22.02.2009

Journal de doc : la trentaine

Note : je participe actuellement au tournage d'un documentaire. Ceci est le début d'une série de billet

À l'origine, il y a le billet de Lau à propos des mères célibataires. À l'origine, il y a une réalisatrice de documentaire, penchée sur le sort des trentenaires. À l'origine, il y a Epidemik.

Je reçois un mail un beau jour :

"Bonjour,
Je suis réalisatrice de films et je tourne en ce moment un documentaire pour Canal+ sur les trentenaires. Je suis tombée sur votre blog via le texte sur les mères célibataires écrit par parasite extérieur.  Je suis à la recherche de jeunes femmes trentenaires pour apparaître dans mon film et témoigner. Je recherche, comme vous l'avez deviné, notamment une jeune femme, mère célibataire qui doit gérer le quotidien, le boulot, les soirées, etc. père que vous aurez un moment pour me répondre. Merci d'avance, Michèle"

Ma réponse est spontanée : "C'est mouaaaaaa !". Lol ! Je fais partie des trentenaires mais plus pour très longtemps. Je me souviens comme si c'était hier quand j'ai eu 30 ans. J'étais heureuse, j'espérais cet âge-là depuis si longtemps. Petite fille, je pensais en mon for intérieur, que trente ans, c'était le plus bel âge de la vie. J'en étais convaincue et la vie ne m'a pas déçue.

Je me réveille un beau jour, un joli 22 janvier et j'ai 30 ans. Je suis mariée et maman. Je ne travaille pas, je m'occupe de ma fille. J'ai 31 ans et je travaille avec mon mari. J'ai 32 ans, je suis doublement maman, ça va très mal avec mon époux. J'ai 33 ans, c'est la merde, j'ai quitté ce que j'avais construit, et je rame. J'ai 34 ans, je suis mère célibataire, j'ai un super job et un appart sympa. J'ai 35 ans et je retombe amoureuse. J'ai 36 ans, ma vie est super compliquée. J'ai 37 ans, je conjugue ma vie à tous les temps et je suis, en plus, une blogueuse. J'ai 38 ans et je m'éclate. Je ne regrette rien, c'est une décennie enrichissante, j'ai tenté de bâtir des choses au long cours et j'ai souvent échoué. J'ai fait des promesses auxquelles je croyais dur comme fer et que je n'ai pas tenues. Et par rapport à mon entourage, j'ai tout fait deux fois plus vite. C'est pourquoi, je suis une trentenaire sans l'être. Comme si j'avais été perpétuellement en décalage. Mes 20 ans auront été mes trente, mes 30, mes quarante. Mais j'ai commis les mêmes erreurs, je suis tombée dans les mêmes écueils, et j'ai vécu 1000 joies, les joies de ceux & celles qui sont encore jeunes et prennent le chemin de la vie adulte.

À 20 ans et les années qui suivent, vous êtes généralement perdus, en recherche, papillonnant d'un humain à l'autre, d'études en changements. Vous pensez noir. Vous pensez blanc. Vous vous êtes échappés de l'enfance et vous courrez partout, ivres de liberté. À 30 ans, nous grandissons. De gré ou de force. Nous construisons. Nous nous engageons. Oui, je crois que c'est bien cela. La décennie de l'engagement. Pour toujours ou provisoirement. Nous nous installons dans la vie active définitivement. Le travail est là, sans retour en arrière possible. Du moins, il faut, enfin, subvenir à nos besoins. Peu de chance que notre destin devienne exceptionnel comme nous l'escomptions. "I am invisible".

Non, nous ne serons pas star de cinéma, vedette de la chanson, ou brillant footballeur. Nous aurons une vie banale. Mais, pour la plupart, le deal nous convient. Et nous prenons confiance en nous. Nos premiers salaires dignes de ce nom nous portent à croire que nous sommes des adultes. Nous estimons être des adultes. Sauf qu'il y a maldonne. Cette décennie-là sert précisément à le devenir, et non à l'être. Adulte, c'est généralement vers 40 ans, que ça se profile vraiment. Nous avons décalé les échéances. C'est un jeu de rôles en fait. "Toi, tu serais un adulte, et l'on dirait que moi aussi". Sans voir que nous sommes encore la proie de nos illusions. Nous avons foi en nos rêves, en nos chimères, nous ne croyons pas encore tout à fait en nous, nous faisons semblant. "I am invincible".

Oui, nous nous sentons invincibles comme à nos 20 ans mais sur du rationnel. Invulnérable pour mener à bien une vie ordinaire. Nous défions les statistiques. Nous pensons que nous réussirons là, où la plupart ont échoué. Pas au sein de grandes choses. Rien d'extraordinaire. Mais, oui, c'est sûr, nous remporterons une victoire éclatante sur le quotidien, sur tous les passages obligés : professionnel, amoureux, familial, amical. "I am transcendental".

Oui, nous satisferons toutes nos ambitions personnelles, c'est évident. Surtout sentimentalement. Les femmes essentiellement. La trentaine, c'est le temps de l'horloge biologique. Tic Tac. Il faut construire et se reproduire. Enfin...Reproduire tout simplement...Mais ça, ça se règle avec un psy...  « Il est temps » nous chuchote à l'oreille la société. Alors, nous nous mettons en quête de The one. Nous papillonnons, nous rencontrons, nous vivons ensemble. Nous nous épousons. Ceux qui disaient "Je ne me marierai jamais" cherchent leurs bagues pendant des heures et coupent à deux leur pièce montée. "I am sentimental".

Oui, nous avons cédé à tous les clichés en les trouvant merveilleux. Nous installons deux noms sur la boîte aux lettres. Nous faisons des enfants sans vraiment réaliser qu'une porte a claqué derrière nous. Il nous faudra des soucis, des nuits blanches et des fièvres pour se rendre compte. Nous achetons au fur et à mesure notre première jolie bagnole, l'ipod, l'iphone et nous nous réveillons deux ans plus tard avec le break et le chien. "I am respectable".

Oui, nous avons pignon sur rue. Nous achetons nos premiers tailleurs, costumes tout en continuant notre collection de converses. Nous nous surprenons à ressembler à nos parents. Mais nous préférons toujours les potes. Parfois, nous avons peur. Certaines nuits, nous nous demandons comment nous en sommes arrivés là. Mais nous balayons vite les doutes. Car nous accumulons, après avoir éventuellement voyagé,   tout ou en options, une jolie femme, un mec bien, un, des enfants, une vie agencée, et puis tant qu'à faire, de beaux objets, un crédit immobilier, un patron qui a misé sur nous. "I am responsible".

Oui, le temps de s'effrayer de cette accumulation sera pour plus tard. Après 40 ans, temps de la middle life crisis, de la mort qui se rapproche car nous avons fait la moitié du chemin, nous le savons bien. Alors 30 ans. Nous accumulons les signes extérieurs de réussite. Nous regardons d'un oeil critique et tendre les amis qui résistent : l'éternel célibataire, la bonne copine qui accumule les échecs amoureux, la dilettante, le chômeur. Le temps des reproches sera pour plus tard. La scission entre ceux qui respectent les échéances sociales et ceux qui batifolent. Ils ne veulent pas de tout ça. Ils restent des éternels adolescents mais habillés en Hugo Boss ou Maje. C'est la même vie qu'avant sauf que c'est plus Arcachon mais Saint Trop pour les vacances. Le temps n'a pas de prise sur eux. Quant à nous, la majorité, nous capitalisons, nous superposons les bonnes couches sociales. Nous jouons aux legos grandeur nature. C'est la course à la construction. Nous nous surprenons à croire à des schémas d'une simplicité déstabilisante. Moi, ce moi si prépondérant à 20 ans, qui devient un "nous" conjugué à deux, puis trois, voire quatre. "I am universal".

Oui, nous faisons partie du système. La plupart abandonnent leurs idéaux de gauche à la première feuille d'imposition. Car nous devenons réalistes. Et que nous ne voulons pas renoncer au confort que nous sommes en train d'acquérir. Celui qui nous faisait marrer à rien branler de toute la journée, chômeur par intermittence, nous le regardons un peu de travers. Mais nous continuons de le dépanner. Pour bien dormir la nuit. Ces nuits que nous partageons avec un autre être humain dorénavant. Nous ne croyions pas vraiment qu'un seul être pourrait nous satisfaire, et, pourtant, nous sourions le matin à la même personne, depuis 2, 3, 4, 5 années. Nous faisons l'amour de mieux en mieux, moins en fièvres, plus en sensualité. Moins désordonnés, moins en apprentissage, avides d'expérience, plus surs de nous, de notre corps. "I am so sexual".

Oui, nous nous abandonnons un peu. Nous sommes plus généreux, moins égocentriques, la parentalité aidant éventuellement. Nous comprenons que le couple, c'est une somme de compromis, d'indulgences. Et parallèlement, nous nous achetons de nouveaux principes tout neufs. Nous sommes plus droits dans nos bottes. Avec notre vie « fragilement parfaite », que nous brandissons comme un étendard de raison, nous savons. Nous croyons savoir. Ce qui est bien, ce qui est mal. Ce qui se fait, ce qui ne se fait pas. Nous jugeons. Pas viscéralement comme à nos 20 ans. Mais abrités derrière notre réussite, nos valeurs. Froidement. "I am so inflexible".

Oui, nous devenons raisonnables. Pas tout le temps. La trentaine, c'est ça, être à cheval entre deux destinées, celle de l'enfant que nous étions et de l'adulte que nous serons. Parfois, nous régressons. La sensiblerie de la jeunesse revient par à coups. Nous mettons de l'affectif dans le boulot. Nous apprendrons à coups de tartes dans la figure, que ce n'est pas la solution. Nous jouons au con dans notre couple, parfois. Nous mettons tout cela en péril. C'est le temps des premières crises. Des premières tromperies avec enjeux que nous pardonnons. Nous pleurons encore souvent. "I am so sensible".

Oui, c'est le temps où ce n'est pas encore complètement ridicule de chialer devant ses potes. Nous leur posons encore des questions : « Tu crois que je fais une connerie en l'épousant ? ». « J'ai peur, qu'est ce que je fais ? ». Car nous le savons bien que la trentaine, c'est un sursis. Un sursis où la société vous observe, vous soupèse pour voir si vous êtes rentable. Elle vous rejettera sur les rivages de la quarantaine si vous l'avez défiée de trop. À la fin de cette décennie, nous devons être en couple, avec enfants, un boulot digne de ce nom, propriétaire, tout cela ou au moins l'un de cela. Il faut affronter cette pression-là. La réaliser et capituler. Renoncer à une certaine forme de liberté. C'est le temps où notre innocence agonise. Ça nous brise le cœur. Parfois, nous luttons pour ne pas la perdre, au risque d'être déraisonnable, incohérent pour mieux rentrer dans le rang. "I am irrational".

Oui, il arrive que nous soyons encore extravagants. Toujours écartelés entre deux horizons. L'avenir est devant nous, l'éternité, toujours, nous avons la faiblesse d'y croire encore. Même si le doute s'installe. Nous nous enflammons, nous quittons parfois des jobs en or pour nous lancer dans la carrière dont nous rêvions en secret, de trader à antiquaire. Nous partons vivre à l'étranger. Nous quittons celui avec lequel nous étions depuis notre jeunesse. Parce que nous ne nous reconnaissons plus et malgré les avertissements : « A 32 ans, tu le quittes mais t'es dingue, comment tu vas faire pour avoir des enfants ?! ». Nous tombons amoureux. Nous laissons encore échapper des mots comme "toujours" et "jamais". "I am so passional".

Nous mettrons 10 ans pour en sourire.

Oui, 30 ans, c'est c'est le temps de la contradiction, mais aussi de l'engagement car c'est un sursis. Un voyage. Un voyage pour apprendre ce que nous sommes vraiment, quelles sont nos véritables envies, faire des choix. Des choix hasardeux, faits aveuglément, ne nous leurrons pas. Une épopée des temps modernes, une aventure de dix années pour réaliser que ces décisions nous correspondent. Ou pas. Avec une quarantaine pour valider ou exploser. Une décennie à forte conséquence. Nous ne pourrons plus revenir en arrière sur certaines décisions. C'est le temps où il est, déjà, parfois, pour la première fois, trop tard.

30 ans, c'est le temps où nous sommes tous jeunes et beaux, et à la fois moins idiots et plus expérimentés. Une parenthèse enchantée. Nous avons pleinement conscience du temps qui passe mais nous dévorons la vie à pleines dents. Une période unique. Et même si chaque âge a sa raison d'être, la trentaine, c'est une époque bénie, riche de rencontres, d'expériences sans être effrayé. L'inconscience et l'irresponsabilité, c'était avant. La peur, la méfiance, ce sera pour plus tard. Un joli voyage vers le monde des adultes.

La trentaine, j'en suis, j'y reste. Encore un peu. Juste avant d'attaquer une nouvelle période. Quoi qu'il en soit, quel que soit notre âge, le temps n'est pas un ennemi. Dans notre société où l'on s'acharne à nous faire peur, où le jeunisme est un dieu adulé de tous, réconcilions nous avec le temps qui passe. Car ça n'est que de l'amour. Nous connaissons tous la fin. Ça va mal finir. Nous mourrons tous. Mais tâchons de disparaître plus sages, forts de notre vie, forts de nos 20, 30, 40, 50, 60 ans, génération après génération.

"Time is love"


 

Retour à Givernie

 

Les oiseaux chantent et je n'entends qu'eux. Je n'aurais jamais osé espérer revenir en ces terres un jour. Sur la route, les Pyrénées se déployaient. Et Givernie apparut. Intacte. Un miracle.

Les jours passent. J'écris ce soir face au verger.Nous nous sommes accrochés ce matin. Il a été stupide, j'ai été encore plus con. Ceci dit, à ma décharge, il avait fallu, la veille, supporter son humeur maussade déclenchée par son anniversaire. J'avais fait preuve, me semble t il, de tact et de compréhension. Le problème, dans cette affaire, c'est que nous n'avons pas le temps pour ses accrochages de type quotidien. C'est ce que je lui ai expliqué. Nous avions fait l'amour fâchés, juste avant. Une grande première. C'est moi qui l'ai souhaité. Je ne voulais pas d'une discussion stérile. Les discussions stériles, c'est bon pour les couples qui vivent ensemble. Pas nous. Nous voulons de l'exceptionnel, pis nous exigeons de l'exceptionnel, de l'inhumain, de l'admirable. Alors pour couper court à cette dispute tellement banale, j'ai voulu faire l'amour. Et ensuite signifier que je ne voyais pas l'intérêt de lui expliquer à quel point il peut être crétin parfois, et à quel point, je peux faire preuve de mauvais caractère. Je le sais et il le sait. A quoi bon ? Nous partagerions le même lit soir après soir, ça m'amuserait peut être de lui déployer une rhétorique brillante afin de le convaincre du bien fondé de ma colère. Ça le soulagerait peut être de me faire la gueule pensant que je suis la reine des chieuses et que j'exagère au point que ça en devient lassant. Mais le temps continue de passer et il nous est compté.

Et j'ai bien fait au final. Ça ne nous a pas empêché de nous séparer pour passer l'après midi comme nous le souhaitions, lui à la peche, moi à la piscine. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de l'accompagner. C'est juste que me rendre à la piscine du voisin constitue à mes yeux un luxe inouï. Je m'explique. Je ne suis pas éblouie ni par la jolie maison, ni par la ravissante piscine en pierre. Je suis séduite par ma solitude inoccupée. C'est un moment de grâce car j'y suis seule et que je n'y ai strictement rien à faire. Je ne sais etre oisive. Et même à Givernie, qui n'est pourtant pas ma maison, je me trouve des occupations : ranger machinalement, laver, jeter un coup d'oeil à mes mails. Chez le voisin, la maison est fermée et il n'y a que moi, mes livres et la piscine. Je m'y installe. Je m'empare du filet pour nettoyer à la surface la piscine et je m'y emploie consciencieusement. Je nage. Je m'étends sur une serviette et je ne fais rien. Absence totale d'activités. Je lis un peu. Je marche sur les pierres autour de la piscine lentement. Je me concentre pour bien poser mes pieds sur chaque pierre, veillant à ne pas mordre la ligne. C'est idiot. Mais j'adore. Ça me rappelle mon enfance où je passais des heures à déambuler en suivant des règles connues de moi seule. Je me chauffe au soleil et c'est bon car l'eau n'est pas loin.

Je lis. Beaucoup. "Les égarés" de Frederick Tristan que je recommande chaudement. C'est brillant, c'est intelligent et c'est toujours d'actualité. C'est fascinant.

"C'est la mise en évidence que Dieu est minuscule, si minuscule qu'il passe à travers les mailles de tous les filets, si minuscule que nus sommes dans l'incapacité de le discerner, lui qui est tapi dans la plus infime parcelle de nous mêmes. La grandeur infinie de Dieu est dans son infinie petitesse, parce qu'il loge infiniment dans le détail et dans l'ensemble, lui qui est toujours à l'intérieur du plus intérieur, étant le centre de tout. Aussi, nommer Dieu est une manière de vouloir le saisir, et alors que son nom est imprononçable pour nos levres, inaudible pour nos oreilles, imperceptible comme il l'est dans les abîmes les plus abyssaux du silence, si bien que tenter d'approcher de sa présence est s'engager sur le chemin de l'absence."

"Or dans le salon de Stockholm ou ces faux étaient exposés, ce fut l'image de notre civilisation qui me sauta au regard. Jamais les hommes ne surent si bien copier la nature mais ils en méconnaissent le langage. Notre science sera peut être capable de créer la vie et de ressusciter les morts mais elle ignorera toujours le sens de la vie et de la mort. Autrement dit "A quoi ca sert ?". Là réside l'erreur de la démarche occidentale, son suprême aveuglement. Plus nous avançons, plus nous diminuons notre marge de conscience".

"Qu'importe le boitement du monde pourvu qu'à travers les pires ténèbres, il ne cesse de marcher vers la lumière. Puis je l'écrire ? Nous (les humains) sommes prédestinés au bonheur. Tandis que tout prouve le contraire, j'ose penser que nous sommes prédestinés pour le bonheur. Alors que des millions d'hommes meurent et vont mourir dans la honte et le mépris, voici la seule chance de survie qui nous reste : tendre une main de refus et d'affirmation face aux fusils qui nous visent et répéter jusqu'au dernier souffle, fut ce sous la torture, que l'Homme est prédestiné au bonheur".

Ceci n'est plus ma croyance...ceci est ma foi.

To be continued...

 

21.02.2009

Un avenir qui nous ressemble

 

La douleur de la séparation et la douceur du manque. J'ai repris ma vie, il a repris la sienne. La distance déclenche une froideur protectrice. Nous n'avons jamais vraiment su négocier ses pertes répétitives. S'enflammer à 800 kilomètres l'un de l'autre est une démarche masochiste. Nous ne l'avons que trop fait, et à chaque fois, nous nous sommes heurtés à un lit vide. Alors, nous avons appris à nous préserver. Je vais être honnête, naturellement, je m'enflammerais encore. Mais quand il souffre, il est froid. Je ne fais que réagir à ses états d'âme et je m'adapte.

Mais la surprise. Au bout de 4 jours, il craque. Je lui manque. Vraiment. Et j'en suis heureuse. J'en suis amoureuse. Je retombe amoureuse comme au temps de tous les possibles. Je l'aime cet homme, o combien. Le coeur qui bat, encore et encore. Il me fait encore rougir, me fait trembler d'émotions.

Je suis lucide. Ce sont les conditions de notre relation qui maintiennent cet état émotionnel. Et j'en suis à un stade où je commence à sincèrement apprécier les avantages contestables de la distance. J'aime qu'il me manque, j'aime n'être sure de rien. J'aime le perdre et le reconquérir. J'aime recommencer. Des débuts à répétition. Nous avons tout le temps de ressembler à tout le monde. J'aimerais vivre ainsi jusqu'à mes quarante ans. J'aimerais mener ma vie de femme indépendante dans la fleur de l'âge jusqu'à cette dead line. J'aime ma vie : le quotidien avec mes enfants, mon travail que j'adore, mes amis, mes blogs. Et j'aime mes parenthèses enchantées avec mon homme. J'ai 37 ans. J'ai trois belles années à vivre devant moi sans la peur de finir seule. A quarante ans, je me déciderais peut-être à partager mes jours avec lui. Ou peut être pas. Le manque de lui ne remporte pas le match contre mes envies de liberté. Si je passe le cap de déménager, de le rejoindre, je renonce à tout ce que j'ai réussi à construire seule et tardivement. Et c'est un non farouche. Non, non et non. Je suis fière de ce que j'ai fait et je veux encore l'apprécier.

Et lui met ses pas dans le même chemin que moi. Il apprend à vivre seul et bien seul. Il apprend à se connaître, lui qui a tant voulu ressembler aux rêves que son entourage faisait pour lui. Il mène son quotidien comme il l'entend. Il se consacre à lui et c'est bien ainsi. Un jour, quand nous aurons assouvi, abouti cette démarche, nous serons prêts à partager la même maison. Mais c'est encore trop tôt. Être patients. Et constater émerveillés, qu'au bout de plus de deux ans et demi d'une relation chaotique, nous sommes amoureux comme au premier jour.

Je sais que nous sommes cinglés et que je ne peux expliquer à quoi cela tient. Je ne cherche plus à justifier notre couple. Nous sommes des malades et je sais qu'un regard rationnel ne comprend pas. Après des tumultes pareils, tant de mensonges, de trahisons, de bassesses, eh bien, oui, il ne reste que de l'amour. Apparemment de l'amour plus fort que tout. C'est lui, c'est moi. Ces vacances passées avec lui étaient bien douces, apaisantes et même les accrochages se sont passés en délicatesse. N'en déplaise au monde entier, je l'aime. Il m'aime. Et malgré tout ce qui s'est passé, je commence à croire que nous avons vraiment un avenir.

Et un bel avenir qui nous ressemblera....

 

17.02.2009

Gerard Darmon, son album et ses amis...

Billet écrit il y a quelques temps pour une autre plateforme

 

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La journaliste n'est plus à vendre mais la bloggueuse, si !

GÉRARD, LE RETOUR DE L'ALBUM QUI TUE, LA VENGEANCE...

Tout a commencé un 1er avril. Et ils affirment que c'est pas une blague. Ttt, tttt, ttt...allons, allons, je ne suis pas naïve à ce point-là...bien sûr que si, c'est une blague !

Gérard Darmon s'est piqué de faire un autre album. Musique Marc Lavoine. Paroles de Marc Esposito (Réalisateur du "Coeur des hommes") et Pierre Palmade...Oui, je sais...Et non, les titres ne sont pas "Le scrabble", "Ils se sont tant aimés", "Le militaire"...D'ailleurs, le jeu consiste à deviner quelle est la chanson écrite par Pierre Palmade : Joue avec tes amis, il n'y en a qu'une seule. Mais je m'égare...

Géraaaaaaaard (comme Gerard Darmon) a reçu en cadeau un album offert par ses amis. Je l'ai écouté. Et après, c'était clair dans ma tête : avec des amis comme ça, il n'a pas besoin d'ennemis, Géraaaaaaaard...

 

Démonstration chanson par chanson

"La roucoule". Géraaaaaaaard roucoule. Je suis ravie de l'apprendre. Sur 3m25, 25 secondes de description anatomique (J'ai vérifié). Sa femme a donc des joues, des jambes, des yeux, des bras, des cheveux, un nez, des lèvres, un menton, des pieds, des mains etc et on comprend l'enthousiasme de Géraaaaaaaard. On n'arrête pas le progrès. Il s'en est pas remis. C'est dingue, dingue, dingue, l'équipement des bonnes femmes de nos jours.

"Dans les rues de ma jeunesse". Dalida le retour de la mort qui tue, houps Géraaaard, les violons, la totale en paquet cadeau. Remarquez, c'est peut-être inspiré du générique du coup de sirocco, j'ai comme un doute. Et Géraaaaaaaard de nous faire pleurer sur son enfance. Il flirte avec Aznavour. D'ailleurs à ce propos là, je signale que Géraaaaaaaard sur le cd et le dvd de "Charles Aznavour et ses amis à l'Opéra Garnier""Tu t'laisses aller"( Moi, j'dis que c'est tout de suite plus son styyyle à Géraaard, charmant macho). Je soupçonne Marc Lavoine d'être jaloux de lui, voire carrément de le haïr... et vas-y un coup de cithare, ou de je ne sais quoi, de toute manière, je ne sais pas ce que c'est, "Je ne suis pas tres mélomane" interprète comme dirait Pierre Palmade. C'est pas du clairon, ça, c'est sur.

"On s'aime". Géraaaaaaaard est un lonesome cowboy. Mais un lonesome cowboy amoureux. "On s'aime". On est ravi pour toi Géraaaaaaaard. "On s'aime". Il aime ça, elle aime ça, et c'est super, "On s'aime" malgré leurs écarts et leurs différences. Nom de Dieu, puisqu'on vous dit qu' "On s'aime" ! J'ai compté il le dit 67 fois...

"Pardon mon amour" .C'etait un jour de marché quand Géraaaaaaaard a rencontré Amel Bent. C'est dingue comme les stars d'aujourd'hui sont des stars de proximité. Donc un duo avec Amel Bent."Pardon mon amour" subit le même traitement que "on s'aime"...6 fois 8 "Pardon mon amour" soit 48 fois. Tout ça, sous fond de violon solitaire déchaîné. Le violon, ça ne supporte pas la solitude. Ou c'est des dizaines et ça le fait ou t'as juste envie de sortir un flingue.

"Ne t'en vas pas". Là on tape dans la rime en "a" et en "oi"...Apparemment, ils ont fait la peau au violoniste (Quand je vous disais que le violon, ça vous rend mauvais) et ont réquisitionné une jeune fille qui halète (ya pas d'autre mot), pantèle (du verbe panteler) en fond sonore. Je ne sais pas qui est l'arrangeur mais faut pas hésiter à le mettre en taule. Il a quand même fait beaucoup de dégâts en 47mn.

"Ma femme c'est pas ma meuf". Haaaa ! Maintenant la fille, elle rigole, je l'ai entendu ! Normal. Géraaaaaaaard chante que "Ma femme, c'est pas ma meuf". Moi aussi, je me suis marrée quand j'ai entendu ça...C'est à coup sûr, Pierre Palmade aux commandes. Je ne peux pas croire qu'ils s'y sont mis à deux, c'est pas humain.

"Gena and John". Et maintenant, sous vos yeux émerveillés, le morceau de bravoure où Marc Lavoine se commet avec son pote parce que, faut pas déconner, c'est quand même lui qui a écrit les musiques. Ils s'attaquent à un des plus grands mythes du cinéma : John Cassavettes et Gena Rowlands. Ok...."Dis moi Gena, quel genre de mec était-ce ?" . Sous-entendu John Cassavettes. Je crois sans me planter, certainement pas le genre de mec qui écouterait cette chanson...Toutes mes pensées vont à Gena Rowlands, qui, elle, est encore vivante et susceptible, elle, de l'entendre...

"Tu vois je reviens". Géraaaaaaaard se suicide. C'est dramatique de se faire du mal comme ça. Il se détruit à coup de guitare et à coups de "tu vois, je reviens comme un chien, ooohh , ooooh, oooohh, qui retrouve toujours son chemin".Phase rime en "ien" ou "in".

"Amireux" ... Autrement dit sex friends. On va appeller les choses par leur nom. Mi amis, mi amoureux. Middle life crisis, l'homme de 50 ans se tape une jeunette de 25 ans et ça se passe dans la joie et la bonne humeur. C'est pas la peine de devenir insultant en inventant un mot aussi moche, non franchement ? "Gnox ? Non, ça n"existe pas Jacqueline. Oui, je sais ça te faisait un mot compte triple, mais non ça n'existe pas" comme disait Pierre Palmade, décidément le seul mec lucide de cette aventure.

"And the winner is". Warning. Géraaaaaaaard remercie sa mère. En fait, il prépare son spitch pour une éventuelle remise de César. "And the winner is, la vie, and the winner is l'amour". Rhôôô, c'est bôôô !!

"Tu es partie". Tu m'étonnes....Au bout de dix chansons, pas très surprenant. Elle est même courageuse d'être restée jusque là. Il nous fait un sérieux coup de déprime Géraaaaaaaard. Merde, "putain, choses de la vie". Si c'est pas la misère quand même , un sex symbol pareil ! Tout seul, en train de chialer, "terrassé par la douleur", dans la rue, comme un chien, ha non, merde, c'etait dans l'autre chanson...

"Tranquille petit ange". Heu...c'est même pas sur un enfant. C'est la derniere chanson. Tout ce chagrin, ça m'a épuisé. Je sais pas pour vous mais moi, j'irais bien faire la peau aux potes de Géraaaaaaaard, mais je suis rompue.

Bon, je sais que c'était facile de tirer sur le pianiste...on peut prendre n'importe quel album, et le démonter comme ça.

Allez, pour me détendre, je vais aller faire un tour chez Gérard parce que ça reste quand même notre Géraaaard, et il a quoi qu'il arrive, la grande classe, ce mec ! Il a tout de même une jolie voix rauque et chaude (montée d'hormones...) et pour ceux qui aiment Gérard Darmon et la variété française, ils devraient passer un bon moment en sa compagnie. Je vous recommande d'aller faire un tour chez lui ;)))

http://www.gerard-darmon.com/

lajournalistenestplusavendre@gmail.com

 

10.02.2009

Thomas Dutronc en live

 

Note publiée il y a quelques temps sur un autre blog
Thomas_Dutronc_Auxerre_04.jpg

Je suis allé voir Thomas Dutronc en concert à l'Olympia. Je ne suis pas fan de ce qu'il fait, mais mon amoureux, oui, donc je m'y suis collée.

L'Olympia...Super salle, mythique mais tellement mythique que le concept de climatisation n'est pas parvenu jusqu'à leurs glorieuses oreilles apparemment. Nom de Diou qu'il fait chaud !

 

On est plutôt bien placés, ça c'est la bonne nouvelle. La mauvaise, c'est qu'on arrive en retard. Thomas a déjà commencé. Ce sont des brûtasses sur scène. J'entends par là, que ce sont des putains de bon zicos. Thomas Dutronc est une bête techniquement et ceux qui l'accompagnent sont au niveau. J'assiste à un medley de dingues : « Miss you » des Stones, Queen, Led Zep etc...Tout ça à la guitare, c'est énôrme !! Le batteur est excellent également.
Mais.

Mais. Mais vous vous rappelez que j'ai déjà longuement expliqué que le violon supportait très mal la solitude...À mes yeux. Le poor lonesome crincrin, c'est rédhibitoire. Lors de ce concert, c'était un véritable drame. Non seulement je subissais des solos de violon pour un oui ou pour un non (je soupçonne l'ingé son de coucher avec tant on n'entendait que lui !) mais aussi, ce violoniste se prenait pour le JIMMY HENDRIX de cet instrument. Je lui reconnais un incontestable talent mais ça reste quand même du violon. Aaargh ! Il était enthousiaste, le gaillard. . Il était le seul...Imaginez, le carnage....C'est lui, là, sur la photo...

En bref, le bilan de ce concert, c'est trop de technique tue l'émotion. Thomas Dutronc est un excellent musicien. Mais ses prouesses techniques tuent la part d'âme, celle, nécessaire qui vous fait chavirer le coeur. Oui, c'est un musicien. Non, ce n'est pas encore un artiste. Je pense qu'il est tellement flippé qu'il se réfugie derrière sa maîtrise. Il y a des jolis moments de grâce dans ses chansons qui sont, aussitôt, brutalisés par sa technique. Dommage.

Nous sommes sortis, épatés par les musiciens. Mais c'est un peu comme Joe Satriani, guitariste hors pair, qui fait des albums entiers de solos de guitare (l'horreur !) , c'est indigeste, tout ça.

Au prochain ?



 

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