'ai toujours été indulgente avec ce genre d'histoires. Car je ne l'ai pas mal vécu. Non, j'étais même plutôt contente que ce soit elle. Elle était cool, intelligente et elle s'occupait de mon père. Et je m'aperçois en écrivant qu'en fait, il est fort probable que je rejoue la scène. Mon Dieu ! Nous sommes bien peu de choses ! Et je ne m'en aperçois que maintenant...

Bref, j'y reviendrai.

J'ai 14 ans et mon père n'est plus là quotidiennement. Il va s'écouler une année très étrange. Je sens de tout mon coeur, de tout mon être que Maman ne va pas bien. J'ai des flash et tout ce qu'il en ressort, c'est une immense tristesse, un mal de vivre et des comportements plus que bizarres. Même si je ne le formalise pas clairement, je sais que Maman est malade. Je ne dis rien. Par peur. Parce que je pense qu'on ne va pas me croire. Parce qu'on ne m'écoute pas aussi... Je vais m'en vouloir pendant des années. Même si je sais que sa tumeur était inopérable, parce que placée derrière le cervelet, même si je sais qu'il n'y avait rien à faire, je m'en suis terriblement voulue. C'est pour cela que je vais passer le reste de ma vie à ouvrir ma grande gueule et à parler trop directement aux gens. J'ai tenté tout le long de ma vie de rattraper cette faute qui n'en est pas une. Je suis coupable de non assistance à personne en danger en permanence.

J'ai 15 ans. Maman est officiellement malade. Il reste un an avant la date fatidique. J'ai assassiné ma mère en grandissant. Tu mourras quand j'aurais 16 ans. Alors, je l'enterre au plus vite. Le poids de la faute est écrasant. Et dès lors que j'apprends le diagnostic, je la déclare décédée et je fuis le fantôme installé dans ma maison. Je ne vais pas être à la hauteur. Je sais... j'avais 15 ans et je réagissais comme je pouvais. Mais je n'ai pas assuré un quart de seconde. Jusqu'au point d'orgue, cette scène terrible dans le salon. Elle est là, elle, amaigrie, plus de cheveux, plus de sourcils, gonflée par la cortisone, les médicaments, l'ombre de celle qui fut ma mère adorée, belle et charismatique. Je suis là les bras ballants. Je l'aime. Je la déteste. "Je sais bien que je te dégoûte !".

Oui. C'est vrai. Nous nous sommes détestées toutes les deux. Je la faisais mourir. Le temps et moi, nous étions assassins. Et elle me privait du sens de mon existence. Je n'avais pas réussi en naissant à maintenir ma mère en vie. Alors à quoi bon ? Tout cela était bien évidemment inconscient.

Elle est morte. Dès lors, j'entame une longue période d'autodestruction. Je n'avais pas le courage de me foutre en l'air, lâche que j'étais. J'ai procédé autrement. j'étais un zombie comme dit mon amoureux. J'avais une fonction, ma mère en partant me l'a retiré. J'ai flirté avec des envies de suicide pendant de longues années. Incapable de construire, j'ai erré.

Ma mère est née un 15 mai. Le 14 mai 2003, soit seize ans après sa mort et symboliquement 24h après sa naissance (Et par pitié, qu'on ne me dise pas que c'est le hasard), je suis partie. J'ai pris mes enfants sous le bras. Et j'ai commencé à construire. Mais ce n'était pas suffisant.

Il fallait régler la névrose familiale... Il y a le drame avec ma soeur. Tout ce qui n'avait pas explosé à la mort de Maman, a éclaté. Et j'ai fait ce que je pensais qu'on attendait de moi, en fait. J'ai voulu mourir. J'ai fait une tentative de suicide.  J'ai attendu 16 ans comme une seconde naissance. J'ai survécu. Et je me suis appropriée ma vie. Je suis née parce que je le voulais. Et j'ai commencé à vivre. Je n'avais fait que survivre, un peu morte vivante pendant 16 ans. C'était ma façon de payer, je pense.

Et il est curieux de constater que j'ai révécu la scène avec le fait de tomber amoureuse de l'ex-mari d'une amie. Parce que quand Ninou était à la maison, c'était le seul moment où ça allait à la maison. Ca me rendait heureuse. Inconsciemment, je me rapprochais de ce qui m'avait fait du bien. Maman n'était plus là. Morte. Ninou était bien vivante. Qu'est-ce qu'inconsciemment j'ai mis là-dedans ? Je n'en sais trop rien. C'est encore trop flou, je m'en suis aperçue en écrivant ce texte.

Pendant des années, j'ai pensé que j'avais volé la vie de ma maman. (Au passage, le fait que l'ex de mon mec estime que je lui ai volé sa vie, est encore un "je rejoue la scène". Sauf que cette fois-ci, non. Je n'ai volé la vie de personne, elle n'a pas réussi à me convaincre de cela, ma vie est légitime). Bref. Que c'était Maman qui aurait du rester. Je me suis sentie coupable et j'ai passé mon temps à essayer de réparer à travers d'autres vies. Le point d'orgue étant ma tentative de suicide qui voulait dire "J'ai échoué, j'ai payé pendant 16 années, un an après cette fois-ci, je m'en vais". J'ai réussi à donner un autre sens à ma vie. Mon sens. Et je ne me devais plus d'être à la hauteur des espérances des autres. J'ai chuté par mon histoire avec mon mec. Et j'ai survécu.

Tout ça pour dire, que la culpabilité est ce qui me gouverne mais que plus le temps passe, plus je la tiens à distance. Quand j'en ai discuté avec mon amoureux, il m'a tenu des propos incroyables. Enfin... non, mais disons qu'il prenait le temps de reconnaître que ce qu"on" m'avait fait avait été traumatisant, et terriblement destructeur. Même si Maman n'a jamais voulu me faire de mal, je le sais. Elle m'aimait. Je pense que si Papa a été autant "en colère" après moi après sa mort, c'est parce inconsciemment, il m'accusait lui aussi d'avoir grandi. S'il s'agit d'un malentendu, mon père va le prolonger puisque d'une part, j'ai le souvenir qu'il va m'accuser d'être responsable de la mort de sa femme. Est-ce imaginé ou réel, je ne sais. Et par ailleurs, Papa va "tenter" de me tuer à deux reprises. En tout cas, il m'a menacé de la faire. Une fois avec un flingue, une autre en évoquant l'idée de me jeter par-dessus bord. Je suis sur un pont avec lui avec vue directe sur les remous du Rhône... Tout se rejoignait, j'étais bel et bien censée mourir...Ma soeur aînée n'avait pas eu le temps de faire payer à notre mère, c'est à moi qu'elle présentera l'addition. Seule ma soeur cadette a eu une attitude saine, je crois. Et peut-être inconsciemment, si elle m'aime autant, c'est que je suis aussi ce qui lui reste de Maman.

La vie de Maman et la mienne se sont confondues longtemps. Mais je crois, qu'avec ce texte, nous venons de nous séparer.

Définitivement...

17.07.2009

De la culpabilité (1)

Très curieux. Suite à un évènement, nous avons eu une longue conversation avec mon amoureux. Ça le fascine assez depuis le temps, mais il constate très régulièrement que des gens qui m'ont adoré me poursuivent de leur haine et de leur rancune.

Dernier exemple en date, un mec avec qui j'ai été pendant une semaine il y a 15 ans, qui apparemment devait être très accro à l'époque (C'est pas moi qui le dis, c'est un pote commun) et qui a mis 10 ans quasiment pour me reparler. Bref, ce type qui a refait sa vie depuis (Oh, ça va on peut rigoler) m'a invité à sa fête de déménagement. Je vous la fais courte mais je suis restée coinçée dans l'ascenseur avec mon mec. La porte de ce foutu ascenseur étant fermée aux trois quart, il a poussé la porte. J'ai bien dit "pousser". Eh bien, je m'en suis pris plein la gueule. Car j'ai défoncé exprès la porte de son ascenseur. Je l'ai pris pour un con, et j'ai massacré sa porte d'ascenseur trois jours avant son déménagement, uniquement dans le but de le faire chier. C'était absolument lunaire. Ce que je veux dire par là, c'est que sa réaction était tellement disproportionnée que ça n'avait rien à voir avec le fait initial. Et c'est ce fameux pote qui a dit "Te casse pas, ça se rajoute à ton passif".

Bon...

Autre évènement. Un pote avec qui je n'ai plus de contact, car je suis fâchée avec sa femme, est en colère après moi parce que j'aurais dit du mal d'eux dans un mail. Le hic, c'est que je ne l'ai pas fait. Sérieux, en plus j'ai vérifié sur ma boîte mail. Peut-être une phrase maladroite. Un mot ambigu. Je ne sais. Ben non.

À ces deux évènements, j'ai fini par répondre de la même manière. Des copains, morts de rire, m'ont contacté pour me dire qu'ils savaient que j'avais défoncé un ascenseur. J'ai fini par demander de quoi ils parlaient. Inutile de tenter de m'expliquer, c'est perdu d'avance. Pareil pour les horreurs que j'aurais soi disant balancé. J'ai même failli en rajouter en précisant que j'avais dit que lui, était un partouzeur, et elle une fille de collabos. Je plaisante évidemment, ils ne sont rien de tout ça, mais au bout d'un moment quand on vous accuse de trucs irréels, vous finissez par mourir d'envie de fournir une bonne putain de raison.

J'ai été dans ma vie responsable par la seule force de ma pensée, d'un divorce, d'un vol de vie, d'un ascenseur mutilé, d'un alcoolisme caractérisé, de la mort de ma mère, d'une dictature virtuelle, de 100 000 francs dépensés, d'une amitié brisée, d'un départ en Afrique (Je caricature) etc, etc

On me fait dire n'importe quoi, on me fait faire n'importe quoi, on m'impute du très grand n'importe quoi.

Je suis surpuissante. Je finis par me dire que j'ai tous les inconvénients de la célébrité... sans être célèbre, ce qui, vous en conviendrez, est assez balôt.

Je rigole mais j'ai fini par comprendre que je suis de celles à qui on ne pardonne pas. Quelques personnes sont indulgentes mais très peu. Je commence à les compter sur les doigts d'une main. Je ne suis ni pire ni meilleure qu'une autre. Mais je constate qu'à maintes reprises, des gens que j'ai soutenu, aidé, défendu envers et contre tout, ont tenté de me démolir et continuent encore.Par exemple, ce type de l'ascenseur. Un jour sa copine l'a largué. J'ai pris du temps, j'ai discuté avec lui, l'ai rassuré car je savais qu'elle reviendrait. Je me suis même inquiétée. Je l'ai vu en position de faiblesse, ça faisait deux fois. Une de trop ?

Mon amoureux me dit qu'il y a quelque chose en moi qui sert de révélateur aux autres. Quelque chose de très dérangeant contre lequel je ne peux pas faire grand chose. Quelque chose que je dégage et qu'il est fort probable que je continue à m'en prendre plein la gueule régulièrement. Mais il y a une chose que je peux changer d'après lui. C'est le fait de me sentir coupable d'entrée de jeu. Si quelqu'un me reproche quelque chose, je vais automatiquement tenter d'appréhender ses raisons. Et me demander s'il n'a pas raison. Parfois, c'est valable, d'autres fois, non. Par ex, cette histoire d'ascenseur. Je me sentais hyper emmerdée. Je savais qu'il déménageait. Et parce que j'étais emmerdée, je me suis sentie coupable. Sauf que ce n'est pas de ma faute si la porte a lâché dans cette histoire. D'autant plus que ce n'est même pas moi qui l'ai fait. Mais je me suis sentie coupable. Et l'autre crétin en a profité. Je lui ai déroulé sur un tapis rouge une autoroute de culpabilité. Et il s'est engouffré dedans.

Parce que je tente toujours de comprendre les gens même dans leurs pires attitudes, ils doivent s'attendre aussi à ce que je leur pardonne quand ils m'en foutent plein la tronche. Et surtout, je suis en général le témoin gênant de leurs erreurs, de leurs failles et du côté sombre de leur personnalité. On me parle beaucoup. On se confie très facilement à moi. Et dès que la situation change, on me plante un couteau dans le dos, question de supprimer les preuves. Je caricature, évidemment, mais il y a de ça.

Cette conversation était passionnante. Cette conversation avec lui. J'ai beaucoup appris. Mais c'est surtout la suite qui fut intéressante. J'y reviendrais un autre jour.

05.07.2009

Des rencontres et des humains Ep 31

 

Et il y a la rencontre parfaite. Jamais de déception, un renouvellement permanent, de l'amour inconditionnel avec des « pour toujours » qui tiennent.

Elle est là quand je ne vais pas bien. Même inconsolable. Présence muette, qui pourtant me murmure à l'oreille des lendemains qui chantent. Vocalise à ma place mes illusions perdues. S'enroule autour de moi quand je chéris ma peine. Me berce de mots apaisants.

Elle est là quand je vais bien. Prend des accents brésiliens, elle le sait, c'est irrésistible. M'entraîne dans l'allégresse. Fait jaillir, la gaîté, la joie de vivre. Me fait danser. Sauter. Vivre un peu plus que d'habitude.

Elle est là, toute la journée, souvent la nuit. Elle est universelle, n'a pas de barrières, de préjugés ou de racismes. Elle est l'amie de tous mais surtout la mienne. Elle est anglo-saxonne mais aussi haïtienne, jamaïcaine, italienne ou japonaise. Je l'aime quand elle est française, c'est à travers cette langue que je suis la plus exigeante avec elle.

Elle n'a aucun espace-temps. Elle est là depuis toujours. D'aussi loin que je me souvienne. Le monde sans elle, perdrait un peu de son sens, car elle exprime mes émotions quand je suis démunie. Si je devais me priver d'elle, ce serait me couper une jambe. La pire des punitions. Si je ne l'entendais plus, je serais désespérée.

Elle était sous influence, quand j'étais enfant. Classique. Mon environnement l'orientait. Elle et moi, on ne se choisissait pas à l'époque. Depuis, cela a beaucoup changé. C'est moi qui l'incline. Mais elle me réserve toujours des surprises, me tombe dessus quand je ne m'y attends pas. Elle est de tous mes moments forts. Pas un souvenir sans elle. Elle parle de moi à travers mes âges.

Elle est le grand regret de mon père à mon sujet. Car j'étais douée pour elle, il paraît. On me l'a mise dans les mains, et ce fut tout de suite ma meilleure amie. Effectivement, c'était facile pour moi de jouer avec ses clés, de passer de l'une à l'autre. C'était déconcertant pour mon entourage. J'ai été douée pour quelque chose. Pour elle. Un adulte m'en a écoeurée. On m'avait enfermée avec elle dans un conservatoire. Et me faire hurler dessus pour elle, n'a pas été supportable. D'un commun accord, nous avons décidé toutes les deux qu'elle se contenterait de m'accompagner. Elle ne deviendrait pas ma vie.

Elle m'a suivie à l'adolescence, elle était noire, elle était pessimiste. Et puis, toutes les deux, nous sommes allées voir « Purple Rain » de Prince. Une révélation. Nous allons aimer le funk, la soul pour toujours.

Au gré de mes rencontres et des humains concernés, nous allons évoluer ensemble, mais elle est la plus fidèle d'entre tous. Je sais que je peux tout perdre. Pas elle. Elle est la plus sûre de mes alliés. Il ne se passe pas un jour sans que je l'entende. Et mon amour pour elle est sans limites.

La musique.

C'est le dernier des « rencontres et des humains ». Tous les textes étant construits en fonction de la musique ou inversement, il était évident que ce serait elle, la dernière. La musique. La rencontre toujours parfaite, jamais source de frustrations, toujours fruit de nouveaux bonheurs.

Il existe des humains pour lesquels la musique n'est pas importante. Ça me dépasse, me consterne. Je trouve toujours ça symptomatique d'une pauvreté de cœur. Je ne comprends tout simplement pas, et autant je crois avoir beaucoup d'empathie pour pas mal de choses, autant ne pas écouter de musique est pour moi rédhibitoire. Je ne peux pas être amie avec quelqu'un qui ne peut pas parler de musique trois minutes. D'ailleurs, je m'en suis aperçue tard mais c'est devenu effectivement un critère de sélection. Je me méfie des gens qui n'ont aucun penchant pour la elle. Comme dit si bien Ian Mc Ewan « Elle aimait la célèbre fresque dépeignant, lui avait-on dit, l'appétit de l'humanité pour l'abstraction magnifique de la musique, avec le génie de l'harmonie représenté sous la forme d'une boule de feu éternel »

Ou encore « La musique met l'âme en harmonie avec tout ce qui existe. » Oscar Wilde. « La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée. » Platon. « La musique est peut-être l'exemple unique de ce qu'aurait pu être - s'il n'y avait pas eu l'invention du langage, la formation des mots, l'analyse des idées - la communication des âmes. » Marcel Proust.

Je peux continuer ainsi très longtemps. Les humains qui n'aiment pas la musique ne font pas partie de mon monde. J'ai un peu de mal avec ceux qui restent coincés dans une époque. Ils bloquent leurs vies quelque part. Refuser l'évolution naturelle de la musique, c'est quelque part manifester un blocage sur le fait de vieillir. Et c'est inévitable, plus le temps passe, plus nous nous raccrochons à nos nostalgies musicales. Je n'y couperai pas. Je n'ai qu'à voir mon père, écoutant toujours du jazz Nouvelle-Orléans, de l'opéra. Mais qui a toujours le premier 45 tours de Jimmy Hendrix...Il a une belle collection.

L'ipod fut une révolution dans ma vie. C'est mon boss qui m'a offert le premier. Mes amis m'ont fait cadeau du second. Mon amoureux le troisième. Nous nous sommes toujours dit qu'un vrai cadeau coûtait un peu de soi. J'avais un 30 gigas. Il en avait un de 60. Il m'a spontanément donné le sien. C'était un bien joli cadeau. Et je l'en remercie encore. Il m'a permis d'accumuler, ma belle collection d'indispensables, d'inédits, de rarissimes, de classiques, de nouveautés. 5571 morceaux. Quasi 30 gigas. Plus mes sauvegardes. Plus les cds. Plus tout ce que j'ai semé au gré du vent.

Conclure par la musique, évidemment. Le dernier « Des rencontres et des humains ».

Je me suis rendue compte, il y a peu, que cette série ne concernait que des humains avec lesquels j'avais le sentiment d'une erreur. Ce n'était jamais des choix hasardeux. 31 sujets. 31 rencontres. En fait 30. Je me suis trompée. J'ai tenu tout le long de l'année. Parfois sans envie, parfois je trépignais d'impatience. Je tenais à parler d'eux. Le dénominateur commun ? Oui, ce sentiment d'erreur, ou d'inachevé. Ou d'ambivalence. C'est la fin d'un cycle. J'ai mis sur la table tout ce qu'il y avait à savoir sur moi. En 2007, quand j'ai commencé les blogs, c'était très désordonné. Et puis, il y a eu le brouillon de roman qui m'a permis de régler ce que je portais comme la plus grande faute de ma vie. J'ai posé ma culpabilité sur le côté. J'ai continué avec « Des rencontres et des humains ». J'ai réglé mes comptes avec moi-même en quelque sorte. Un long processus de réparation d'égo. L'exhibitionnisme au service d'une réhabilitation.

J'en ai fini, je crois. Pour l'instant, en tout cas. J'en ai fini avec moi.

Je vais écrire autre chose la saison prochaine. La saison 3. Je me pencherai sur des inconnus. Dialoguer avec eux, des interviews subjectives d'humains sans gloire et sans musique mais avec un destin particulier. Je m'emparerai de leurs vies, je les ferais miennes, et je tenterai de les restituer, un stylo à la main. Et toujours de la musique pour illustrer. Elle donne toujours le tempo, l'intonation, la tonalité.

En écrivant ce texte, je me suis demandée quelle serait la bande originale de ma vie. Je me suis essayé à l'exercice. J'en ai fait une playlist. Valable aujourd'hui. Probablement qu'il y aurait des variations même si l'essentiel y est. Mais je vous quitte quand même sur une chanson précise. Une des chansons les plus cinématographiques que je connaisse, de celles qui emportent votre imagination, vous emmène ailleurs... Et pour rendre hommage à la musique, ma belle alliée, je choisis la version live.

Un tour de force.

Goldfrapp, « Lovely head ». Pour l'avoir chanté tant de fois quels que soient mes états d'âmes.

Moi seule avec la musique.

« I fool myself
To sleep and dream
Nobodys here
No-one but me
So cool »

C'est fini pour cette saison...

 

 



04.07.2009

Des rencontres et des humains Ep 30

Tu m'as dit, il y a peu

"Je sens bien que je t'aime plus que tout le monde n'a coutume d'aimer, mais je ne saurais te le dire que, comme tout le monde, te le dirait. Je suis au désespoir que toutes les déclarations d'amour se ressemblent".

C'est de Jean Teulé

Je ne regretterai jamais notre rencontre et l'humain que tu es

Mon amour, ma plus belle erreur...

 

 

03.07.2009

Entre le rejet et le coup de foudre

 

Billet écrit il y a quelques temps sur une autre plateforme
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« L'écriture est une mésaventure que j'ai toujours désirée... »
Régis Jauffret


C'est le premier bouquin de ma vie que je suis pressée de finir, tout en espérant voir le "héros" crever.

De tout mon coeur.

Très vite, j'ai eu envie de jeter ce livre par la fenêtre. Mais Régis Jauffret retient ma main...

 

DReam of life : Patti Smith

 

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Un chamane. Un chamane qui se perd au Japon. Un concert qui tourne à la scène christique. Une femme qui a perdu son frère et qui vous explique que cela l'a rendue positive. Elle est magnifique de façon totalement fulgurante et éphèmere. Des scènes de tendresse avec ses parents. Elle. Son allure incroyable. Les textes d'une poésie déstabilisante. Sam Shepard qui se fout de sa gueule parce qu'elle joue de la guitare comme une brelle."Je n'essaie pas de faire sensation". Elle est. Capacité de revolte intacte. Une phrase de Jackson Pollock : "Picasso fait chier, il a tout fait". Un sourire extraordinairement lumineux et à la fois carnassier. De l'appétit. Elle trimballe une toute petite part de cendres de Robert Mapplethorpe à travers le monde. William Burroughs. un voyage au Tibet. Allen Ginsberg. Gregory Corso "plus élégant et irrévencieux poete de la beat géneration". "Souviens toi que tu vas mourir mais pas la poésie". Politique. Infiniment politique. Des vocalises avec ses musiciens. Une danse. Patti Smith en vieillissant ressemble de plus en plus à un indien. Un indien guérisseur. Un chamane.

Onze ans de tournage. « L'endurance nécessaire pour tenir le coup et pour filmer ces instants-là. ». 100 000 dollars de dettes. « Il émanait déjà de ce film tant de parfums différents-la musique, la peinture, les photos, et voyages. J'avais envie que ce film soit une sorte de prolongement de l'esprit de Patti. Il faut dire que son esprit a une sacrée intensité. Il est abstrait. Provocant. Elle ne s'arrête jamais de réfléchir.La narration de Patti est si poétique qu'il me semble que le film pourrait s'assimiler à la lecture d'Alice au pays des merveilles »

Patti Smith (née Patricia Lee Smith le 30 décembre 1946 à Chicago, Illinois, États-Unis) est une musicienne et chanteuse Rock, poète, peintre et photographe. Mariant la poésie Beat avec le Rock "garage" des années 1960 et 1970, elle a été considérée comme la "marraine" du mouvement punk de la fin des années 1970.

Steven Sebring est un photographe de mode.

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"Dream of life" : documentaire musical. 1h49.

http://www.dreamoflifethemovie.com/

Merci à Xavier du bureau de presse Attitude d'avoir pensé à me l'envoyer spontanément ;)


 

02.07.2009

L'évitant et l'anxieuse

Je termine le bouquin de Lucia Etxebarria. C'est mon mec qui me l'a acheté, nous sommes de grands échangeurs de livres, et ça m'a fait sourire qu'il choisisse celui-ci. "Je ne souffrirai plus par amour" que je suis censée lui filer dès que j'ai terminé. Parce effectivement, nous sommes dans la même dynamique tous les deux, l'amour ne doit pas faire souffrir, ça doit rendre heureux. Ça ne nous empêche pas d'avoir des accrochages mais depuis trois ans et demi que nous sommes ensemble, nous savons très bien que la situation nous oblige à dialoguer et à verbaliser. C'est d'ailleurs, indéniablement l'avantage des inconvénients, lol !

J'ai appris à ne plus crier, à ne plus raccrocher au nez, à ne plus monologuer. Il a appris à exprimer ses émotions sans avoir peur de ne plus être aimé, d'être jugé même si ce sont des choses désagréables à entendre. Il a appris à dire non. Il a appris à dire la vérité. Il a appris à se protéger en fait.

Ceci dit, nous avons passé deux heures à discuter hier de nos schémas comportementaux, par rapport à ce que je lisais du bouquin de Lucia Etxebarria. Nous étions morts de rire car, il est incontestablement un évitant. Et je suis carrément une anxieuse. Autant dire que selon l'auteur, c'est typiquement le genre de couple qu'on retrouve dans le cabinet des thérapeuthes, lol !

Pourquoi ?

Il y a trois sortes de comportements (en caricaturant les choses, hein ?!) : le (la) sûr(e) de lui, d'elle. Sur ce genre d'individus, pas tellement de problématiques particulières. L'évitant, lui, a peur d'être abandonné, quitté. En cas de stress, l'évitant ne demande pas d'aide, il se terre. Il ne s'agit que de stratégies défensives car en vérité, il a envie d'intimité mais elle lui colle la trouille. Il a beau rechercher la solitude, il la vit mal. Les stratégies adoptées sont la colère, le silence (grande spécialité), la fausse maturité (même punition, l'autre est forcément par contraste immature mais ça ne marche plus en ce qui me concerne), les distractions, et l'infidélité en sachant que c'est plus une assurance tous risques, du au cas où. Du côté de l'anxieux, en l'occurrence, l'anxieuse, moi... L'intimité la terrorise. forte dépendance émotionelle. Beaucoup de doutes, peu de confiance en soi. La crainte de l'abandon est telle qu'elle préfère le provoquer.

Concrètement ça donne quoi ?

Ha ben, c'est sportif ! Phase tout va bien, les protagonistes sont en point d'équilibre. Puis, au choix : l'évitant craignant la dépendance commence à éviter. L'anxieuse devient "hystérique" de peur d'être abandonnée. L'évitant se réfugie dans le silence. L'abandon est là. L'anxieuse lâche l'affaire. L'évitant a peur de la perdre et revient. Ou. L'anxieuse est trop heureuse, elle flippe. Elle commence à faire chier. L'évitant se sent pris au piège, il fuit. Et rebelote.

Je vous jure que c'est épuisant. Sauf que, ce qui est certain, c'est qu'à force de dialoguer, de communiquer, on peut arriver à enrayer la mécanique infernale. Nous savons avec mon amoureux, après nous être faits très peur, que nous ne sommes pas prêts de nous quitter. Alors, les choses sont prises avec plus de légèreté. Je n'ai plus peur de ses silences et ils diminuent de jour en jour. Il tient compte de mon ultra sensibilité et se moque gentiment pour dédramatiser. Nous rions de nos jalousies respectives tout en sachant l'apprécier parce que nous savons pertinemment quel sens elles ont. Pas aliénantes. Aimantes.

En bref, si vous vous posez des questions sur votre comportement, c'est un bon bouquin qui donne des pistes intéressantes même si ce n'est pas une révolution. J'ai sauté quelques chapitres.

Il y a trois phrases que j'ai particulièrement aimé. La première m'a fait rire "La chaîne du mariage est tellement lourde qu'il faut être au moins deux pour la porter... Voire trois" phrase de je ne sais qui mais qui confirme que je ne me remarierai probablement jamais.

Erich Fromm "Seule la personne qui a foi en elle-même peut être fidéle aux autres"

Le psychiatre P.C Kuiper qui souligne que les patients analysables ne sont pas ceux qui espèrent être soulagés de leur souffrance mais ceux qui cherchent à se comprendre eux-mêmes, qui prennent plaisir à découvrir des choses sur eux-mêmes. Car la seule façon de pouvoir soulager sa souffrance, c'est d'apprendre à se connaître.

Ben voilà. Si nous formons un couple solide avec mon amoureux aujourd'hui, c'est que nous nous connaissons bien. Et pas dans les moments de gloire, je vous le garantis. Dans ce qu'il y a de pire. On ne connait jamais aussi bien les gens que quand on les quitte, j'en suis convaincue depuis longtemps. Nous nous sommes quittés tellement de fois... Nous nous sommes dit tant de choses, des "plus jamais", des "je jure que", des " je te quitte définitivement", que ça n'a plus la moindre crédibilité.

Nous avons notre cheminement commun. Et puis il y a chacun le sien. Et je crois que ce qui est fabuleux dans cette histoire, c'est que je n'en ai jamais autant appris sur moi que depuis qu'il est rentré dans ma vie. Et qu'il n'en a jamais autant appris sur lui que depuis qu'il m'a fait rentrée dans sa vie.

C'est exceptionnel.

 

 

Un beau paradoxe

Non mais là, on atteint des sommets.

Alors, je vais arrêter de faire des sous entendus. En gros, l'ex de mon amoureux a couché avec un de mes potes (Elle a rien trouvé de mieux que de le dire...) et ce pote a trouvé très brillant de filer un ancien lien concernant mon brouillon de bouquin sur mon ancien blog. Manuscrit dépublié en mis en brouillon dans l'administration. Bref...

Bon.. là... phase drame pour changer. L'ex (on va l'appeler l'ex, c'est mieux) est devenue dingue, et vas-y que je te fais un drame alors qu'on s'achemine doucement vers quatre années de séparation. J'vous jure, yen a qui ont la patate. Et que je trouve rien de mieux que de scanner les lettres d'amour de, ha ben oui de SON ex et de MON amoureux (j'aime bien être une peste de temps en temps) et de me les envoyer. Pathétique.  Je ne les ai pas lu. Parce que mon mec me l'a demandé. Pour me protéger. Et je l'ai fait en direct avec lui au téléphone.

Retour aux agitations de l'ex. On change pas une équipe qui gagne, un  traditionnel "retourne dans le vide d'où tu viens", mantra initié il y a des années mais qui, force est de le constater, ne fonctionne pas. Ca forcerait presque le respect autant d'énergie.. à ne rien faire.

Et là où ca devient intéressant, c'est que cette...

Nan ! L'ex, donc, s'enfonçant inéxorablement dans... le vide... a imprimé mon brouillon de roman et le fait circuler. Si je me suis agacée au départ, j'en ai très vite rigolé.

Je suis dans un paradoxe. Mon premier vrai public, ce sont les copines de celle qui me souhaite le pire (dixit, hein ?! J'invente rien. Le pire étant une notion floue, ça peut aller, j'imagine, de "la mort de mes enfants" à "un cancer généralisé avec d'atroces souffrances que je souhaiterai mourir tellement ça fait mal". On ne sait pas.)

J'ai un public. C'est dingue, non ?! Le problème dans tout ça, c'est que je l'aime bien ce manuscrit. Et, désolée, non, ça ne me dérange pas qu'il soit lu. (Sous réserve du protection du droit d'auteur). C'est mon histoire sans être mon histoire. Elle est belle.

Je suis contente que "ma version" romancée des choses soit accessible. Je suis encore avec lui. Nous sommes amoureux.

Et si le fait d'aimer éperdument mon mec comme je l'aime, ça amène un être humain à me souhaiter le pire... Eh bien, je prends. L' histoire que je vis avec lui en vaut largement la peine.

Tomber amoureux n'est pas un crime.

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